samedi 7 février 2026

Mes livres et recueils

 

Joël Gissy poésie

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Joël Gissy poésie




Vidéos et œuvres d'art

 


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Les œuvres d'art d'après mes poèmes


Fête publique


Fête publique

Sur la ville irisée d’un halo crépitant
Le tumulte règne et secoue ses grelots tristes
Au long des rues où s’élève un mugissement.
Le génie du plaisir, pourchassé sur ses pistes,
S’est réfugié même en son alcôve ardemment,
Comme une biche aveuglée par un phare hurlant.
Eros vieux dans la foule insulte Iphigénie ;
Le rituel du sacrifice a commencé.
Joyeusement, Scaramouche invite à danser
Colombine, en un frisson, qui pleure accroupie.

                                             Joël Gissy





Le Gnome frappeur


Le Gnome frappeur

Le chercheur d’idéal, qui creuse sa mémoire
Entend un knocker qui suit frénétiquement
De ses transports éperdus le rythme illusoire.
Et ce lutin moqueur l’avertit en frappant

Du péril à venir, jaloux de son trésor.
Mais, bravant l’infini par passion du mystère,
Il plonge toujours plus avant dans son remords,
Comme un soldat de l’Inconnu qui part en guerre.

Son cœur douloureux s’effrite ainsi que du schiste
Sous les coups de burin d’un sculpteur masochiste.
Et le temple harmonieux de ses jeunes pensées

S’écroule au plus profond des noirceurs de son âme,
Or que, de l’autre côté, resplendit la flamme
Vacillante et perdue de ses amours passées.

                                                 Joël Gissy





vendredi 6 février 2026

Tristesse de Zéphyr


Tristesse de Zéphyr

Pleurs d’Aphrodite mêlés au sang d’Adonis,
Naquit Anémone ainsi qu’une pâle iris.
Telle un enchantement du sorcier de Hongrie
Brandissant, détournée, la Lance du Destin,
Dont sonne l’oreille aux splendeurs de sa magie,
La fée végétale, en déployant un jardin
Autour de son minois semblant d’un séraphin,
Luxuriance épanouie d’un verdoyant feuillage
Dont éclot, tôt dévoilé, le secret visage,
Frissonne en étouffant de noire fumagine.
Le crépuscule en ses nervures imagine
La gracile harmonie qui déjà se résorbe,
Inspirant d’une lune nuageuse l’orbe.
Harcelée d’insectes vampires assoiffés
De ses larmes aux tressaillements parfumés
Et, fanée, se dérobant sous un soupir tendre,
La faérie s’affaisse en un monceau de cendre.

                                          Joël Gissy

jeudi 5 février 2026

La Vue lointaine


La Vue lointaine

Honneur d’une courte natte au côté du crâne,
Des bords de la Rezat à la forêt rhénane,
Un guerrier au port fier avance dans la brume.
Un jour, aux Gaëls portant une descendance
Suève jusqu’à la Galice en sa coutume,
Le Triboque, au regard perçant comme une lance
Qui lui donna son nom, se vengea des Césars.
S’arrêtant pour vénérer des dieux martiaux,
Un genou à terre, au chant secret des oiseaux,
Le preux ouvre ses mains aux rayons blafards
D’un soleil triomphant des horizons nouveaux,
Des loups faisant siens les hurlements hagards.

                                                       Joël Gissy

Schiewaschlàga


Schiewaschlàga

                             Le Sang du Châtaigner

Nuit d’équinoxe, au sanctuaire immémorial,
Parmi les petits temples de pierres sacrées,
Refuges d’elfes, de fées, église des loups,
Fusent des disques de feu près de Dieffenthal.
Souvenir, par Charlemagne, des roues gravées
D’infimes caractères en forme de clous,
Occulté malgré l’œuvre du sage Agobar,
Les paysans, en secret, ont conservé l’art
De commémorer les phénomènes célestes,
En terre alémanique avec les mêmes gestes.
Envol flamboyant d’un soleil en miniature
Eveillant par imitation, de la nature
Les forces engourdies sur le plat d’un rocher,
Des cultes interdits sanctuaire oublié.

                                           Joël Gissy