Ce mardi 20h30 sur TikTok
dimanche 17 mai 2026
La Mémoire fantôme
La Mémoire fantôme
Quand un geste instinctif, comme une signature,
Survient inconsciemment, quelquefois fait surface
Un souvenir oublié qu’inutile efface
La vie au jour présent, négligeant sa nature.
Enfouie, une histoire dont remonte un murmure,
Un mouvement semblant tel répété retrace,
Quand un geste instinctif, comme une signature,
Survient inconsciemment. Quelquefois, fait surface
Affleurant tout à coup ainsi qu’une rature
Sur le disque rayé malgré le temps qui passe
Revivant le quotidien d’une ancienne race
Ou l’incarnation d’une autre géniture
En un geste instinctif, comme une signature.
Joël Gissy
La Réponse altérée
La Réponse altérée
S’insinuant ainsi qu’une pieuvre dans son crâne,
Du tympan du piètre assourdissant la membrane,
L’amnésie, installée, occulte un bref instant.
Tel d’un cordyceps télépathique imitant
Les réflexes paralysés d’une fourmi,
L’infesté, provisoirement, est fait zombi.
Du gastéropode ondoient comme une sucre d’orge
Les couleurs, s’exprimant de l’humain par la gorge.
Joël Gissy
L’Haleine des Sagas
L’Haleine des Sagas
Du fond du puits jaillissant, de la connaissance,
Pleure l’œil de Wotan, du Frêne de la Terre
Etreignant l’Univers, dont il tailla la lance,
Sacrifice initiatique d’un hémisphère.
Dans la nuit du Cosmos étincelant de braises,
L’Ase et son destrier à huit jambes surgis,
Tel un tarpan rupestre, le vieux guerrier gris
Fixe un regard furieux aux chthoniennes fournaises.
Du haut de son rocher, songe l’ancien prophète
Aux mondes engloutis où gronde la tempête.
Joël Gissy
Le Pithèque divin
Le Pithèque divin
Tels des primates célestes,
Se rencontrent les humains.
Mondes croisés dont les gestes
Incomprises, souverains,
Rêvent leurs propres destins.
L’enfant de glaise, en dagyde,
Se façonne, encore humide.
Joël Gissy
samedi 16 mai 2026
L’autre Thélème
L’autre Thélème
Gardée aux archives d’un couvent d’Agrigente,
Trois siècles plus tard, la lettre de Lucifer
Au sens quadruple ainsi qu’une texte de Sumer
Est déchiffrée. Inspirée à la pénitente,
D’à peine quinze ans, de la Vierge Crucifiée,
La cryptique abomination fut révélée.
Murmurant dans sa cellule, sœur Maria
Fut trouvée en un cauchemar se débattant,
Le visage maculé d’encre et convulsant.
D’alphabets anciens que sa main frêle traça,
Dormit le message oublié dans son mystère.
L’Ange la consuma de sa voix de lumière.
Derrière les arabesques d’un seuil d’airain,
Chuchote, hélas : « Maintenant, le Styx est certain. »
Joël Gissy
L’Inintention
L’Inintention
Descendons par les limbes de flots éblouis,
D’un démiurge hypostase au reflet léonin.
La diffraction se remire à l’esprit humain
Du Principe en des renversements infinis.
Mais le décalage infime, étoile brisée,
Du cycle de Vénus fixe la précession
D’équinoxes étendant la vision d’Archée
De calendriers mayas par combinaison.
Mais chaque Création développe en sa bulle
Une autre conception de lois fondamentales
Quand, affleurant de sa réalité, circule
L’incursion de présences, prophéties fatales
Dont le seul regard crée une autre destinée
Par ce diabolisme à nouveau divisée.
Joël Gissy
vendredi 15 mai 2026
Commedia della Morte
Commedia della Morte
Bienveillance assassine au velours castrateur,
L’Antéchrist mielleux minaude son argument.
La caresse resserre un anneau constricteur,
Et le fruit de l’esprit s’atrophie en tombant.
Le mignard ne tolère que la barbarie
Dans ce ballet bouffon dansant sur les décombres
Des ruines de l’honneur et la philosophie.
Dans un amphithéâtre où s’amuïssent les ombres
Des ultimes fantômes de tout idéal,
S’effondrent les statues au front pur et rêveur
D’instants d’un roman vrai qui nous semblait banal
Cependant qu’exulte l’imbu de sa rancœur.
Joël Gissy
jeudi 14 mai 2026
L’Evitement
L’Evitement
Un malchanceux touche du bois spirite
Dont circulent, nervures, les échos.
Se répondent les esprits animaux.
Dans les gestes du quotidien, le rite
Comme une habitude en secret s’invite.
Un coup dans le mur, glissants bibelots,
Un malchanceux touche du bois spirite
Dont circulent, nervures, les échos.
Dans le coin des plafonds où l’ombre habite,
Une volute a caressé des mots
En un clin à l’angle mort des sanglots.
La télékinésie de soi lévite.
Un malchanceux touche du bois spirite.
Joël Gissy
Finalité
Finalité
L’Humanité survit pour se réaliser.
A l’artiste d’inventer son utilité.
Philosophe autogénérant toute valeur,
S’incarne et vit en vérité le créateur
Ainsi que l’organisme de sa tragédie.
Hypercrite orgiaque ignorant de l’envie,
L’œuvre, aboutissement, en soi se justifie.
Joël Gissy
La Sœur du Dieu des Rues
La Sœur du Dieu des Rues
Archétype ambigu de goule agonisante,
Rêve un bas-relief des dents de Lamashtu.
Ravalant ainsi qu’un flot le long de son cou
Le sang revêtant sa poitrine séduisante
Comme sous la pluie une étoffe moulante,
Dont roule en cascade ondulante son crin roux,
Archétype ambigu de goule agonisante,
Rêve un bas-relief des dents de Lamashtu.
Reine des succubes semblant une bacchante,
La canine en sanglots, auprès de ses hiboux,
Se répand, telle une secousse de dégoût.
De son rictus glacé s’imprime l’épouvante,
Archétype ambigu de goule agonisante.
Joël Gissy
mercredi 13 mai 2026
L’Enchantement de la Sorcière
L’Enchantement de la Sorcière
Comme une fleur, se pose un papillon du soir,
Masque en mariposa fermant sur le visage
Les yeux pour un songe au luxuriant paysage.
Yokai le regard au creux des mains en miroir,
Tel en double chiromancie de Tenome,
Voyage un soupir de babils environné
Où se forme dans l’Eigengrau un spectre orange
Qu’un yūrei voit dépasser sous sa sombre frange.
Mais du fond d’un regret que charme l’apparence
Vénéneuse, en sa volupté, de l’innocence,
La psyché voile de son parfum narcotique
La pensée qui s’envole ainsi qu’une musique.
Joël Gissy
Les Aveugles dans la Nuit
Les Aveugles dans la Nuit
A Mélanie
Cécité du Chaos où le divin Rêveur
Vit en Azathoth la sidérale stupeur,
Avance, Misophaes, le borgne cyclope
Ignorant du vaste Univers dont il se moque.
Mais, telle une angoisse existentielle, se choque
Comme au grand jour éveillé, soudain nyctalope,
Le troisième œil entrouvert de curiosité
Par la vivacité de l’esprit éclairé.
L’explorateur conscient marche, solitaire,
De l’arche de la connaissance à la lumière.
Joël Gissy
Résonances d’Acragas
Résonances d’Acragas
Taureau d’airain où fut grillé son inventeur
Sur ordre du tyran sicilien Phalaris,
Moloch, en avatar cananéen d’Apis,
Ouvre comme un portail infernal son ardeur.
Brasier d’un veau d’or à la flamme invisible,
Se fondent les damnés, tels des génies des sables.
Dans le chaos purificateur, insensible,
S’amuïssent sans fin les cris abominables
Semblant d’un athanor, sombres métamorphoses,
D’un esprit ancien les figures bestiales.
Se manifeste le prodige en toutes causes
Ainsi que des variantes subliminales.
L’écho se perpétue, énigme en l’interstice,
De la compréhension d’un regard complice.
Joël Gissy
mardi 12 mai 2026
Le Bouffon noir
Le Bouffon noir
Araignée à l’angle du plafond, tierce mère,
Paillasse exauce un mime facétieux
Ainsi qu’un faucheux brûlé fuyant la lumière.
Enflamme obscurément son visage pailleux
L’ombre double épaissie en spasme mortifère
Comme une ardeur de sang remontée en en ses yeux.
Le fantasme agrippé s’accroche à la matière
En un craquement sec au rictus anguleux.
Joël Gissy
Cauchemar idéal
Cauchemar idéal
L’enfant revêtu de son masque chamanique
Chemine, autre avatar, dans un monde onirique.
Lucifuge, à l’écart, en cliquetant bricole.
Choix du double, ainsi qu’un destin alternatif,
Le voyageur né, tel dans une nécropole,
Vanité dont l’apparat séché se désole,
Ouvre une dalle où pénètre son pas furtif
Comme par le détour d’une porte azurée
Ou l’omphalos près d’une fournaise ajourée.
Joël Gissy
dimanche 10 mai 2026
Poème extrait des Coquecigrues
VII.
Entre les lames d’un tarot égyptien,
Le rêve gigogne extériorisé du corps
Transmue tel un serpent en chaque allégorie
Comme parmi les portes du Livre des Morts.
Imbriqué, d’un labyrinthe sumérien
Emporte ouvrant les briques, le chercheur de vie.
Projection d’ombres en une caverne antique,
L’introspection réunit l’âme symbolique.
Joël Gissy
Le Morse autophage
Le Morse autophage
Vieux hanap d’un crâne cornu, se renverse
L’amour de pique noir dans le cœur qu’il transperce.
Trophée ivoiré par la lueur des flambeaux,
Le rougeoiement inversé s’obscurcit des crocs.
De l’abreuvoir où le soleil nouveau se berce.
Joël Gissy
La Mode revient
La Mode revient
De l’ambiance branchée,
Boîte de nuit coincée,
Grince la mélopée
Dans le quotidien, diurne.
Alors, le vieux Saturne
Retourne encor son urne.
Il nous reste l’espoir,
Au grain du temps si noir
D’apercevoir le soir.
Joël Gissy
vendredi 8 mai 2026
Ecrasement
Ecrasement
Je suis une truite au moment où on l'achève.
Frappée contre un tronc d'arbre ou un rocher, l'œil vide.
Le râle muet du taureau pour l'estocade,
Le ruisseau sec des pleurs, désertique cascade.
Le sang tari qui ne coule plus sous le glaive,
Baisant la chair trop pâle devenue viride.
L'arpège dont le vin doux est devenu fade,
La ciguë bien trop forte en sa coupe de jade.
Joël Gissy
jeudi 7 mai 2026
Le Sang des Princes
Le Sang des Princes
Puissant et protecteur, ondule, minéral,
Pareil au paon de James Cox imbriqué d’écailles,
D’un grand dragon de jade la cotte de mailles.
Diaphane, ondoie épousant le courant fluvial,
Sinusoïde, ainsi qu’un silure de verre,
L’ouroboros porcin dont s’enroule, fœtal,
L’équilibre cosmique insinuant la sphère
D’un ovum anguinum dont filtre la lumière.
Mais, danse de vapeurs, doux et verdoyant,
D’encens son trouble sinople ourle souplement.
Joël Gissy
mercredi 6 mai 2026
Simultanéité miraculeuse
Simultanéité miraculeuse
Par un agencement de circonstances,
Se matérialise le prodige.
Jamais n’existent les coïncidences,
Concordant, énigmatique vertige
Où les plus petits détails de la vie
Se lisent ainsi qu’une allégorie.
Les noms, mélangés comme par hasard,
Grande rencontre aux nombres symboliques,
Révèlent leurs dimensions prophétiques.
Le réel se construit par le regard.
Joël Gissy
mardi 5 mai 2026
dimanche 3 mai 2026
samedi 2 mai 2026
Le Gladiateur blessé
Le Gladiateur blessé
Comme un taureau ployant en fin de corrida,
J’ai l’impression de m’effondrer dans la poussière.
Reprend encor, toujours, le cycle où, prisonnière,
La monotone existence n’en finira
Jamais d’un cauchemar diurne interminable.
Mais l’estocade à chaque souffle se répète
Tel d’un noyé qu’enfonce une main inlassable
Ou le couteau d’un acharné que rien n’arrête.
Joël Gissy
Tout était là
Tout était là
De Dostoïevski combat contre les Démons,
L’air, soudain, remplit d’un battement les poumons.
S’organisent les profondes intuitions.
Aux sources du réel, remontent les raisons,
Platoniciennes réincarnations.
Joël Gissy
Structure pentagonale
Structure pentagonale
La synchronicité peut créer des miracles,
Construction simultanée, hallucination,
Mais de vœux incarnés réalisation.
Du Graal se cristallise, aux triples réceptacles,
La polysémie en multiple perception.
Joël Gissy
Le Lait du Baleineau
Le Lait du Baleineau
Marionnette pendue ainsi qu’à son sein,
Rêve l’enfant d'un physeter, au sang divin,
Happant l’aligot blanc d’un songe arthotyrite,
Goulu, comme en vibrant, cétacé troglodyte.
C'est un humain, oubliant, qui se précipite
Dans le giron de l’universel par le rite.
Un éléphant barrit tristement au rivage
De l’inconscient et tumultueux carnage.
Pachydermion cyclope et retour au Talion,
Rugit la Loi de feu du céleste Lion.
Joël Gissy
Ailleurs dans le Temps
Ailleurs dans le Temps
Distorsion d’une improbable pente,
S’ouvre en nuée une Arche à la dérive.
Bulle de réalité différente,
Se mire en une autre dimension
La conscience effacée, alternative.
Une seconde a passé, d’illusion
D’une heure en un voyage intermédiaire.
La statique émanation vrombit.
L’échelle de Jacob monte en lumière
Où circulent, tels des états d’esprit,
Les personnalités d’anciens Archontes.
Séjour minéral des Nisses et Tomtes
Ou tas de pierres cachant d’un Génie
La demeure aux confins de l’Arabie,
Le souvenir trop éloquent de contes
Pressent un tiers chemin de faérie.
Joël Gissy
lundi 27 avril 2026
Triabolos
Triabolos
Ternaire séparateur, en l’aube ennemi
Que le feu de l’astre du matin décompose,
Enlil ardent au Savoir nourrit la Nécrose.
Seth par l’Ange éclaireur l’Œuvre au noir accomplit.
Littéralement bon, par l’épée du duel,
L’homme à la force démiurgique en Azazel
Puise, rendu puissant, au descendant du Ciel.
Joël Gissy
La Déesse crépusculaire
La Déesse crépusculaire
Râ sur sa barque à l’occident,
Rougeoyant aux Enfers descend.
Un faucon posé sur sa tête,
Imentèt, là-bas, se reflète
Sous la plume d’azur de Maât,
Harmonie incarnée au soir.
Mais, l’admirant sur ce perchoir,
Miaule en s’ouvrant l’œil de Seshat.
Joël Gissy
La Caste oubliée
La Caste oubliée
Casqué d’un disque solaire et de cornes fières,
Protège Ramsès le Grand un guerrier shardane.
Barbare de la Mer aux peuples des mystères,
Au loin, se dresse une forêt de cimeterres.
De son bouclier rond qui brille, enfant d’Ifrane,
Peut-être de Sardaigne, il veille sur les terres
Noircies par le limon de l’Egypte éternelle.
Hathor, Maison d’Horus, le couvre de son aile.
A Qadesh marche encor le vainqueur des Hittites
Portant la mémoire effacée aux troglodytes.
Joël Gissy
dimanche 26 avril 2026
Bien-être vagal
Bien-être vagal
Ni haineux, ni méprisant, le sage déteste.
Comme un télépathe assourdi par le tumulte,
Se fond de l’opinion le bruit qui l’infeste,
Solitaire au milieu de ce désert inculte.
Dans l’intimité de la stupeur sans recours
Ou parmi des imbéciles qui semblent sourds,
On n’est jamais plus seul qu’au milieu d’une foule
Ainsi qu’un naufragé sur une mer qui roule.
Joël Gissy
samedi 25 avril 2026
La Truite du Belchensee
La Truite du Belchensee
Lentement, elle circule, un petit sapin
Croissant sur son dos moussu tout autour du lac.
Cependant que Bélénos à la lune verte
Contemple immobile en un regret le déclin
Comme un croulement d’une mont-joie du Larzac
Qui donne un repère au berger en pure perte,
La déesse Fricka, des luxuriants orages
Frémit de sa gorge tremblante une élégie
Que la brume en son haleine solidifie
Où se mélange un rictus luxurieux des Ages.
Joël Gissy
vendredi 24 avril 2026
jeudi 23 avril 2026
Le Sang d’Horus
Le Sang d’Horus
Constellée au cœur de roses de Tiphereth,
La pyracanthe ardente au front plante ses dards.
Couronne rouge ensanglantée de Decheret,
Tel, s’unissant d’un Pschent de sagesse en colère,
D’un désert inculte peuplé de serpopards,
S’envole vers le delta du nord le flamant,
Irisant les noirceurs fertiles de la terre
Sur un arbre épineux dans le ciel flamboyant.
Joël Gissy
Charme terrifiant
Charme terrifiant
Sans jambes, capuchon qui flotte dans la nuit,
Du yūrei plaintif sous son hitaikakushi,
Retenu dans le monde, et hantant les vivants,
Par ses rancœurs et ses rêves mélancoliques,
Passent, frissons furtifs, les soupirs nostalgiques.
O mélopée aux remords des souffles errants !
L’étoffe de l’âme, inspiration de Shakespeare,
Se prolonge, pâleur d’un spectre de vampire.
Ses longs cheveux noirs tombant comme un voile ébène
S’écartent laissant voir un œil lavé de peine.
Joël Gissy
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