Joël Gissy Poésie
jeudi 2 avril 2026
Le Valet obscur
Le Valet obscur
Sanctuaire d’une arche ignorant les éons,
S’encastre le naos par neuf aux proportions
De cours infernales formées de polyèdres.
Tel un germe étranger dans un œuf alchimique,
Veille ainsi que le portier d’un temple hermétique,
Humbaba, le Gardien de la forêt de cèdres.
Une lanterne verte à l’entrée du couloir
De la cale balance et grince. Il va pleuvoir.
Sous l’airain, trop statique, axe inconnu du ciel,
Semblant le talisman fixé jusqu’à la terre,
Hermès, en hermite, gire, éternelle attente.
L’ambiance électrisée d’un glauque intemporel,
Astrolabe, archéomètre ou d’Anticythère,
Foudroie la Maison Dieu d’une île tournoyante,
Structure oubliée d’un continent englouti.
Par les feux de l’antique portail ébloui,
D’un dédale sylvestre aux parfums résineux,
Se reconstruit le navire ténébreux.
Joël Gissy
mercredi 1 avril 2026
L’Exil d’Enheduana
L’Exil d’Enheduana
Du fond d’un moudhif de la Mésopotamie,
Maison tressée de roseaux paraissant flotter,
Grince en vibrant gravement la harpe endormie.
Hypnose immémoriale, exulte la clarté
D’une hymne adorable au-delà des millénaires.
Se déroule d’un chant le regret des mystères.
Joël Gissy
Contemplation furtive
Contemplation furtive
Trois préaux azurés, fenêtres d’une Cène,
Accédant aux sept portes de cour sumérienne,
Le labyrinthe est bordé de paroles sages.
Face à face, ne se répondent les visages.
Au loin vers l’Est rougeoyant, silencieuse, Ishtar
Porte son flambeau, phosphorescent sur le tard.
D’un loculus le hersage équilatéral
Arde en secret comme un athanor nuptial.
Joël Gissy
La Malédiction du Savoir
La Malédiction du Savoir
Comme choquée par des tortues,
La petite maison flottant
Sur la mer du Déluge ardent,
De cèdre en ses plaintes tordues,
Ballotte jusqu’à son rivage.
Toujours, l’impassible visage
Du sauveteur fera surgir
Du monde le nouveau village.
Enlil, apportant le savoir,
Serpent bipède, en ce miroir,
Enfin, fructifie du Nadir.
Joël Gissy
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