samedi 6 juin 2026

La Roue de la Vielle



La Roue de la Vielle

Des lieux et des figures symboliques
Remontent de la plus petite enfance
Comme un rêve lucide dont la transe
Retourne à ses contrées énigmatiques.
Humbaba, le gardien de la cédraie,
Gire en Maison Dieu, valet lucifuge,
Comme en l’île d’un château centrifuge
Ou le cri sage d’une chouette effraie.
Au centre d’un pentacle arachnéen,
La Mère en abyme file un refrain.

                      Joël Gissy

Lux ex Tenebris






Lux ex Tenebris

Je vous souhaite de mourir dans l’humiliation.
Mais n’est-ce pas le mystère de la Passion ?
La coupe se relève en sa lance mystique
Ainsi, tel transfiguré, le cœur de sa pique.

                                  Joël Gissy




vendredi 5 juin 2026

L’Otohimé ryūkyū


L’Otohimé ryūkyū

Arches, murs et couloirs d’un royaume englouti
Au large clair de l’île de Yonaguni,
Remontent les degrés tels d’une pyramide.
Quel cétacé, quel organisme humanoïde,
Céphalopode abominé d’un cauchemar
Lovecraftien chatoyant comme un calamar,
Sculpta de ses bras mouvants l’antique cité ?
Autre jardin de Sémiramis oublié,
Songe à jamais l’ancien tertre monolithique,
Architectures enchevêtrées de dédales
Poussés d’une civilisation chimérique
Dont croissent des profondeurs les splendeurs spectrales.

                                                   Joël Gissy




La Fleur vivante


La Fleur vivante

De l’humanité qui pullule bêtement
Surgissent parfois ainsi qu’un enchantement
Le rêve et la merveille matérialisés.
Alors, se forment, œuvres d’art, comme animés,
De l’imagination, des êtres de chair
Dont on ne sait plus s’ils sont limite d’éther.
Car il en existe au-delà de l’illusion,
Soudain, consolatrice révélation.

                          Joël Gissy





Soupir végétal


Soupir végétal

Au creux tendre des branches des sureaux,
Se nichent comme ondoyantes des fées
Qui serpentent en caresses flûtées,
Où l’on taillait des esprits les appeaux,
Parmi les constellations parfumées.
Et ces fleurs telles de miel saupoudrées
Eveillent les sens du rêveur tardif
Dans le crépuscule, contemplatif,
De leur essence inspirant des langueurs
Cependant qu’il respire ses odeurs.
Semblant de serpentine, les verdeurs
Du feuillage frissonnent dans la brise,
Ombre invisible d’une étreinte exquise.

                                 Joël Gissy





L’Ame manquante


L’Ame manquante

L’âme manquant comme un bouffon,
Variant de visage à outrance,
Voyage entre l’incarnation,
Antinaturelle vacance,
En des limbes alternatifs.
Multivers de métempsycose,
Semblant de totems primitifs,
Sous mille masques bariolés,
Le passant se métamorphose
Parasitant ces corps violés.
Le trompeur sautille, insouciant,
Tel un mimétisme changeant
Profitant d’un regard absent.

                    Joël Gissy





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