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jeudi 12 février 2026
Magnétisme des odeurs
Magnétisme des odeurs
Grapille de cœurs jaunes, en clef minuscule,
La déesse enfiévrée tourne sa clavicule.
Parfums délicats d’un printemps originel,
D’oniriques prairies se répand le miel.
Le monde des secrets oubliés s’harmonise
Dans le soleil hexagonal neuf qui l’irise.
La constellation de Vénus, florilège,
Respire l’atmosphère adoucie qui s’allège.
Joël Gissy
Force placide
Force placide
Nomade fils des loups, d’un aïeul éduen,
Portant sur le dos son antique père Anchise,
Au Palazzo Nuovo, le Galate agonise.
Descendant fratricide en une grotte étrusque,
L’enfant sauvage écume, une rose à la main.
Le cynorhodon déploie au ciel sa chérusque.
Jusqu’au regard d’anis des carrières d’onyx,
Des steppes azurées résonne le carnyx.
Joël Gissy
Février finissant
Février finissant
L'alignement des planètes qui vient bientôt
A ouvert une communication spirite
Ou, comme l’attraction d’une météorite,
En cet arc où Vénus chevauche son gémeau.
Les gemmes frissonnent entre l'espace immense
Et, jusqu'à nous, la proximité se condense.
Le promeneur semble parler en solitaire,
Mais des prémonitions au cœur s'ouvre la sphère.
Joël Gissy
Culpa
Culpa
Une provisoire prison
Attend le temps de la rançon.
Dans un cachot du Moyen-Âge
Médite le stylite sage.
Médiateur, tu te complets
Dans les colonnes d'un palais.
S'ouvrent les vastes horizons
Flamboyant aux murs des cloisons.
Mais quelle formule magique
Saura te sortir de ta crique,
La patience a sa panique.
Joël Gissy
Leimbach
Leimbach
Les chemins du Gottestal et Oberheiden
Se suivent parallèles, payen et d’Eden.
Ivresse de Noé, par Uta-Napishtim,
Le soleil irradie les vignes du Leim.
Le village, plus bas, s’encaisse dans la brume.
Un corbeau calligraphie le ciel de sa plume.
Joël Gissy
Réponse libre
Réponse libre
Se rappelle à ses réflexes
Le dogme insidieux des clercs.
Malgré les discours complexes,
Réflexes au fond pervers,
La solution naturelle,
Un coup de hache en plein crâne.
La civilisation frêle,
Fine et fragile membrane,
Se déchire, hypocrisie
Des discrétions impunie.
Se révèle et s’exacerbe,
L’œil clair, la santé superbe
Du sentiment oublié
De la générosité.
Joël Gissy
Le Soleil englouti
Le Soleil englouti
Mont Méru palpitant au centre de la Terre,
Tel un fracas du Graal, colonne de lumière,
Se visite en secret l’intérieur de la Terre.
Géométrie aux danses hermétiques d’Ange,
S’accomplit le tao céleste dont l’échange
D’un telesme invisible jaillit, flots du Gange.
Des pyramides d’or, l’horloge astronomique
Reproduit du Cosmos le cycle au centre unique,
Des Gardiens primitifs quatuor parédrique.
Constellations chthoniennes scintillant au creux
Comme d’une géode embrasée des cieux,
S’aligne la porte sourdie de certains lieux.
Joël Gissy
dimanche 8 février 2026
Idée de clair-obscur en peinture flamande
Idée de clair-obscur en peinture flamande
Ce n'est pas tant l'abrutissement de l'époque
Mais son érection en modèle qui me choque.
Valeur stable en tous les temps de l’humanité,
Sans honte, a disparu sa sainte humilité.
Le côté primitif privé de sa vigueur,
Le bouffon se retourne avec un air vengeur.
Joël Gissy
samedi 7 février 2026
Fête publique
Fête publique
Sur la ville irisée d’un halo crépitant
Le tumulte règne et secoue ses grelots tristes
Au long des rues où s’élève un mugissement.
Le génie du plaisir, pourchassé sur ses pistes,
S’est réfugié même en son alcôve ardemment,
Comme une biche aveuglée par un phare hurlant.
Eros vieux dans la foule insulte Iphigénie ;
Le rituel du sacrifice a commencé.
Joyeusement, Scaramouche invite à danser
Colombine, en un frisson, qui pleure accroupie.
Joël Gissy
Le Gnome frappeur
Le Gnome frappeur
Le chercheur d’idéal, qui creuse sa mémoire
Entend un knocker qui suit frénétiquement
De ses transports éperdus le rythme illusoire.
Et ce lutin moqueur l’avertit en frappant
Du péril à venir, jaloux de son trésor.
Mais, bravant l’infini par passion du mystère,
Il plonge toujours plus avant dans son remords,
Comme un soldat de l’Inconnu qui part en guerre.
Son cœur douloureux s’effrite ainsi que du schiste
Sous les coups de burin d’un sculpteur masochiste.
Et le temple harmonieux de ses jeunes pensées
S’écroule au plus profond des noirceurs de son âme,
Or que, de l’autre côté, resplendit la flamme
Vacillante et perdue de ses amours passées.
Joël Gissy
vendredi 6 février 2026
Tristesse de Zéphyr
Tristesse de Zéphyr
Pleurs d’Aphrodite mêlés au sang d’Adonis,
Naquit Anémone ainsi qu’une pâle iris.
Telle un enchantement du sorcier de Hongrie
Brandissant, détournée, la Lance du Destin,
Dont sonne l’oreille aux splendeurs de sa magie,
La fée végétale, en déployant un jardin
Autour de son minois semblant d’un séraphin,
Luxuriance épanouie d’un verdoyant feuillage
Dont éclot, tôt dévoilé, le secret visage,
Frissonne en étouffant de noire fumagine.
Le crépuscule en ses nervures imagine
La gracile harmonie qui déjà se résorbe,
Inspirant d’une lune nuageuse l’orbe.
Harcelée d’insectes vampires assoiffés
De ses larmes aux tressaillements parfumés
Et, fanée, se dérobant sous un soupir tendre,
La faérie s’affaisse en un monceau de cendre.
Joël Gissy
jeudi 5 février 2026
La Vue lointaine
La Vue lointaine
Honneur d’une courte natte au côté du crâne,
Des bords de la Rezat à la forêt rhénane,
Un guerrier au port fier avance dans la brume.
Un jour, aux Gaëls portant une descendance
Suève jusqu’à la Galice en sa coutume,
Le Triboque, au regard perçant comme une lance
Qui lui donna son nom, se vengea des Césars.
S’arrêtant pour vénérer des dieux martiaux,
Un genou à terre, au chant secret des oiseaux,
Le preux ouvre ses mains aux rayons blafards
D’un soleil triomphant des horizons nouveaux,
Des loups faisant siens les hurlements hagards.
Joël Gissy
Schiewaschlàga
Schiewaschlàga
Le Sang du Châtaigner
Nuit d’équinoxe, au sanctuaire immémorial,
Parmi les petits temples de pierres sacrées,
Refuges d’elfes, de fées, église des loups,
Fusent des disques de feu près de Dieffenthal.
Souvenir, par Charlemagne, des roues gravées
D’infimes caractères en forme de clous,
Occulté malgré l’œuvre du sage Agobar,
Les paysans, en secret, ont conservé l’art
De commémorer les phénomènes célestes,
En terre alémanique avec les mêmes gestes.
Envol flamboyant d’un soleil en miniature
Eveillant par imitation, de la nature
Les forces engourdies sur le plat d’un rocher,
Des cultes interdits sanctuaire oublié.
Joël Gissy
Carnageval
Carnageval
Février, lourdeur vaporeuse, âpre désert,
Des brumes, mer sylvestre où couve la tempête,
Des esprits tout près s’ouvre le temps qui s’arrête.
Je suis né au cœur d’une nuit de fer.
De la foule orgiaque, métamorphoses
Pour honorer l’inversement des choses.
Joël Gissy
Baiser mortel
Baiser mortel
Mélusine, sinueusement, avait fui,
Ondulant, tel un gracieux serpent à demi.
Vole en battant des ailes autour du donjon
La fée par pudeur évadée, comme un dragon.
Succomber dans l’étreinte, agonie enchantée,
Subtil enlacement de sa froideur lovée.
Joël Gissy
Herméneutique abortive
Herméneutique abortive
Microbe infinitésimal trop solitaire,
Tel un neurone égaré, naquit la matière
Vivante, s’épanouissant de son mystère.
Par sympathie, infectant son prochain qu’il aime,
Eclaté, le principe infime son or sème.
Et la géométrie en appels de lumière
De la Création multiplie le blasphème
En sublimes répercussions sur la Terre.
Joël Gissy
La Complainte de Bastet
La Complainte de Bastet
L’attirance des chats, comme aimantés soudain,
Pour la musique égyptienne, se souvient.
Rythmes et tons familiers, ressurgis d’hier,
La nuit qui vient semble souhaiter Meshru nofer.
Ainsi que sur les tapis d’un appartement,
Dans le silence bleu du sable des ruelles,
Varie, en jaune irisant de fines prunelles,
L’écho lointain de vagissements d’abord frêles
Qui semblent sous les ténèbres du firmament
Le concert des miaulements d’amantes cruelles.
Joël Gissy
Musique d’ambiance
Musique d’ambiance
Violon de fer semblant flotter, tel un mbira,
L’orgue de cristal Baschet, autre waterphone,
Environne et envahit d’angoisse l’aura
Du crâne éclos comme un acouphène où résonne
Des anciens philosophes l’inspiration.
A l’oreille de Socrate, un petit démon
Murmurait ; un autre en fit même son traité !
Hypnose d’un archet sur ces tiges d’airain,
L’esprit se croirait dans le noir trop loin plongé,
Environné d’une présence au pleur malsain,
Insidieusement tout autour de sa cible,
Entêtant et se rapprochant, imperceptible.
Joël Gissy
mardi 3 février 2026
La Forêt nocturne. Illustrations de Princesse Lutin.
llustration de mon poème "La Forêt nocturne" par Princesse Lutin.
La Forêt nocturne
Fleurs musicales aux mille odeurs colorées,
Tintent les clochettes en la sylve onirique,
De neigeux pollens étincelant saupoudrées.
Charmille d’un arbuste, au creux d’un feu-follet,
Joue un jeu magique un petit être violet.
Le rêveur avance en un ruisseau féerique
Sur la tendre clairière de mousse et d’épines
Comme une chambre intime embaumée de résines.
Joël Gissy
dimanche 1 février 2026
Paréidolie du Réel
Paréidolie du Réel
Un soir familier, dans le sec et froid silence,
D’une ombre à l’angle trop accepter l’existence.
Le solitaire imagine la perspective
Au coin du plafond, pour l’enfant, dans son armoire,
Sous son lit, sur une chaise. Il se met à croire
De son propre regard à l’angoisse intrusive.
Entre voir et être vu, quelle différence ?
Comme le chat enfermé dans sa boîte noire,
Se réalise un doute avec impertinence.
Ne pas médire des morts, simple hypocrisie
Ou, d’une crainte impalpable, paralysie ?
Ainsi fonctionne souvent la malédiction
Ou la réalité de toute perception.
Le cri muet n’ose appuyer sur le bouton.
Joël Gissy
Le Livre des Anciens
Le Livre des Anciens
Die Buche
Bibliothèque universelle à ciel ouvert,
Verdoie en ondoyant une forêt de hêtres.
Le silence éblouit la sylve en un éclair,
D’écailles confondues, dragon de tous les êtres.
Le voyant, se découvrant de son capuchon,
Trace, autre fusain, les runes sur chaque feuille
Qui se mettent à vivre comme en un frisson,
S’inspirant du goût boisé des chatons qu’il cueille,
Et lui revient avec un flux doux-amer,
Ravivant soudain la mémoire des ancêtres.
Odin murmure et, de la brume dissipée,
Emerge l’arbre de mai d’une roue cyclique
Que le dieu fait tourner d’un air mélancolique.
Joël Gissy











