Ecrasement
Je suis une truite au moment où on l'achève.
Frappée contre un tronc d'arbre ou un rocher, l'œil vide.
Le râle muet du taureau pour l'estocade,
Le ruisseau sec des pleurs, désertique cascade.
Le sang tari qui ne coule plus sous le glaive,
Baisant la chair trop pâle devenue viride.
L'arpège dont le vin doux est devenu fade,
La ciguë bien trop forte en sa coupe de jade.
Joël Gissy








