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vendredi 19 juin 2026

Les Crapulences, recueil de poésie

 Vient de paraître (recueil de poésie)



Les Crapulences

Dans son précédent grimoire de poésie, l’Inutile assumait et revendiquait sa monstruosité. A présent, place au festin des Crapulences pour un recueil aux vers tissés de rêves, d’explorations introspectives et de symboles.

Un onzième livre à expérimenter comme un plongeon dans les profondeurs éthériques.


12 €

Sans limite


Sans limite

Si « La vengeance, c’est le vrai plaisir des rois ! »,
L’empereur des sens, créant au dessus des Lois,
A le pouvoir secret de générosité.
D’amour inconditionnel démiurge embrasé,
La puissance inouïe en l’imagination
Génère le monde entier par sa création.

                                   Joël Gissy





L’Orbe de l’Eveil


L’Orbe de l’Eveil

La brume se condense en un rayon
Par le soleil naissant auréolée.
Démon léopard à queue de dragon
Léchant des larmes les nuits en rosée
Sous une fleur de figuier pinéale,
Le méchant n’est qu’un soufre. Et, nuptiale,
La sororité souffrante, endormie,
Prépare le rêve d’une alchimie
Où sa langue rouge laisse une trace
De sang au vert matin qui d’or s’efface.

                                 Joël Gissy





Le Coup de main


Le Coup de main

Distorsion d’une vision vacillante,
La douleur extrême ainsi qu’un massage
Forge la conscience tâtonnante.
Mais, véritable expression de notre âme,
La douceur de la mésange, en message,
Chante, adorable extase introspective.
Prophète extérieur embrassant la flamme,
Le papillon mort se mord la gencive.
Adam, dagyde antédiluvienne,
Façonne une géographie ancienne
En heurtant les obstacles invisibles
D’une nuit aux perceptions sensibles.

                             Joël Gissy





Le Tâtonnement révélateur


Le Tâtonnement révélateur

Sous son némès écailleux, Dagon
Offre le fruit de l’œil pinéal.
Le Serpent de la conscience, animal,
Dit à soi-même gnothi seauton.
Le regard intérieur explore en ronde
Paroi son reflet en créant le monde.

                               Joël Gissy





mercredi 10 juin 2026

La Bouche mythique


La Bouche mythique

Tel en un bois sacré de Bomarzo,
Grands jardins aux temples dévorateurs,
Le regard pénètre, rupestre écho,
Ainsi qu’en un naos étrusque en pleurs,
Dans la bouche, au soir, d’un masque tragique.
Comme en une caverne initiatique,
On y aperçoit un petit autel.
Mélusine méditerranéenne
Dont s’écartent les jambes de sirène,
S’ouvre le parcours sacrificiel.

                                      Joël Gissy





Le Retour à l’Hadès


Le Retour à l’Hadès

Traumatisme secret basculant d’un cerveau,
La connexion spirituelle en son réseau,
D’une perspective alternative se crée.
L’Arche jamais partie, en sa cale amarrée,
Grince, avatar sanglant, dans sa forêt de cèdres
Au foisonnement d’improbables polyèdres.
L’ogre ardent de Moloch mange le fruit de Baal :
Commence, orgies cannibales, le carnaval.

                                       Joël Gissy





Salutation à Bès


Salutation à Bès

Comme un œil qui s’explore, insidieux tentacule,
La conscience insinue un corps étranger.
Tel chakra mue un flambeau inverse allumé.
La verte Astarté dans sa robe de sang brûle,
Mortification que l’âme retourne en vain,
Coq anguipède protégé de sa férule,
Et le souffrant trépigne ainsi qu’un petit nain.

                                          Joël Gissy





Arachnisme anachronique


Arachnisme anachronique

« Pensez-vous revenir bientôt ? »,
Me demande un disciple abscons.
Dans la prochaine incarnation,
Peut-être, ou sans doute, plutôt,
Dans un futur imaginaire
D’un prolongement similaire.

                  Joël Gissy





Les Hantises sacrées






Les Hantises sacrées

Sont des lieux mythiques où tout se passe.
Graal de sainte Odile, Arles ou Lyon
Des Trois Gaules, Arêtes de poisson,
Druides, Templiers, ont laissé leur trace.
Du Palatin, lion heptacéphale,
S’inverse de Notre-Dame-sous-terre
Le Mont, et d’autres sources le mystère.
Se reproduit, cyclique, la spirale.

                           Joël Gissy

Considération




Considération

Perle pure mais noire marmorant la brume,
De sa sphère diaphane irisée embrume,
Miroitant, la Reine, entre un pavé se glissant,
Le mythe dont chacun rêve partiellement.
Onirique intrusion d’un fugitif déni,
Quintessence si rare, en un œil obscurci.

                                    Joël Gissy

La Sagesse de l’Ours


La Sagesse de l’Ours

D’une forêt primaire entité souveraine,
Comme tracées de feu dans l’écorce d’un frêne,
Arbre primordial d’échange avec les ancêtres,
Rougeoient, telles de braise, incarnant tous les êtres,
Des runes les hiéroglyphes s’animant,
Caractères vivants d’un langage vibrant.
Murmure ouvrant le seuil de leurs staves, ogive
A travers l’œil de Wotan ainsi que la grive
Qui chantait au héros pour lui dire : « C’est bon,
Baigne ton corps vainqueur dans le sang du dragon. »,
S’invente l’avenir ainsi qu’une aventure.
Le guerrier se recueille dans la nature.

                                   Joël Gissy




Le Triton


Le Triton

Mollusque à trompe bleuissant de sympathie
Contre la vitre d’un aquarium sirupeux,
En groin rouge hérissé de crocs quand l’ironie
Passe en badinant avec un regard curieux.
Chimère étrange entre la seiche et le marsouin,
L’ombrelle ourlant échange une apparence hybride,
Sirène un peu gourde, esquisse un rictus, se bride,
Jusqu’aux traits ambigus d’un faciès presque humain.
Quand s’ébahit soudain un visage étonné,
Se mue en démon de feu cette hostilité.

                                      Joël Gissy




lundi 8 juin 2026

Le Vagissement du Cygne



Le Vagissement du Cygne

D’un primate conscient tragique involution,
S’étiole, âge bête, une civilisation,
Tel un sénile enfant redevenu sauvage.
Mais vibrent, ciel étoilé, les chants destinés
Aux esprits par une âme en plus développés,
Imaginant le monde à leur grandiose image.
Justification d’utilités laborieuses,
Flamboient les crépuscules de cités glorieuses.

                                           Joël Gissy

Le Totem secret






Le Totem secret

Comme un reflet spectral dans la brume irisée
Du Brocken pris pour un autre infernal Protée,
Le dieu celte inconnu secoue en triple face
Sa tête holographique ainsi qu’un druide en transe
Ou l’illusion d’optique d’un dessin rupestre.
Corps d’une étoile en ouroboros qui s’enlace,
Le guerrier dans la grotte médite en silence,
Sarcophage où l’âme en sa paroi se séquestre.
Eléments primordiaux unifiés par l’esprit,
Circule l’énergie ainsi qu’en le réseau
D’une boucle au nœud complexe où l’orbe s’inscrit,
Lueur flottante où se ramifie un écho.

                                               Joël Gissy

L’Embrasure






L’Embrasure

Taillé dans un tertre en Irlande
Voici plus de cinq millénaires,
Accueillant les rayons solaires
Par le dolmen, qu’alors pourfende
L’équinoxe ainsi qu’à Strasbourg
Le rayon vert d’un vitrail.
La géhenne ardant tel d’un four
Rougeoie en l’annexe portail.
Le druide chamane, où le prince
Trépassa le mur en spirale,
Marche au-delà de la fractale
Aux couleurs d’un éclat si mince.

                        Joël Gissy

Le Fléau des Printemps






Le Fléau des Printemps

Démon aztèque s’agrippant sentant la peur,
Rampe, grippy griffu, l’intemporel Grimpeur.
Cascades en feu des sacrifices humains,
Ruissellent les degrés des temples anciens,
Décimant la colonie de Roanoke.
Le pok-ta-pok ancestral sa tête a troqué.

                                  Joël Gissy

Les Réminiscences d’un autre






Les Réminiscences d’un autre

                                   D’après un poème perdu

Dans les sylves aux murmures étincelants,
Entends-tu le chant des Sylphides enivrées
Charmant les vieux chênes dans les nuits parfumées ?
Par les bosquets de lucioles verdoyants,

Courent des rires et des soupirs émouvants.
Vapeurs de rêveries remontées en bouffées,
Dans les sylves aux murmures étincelants,
Entends-tu le chant des Sylphides enivrées ?

Parmi les phosphores des fleurs, oiseaux parlants,
Les lueurs d’or embrassent l’hydromel des fées
Par les fraîcheurs boisées des sources embrumées
De menthe aquatique aux arômes odorants
Dans les sylves aux murmures étincelants.

                                         Joël Gissy

Architecture spirituelle






Architecture spirituelle

La perception, figurations de l’existence,
Dépend, constituées, de ses plans de conscience.
Des Royaumes du Chaos, plus denses, fixés
Tels des résidus alchimiques morts figés,
S’accomplit du mythe la synchronicité,
Manifestation hermétique du symbole.
L’essence autogène en l’émanation s’immole,
Déchéance en l’Enfer de matérialité.
Déséquilibre inhérent de Pistis Sophia,
Alourdissement incarné de son aura,
D’un treizième Eon de l’Hadès en Barbélô,
Quadruple hypostase incarnée en un écho
Bourdonnant d’Archontes au faux nombre harmonieux,
Grâce à l’assistance aimante à travers ces Cieux,
Remonte une âme en Lucifer crucifié
Par le Daïmôn supplémentaire sacrifié.

                                      Joël Gissy

dimanche 7 juin 2026

La Déesse ouroborique


La Déesse ouroborique

La goule ravale en un sanglot hululant
La rancœur de sa gorge encore immaculée.
Comme un vampire qui s’étouffe avec son sang,
S’écœure d’inespoir la vengeance enivrée.
Mais que de charme en cet archétype immolé,
Sombre fée enflammant de son baiser fatal,
Ame seule en sa cage à l’immortel brasier.

                                          Joël Gissy





samedi 6 juin 2026

La Roue de la Vielle



La Roue de la Vielle

Des lieux et des figures symboliques
Remontent de la plus petite enfance
Comme un rêve lucide dont la transe
Retourne à ses contrées énigmatiques.
Humbaba, le gardien de la cédraie,
Gire en Maison Dieu, valet lucifuge,
Comme en l’île d’un château centrifuge
Ou le cri sage d’une chouette effraie.
Au centre d’un pentacle arachnéen,
La Mère en abyme file un refrain.

                      Joël Gissy

Lux ex Tenebris






Lux ex Tenebris

Je vous souhaite de mourir dans l’humiliation.
Mais n’est-ce pas le mystère de la Passion ?
La coupe se relève en sa lance mystique
Ainsi, tel transfiguré, le cœur de sa pique.

                                  Joël Gissy




vendredi 5 juin 2026

L’Otohimé ryūkyū


L’Otohimé ryūkyū

Arches, murs et couloirs d’un royaume englouti
Au large clair de l’île de Yonaguni,
Remontent les degrés tels d’une pyramide.
Quel cétacé, quel organisme humanoïde,
Céphalopode abominé d’un cauchemar
Lovecraftien chatoyant comme un calamar,
Sculpta de ses bras mouvants l’antique cité ?
Autre jardin de Sémiramis oublié,
Songe à jamais l’ancien tertre monolithique,
Architectures enchevêtrées de dédales
Poussés d’une civilisation chimérique
Dont croissent des profondeurs les splendeurs spectrales.

                                                   Joël Gissy




La Fleur vivante


La Fleur vivante

De l’humanité qui pullule bêtement
Surgissent parfois ainsi qu’un enchantement
Le rêve et la merveille matérialisés.
Alors, se forment, œuvres d’art, comme animés,
De l’imagination, des êtres de chair
Dont on ne sait plus s’ils sont limite d’éther.
Car il en existe au-delà de l’illusion,
Soudain, consolatrice révélation.

                          Joël Gissy





Soupir végétal


Soupir végétal

Au creux tendre des branches des sureaux,
Se nichent comme ondoyantes des fées
Qui serpentent en caresses flûtées,
Où l’on taillait des esprits les appeaux,
Parmi les constellations parfumées.
Et ces fleurs telles de miel saupoudrées
Eveillent les sens du rêveur tardif
Dans le crépuscule, contemplatif,
De leur essence inspirant des langueurs
Cependant qu’il respire ses odeurs.
Semblant de serpentine, les verdeurs
Du feuillage frissonnent dans la brise,
Ombre invisible d’une étreinte exquise.

                                 Joël Gissy





L’Ame manquante


L’Ame manquante

L’âme manquant comme un bouffon,
Variant de visage à outrance,
Voyage entre l’incarnation,
Antinaturelle vacance,
En des limbes alternatifs.
Multivers de métempsycose,
Semblant de totems primitifs,
Sous mille masques bariolés,
Le passant se métamorphose
Parasitant ces corps violés.
Le trompeur sautille, insouciant,
Tel un mimétisme changeant
Profitant d’un regard absent.

                    Joël Gissy





jeudi 4 juin 2026

Le Reflet du Ciel






Le Reflet du Ciel

Précision unicursale,
Comme une toupie axiale,
S’ajustent des Sphinx, opposé,
S’alignant du Scorpion au Cœur
Celui du Lion étrangleur,
Et le regard du grand Bélier.
Telle une horloge astronomique,
Gardiens fixant le Quatuor,
Des équinoxes l’œil unique,
L’octogone ombrant de son or,
Fixe, orbite antédiluvienne,
Temple du Feu, la Pyramide.
Foule un noir limon, terre humide,
L’Ankh, empreinte atlantidéenne.

                          Joël Gissy

La Science de Thot


La Science de Thot

Papyrus égyptien narrant la chrysopée,
Comme un Livre des Morts pour ressurgir au jour,
Se déroule un récit de merveille cachée.
Gnose de Nag Hammadi fixée en miroir,
Se confond du lion verdoyant le retour
Dévorant le soleil en vermeille hydre au noir.

                                        Joël Gissy



Todtenbaum






Todtenbaum

Chêne planté dès la naissance,
Qui deviendra son sarcophage,
Barque onirique, au soir, commence
Du défunt le premier voyage.
L’envol ténébreux qui se plombe
S’enfonce dans la nuit qui tombe.
L’arbre où se réfugie au creux
L’oiseau nocturne psychopompe,
Quand hulule un cri caverneux,
Dérive, lent, sur les eaux sombres.
Du guerrier résonne la trompe
Vibrant sur les marais brumeux
Où, sans voix, attendent les ombres.

                               Joël Gissy

mercredi 3 juin 2026

Perception synchronique






Perception synchronique

Soudain le feuillage
Vert semble un visage,
Paréidolie
Chamanique enfouie.
Figure obscurcie
Qui suit du regard
Le passant trop tard.

                 Joël Gissy

Le Bond salvateur






Le Bond salvateur

Jour de Jupiter, ou cheval-poisson femelle,
L’Anguipède fugitif, du haut d’un rocher
Marqué de son sabot, réceptacle, frappé,
Chaudron sourdi du Graal d’une vigueur nouvelle,
Faisant jaillir une source vive, a sauté.
Capricorne fantastique au galop sauvage,
Comme surgi des flots où son esprit surnage,
L’autre surnaturel, à la frontière trouble
De ce monde lacustre ondoyant, se dédouble.
Au détour du chemin, l’incertain chevalier
Hésite, déviant de son destin égaré.

                                  Joël Gissy

mardi 2 juin 2026

Le Hibou fou






Le Hibou fou

Je pense souvent encor au Lai d’Eliduc,
Chevalier faé empalé pour son amour.
Vous me qualifiez de nocturne grand-duc !
A la dame emmurée en un donjon, sa cour
Il hululait malgré l’ombre du roi tyran.
Sous les noirceurs constellées d’or du firmament,
Je m’envole, enveloppé d’un écho sanglant.

                                    Joël Gissy

Le Rocher des Reptiles


Le Rocher des Reptiles

Telle en la mer d’arbres d’Aokigahara,
Comme le disait Marc Schultz, parfois la boussole
Dans la forêt, lieu sacré, du Taennchel s’affole.
Luisant, résonnent encor de leur aura,
Pétrifiés dans le grès, les anciens Reptiles
Par les fées figés ainsi que des crocodiles.

                                      Joël Gissy