jeudi 2 avril 2026

Tristesse de Zéphyr avec Keziah à la guitare







Vidéos et œuvres d'art

 


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Les œuvres d'art d'après mes poèmes


Le Valet obscur

 



Le Valet obscur

Sanctuaire d’une arche ignorant les éons,
S’encastre le naos par neuf aux proportions
De cours infernales formées de polyèdres.
Tel un germe étranger dans un œuf alchimique,
Veille ainsi que le portier d’un temple hermétique,
Humbaba, le Gardien de la forêt de cèdres.
Une lanterne verte à l’entrée du couloir
De la cale balance et grince. Il va pleuvoir.
Sous l’airain, trop statique, axe inconnu du ciel,
Semblant le talisman fixé jusqu’à la terre,
Hermès, en hermite, gire, éternelle attente.
L’ambiance électrisée d’un glauque intemporel,
Astrolabe, archéomètre ou d’Anticythère,
Foudroie la Maison Dieu d’une île tournoyante,
Structure oubliée d’un continent englouti.
Par les feux de l’antique portail ébloui,
D’un dédale sylvestre aux parfums résineux,
Se reconstruit le navire ténébreux.

                             Joël Gissy

mercredi 1 avril 2026

Mes livres et recueils

 

Joël Gissy poésie

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Joël Gissy poésie




L’Exil d’Enheduana


L’Exil d’Enheduana

Du fond d’un moudhif de la Mésopotamie,
Maison tressée de roseaux paraissant flotter,
Grince en vibrant gravement la harpe endormie.
Hypnose immémoriale, exulte la clarté
D’une hymne adorable au-delà des millénaires.
Se déroule d’un chant le regret des mystères.

                                             Joël Gissy

Contemplation furtive


Contemplation furtive

Trois préaux azurés, fenêtres d’une Cène,
Accédant aux sept portes de cour sumérienne,
Le labyrinthe est bordé de paroles sages.
Face à face, ne se répondent les visages.
Au loin vers l’Est rougeoyant, silencieuse, Ishtar
Porte son flambeau, phosphorescent sur le tard.
D’un loculus le hersage équilatéral
Arde en secret comme un athanor nuptial.

                                       Joël Gissy

La Malédiction du Savoir


La Malédiction du Savoir

Comme choquée par des tortues,
La petite maison flottant
Sur la mer du Déluge ardent,
De cèdre en ses plaintes tordues,
Ballotte jusqu’à son rivage.
Toujours, l’impassible visage
Du sauveteur fera surgir
Du monde le nouveau village.
Enlil, apportant le savoir,
Serpent bipède, en ce miroir,
Enfin, fructifie du Nadir.

                     Joël Gissy

Suicide involontaire


Suicide involontaire

Afin de ne pas aller dans les Limbes,
J’aimerais juste avoir un accident.
La Gouve se tarit en frissonnant.
Qu’une goule en delirium de mon sang
M’enveloppe avidement de ses nimbes.

                                 Joël Gissy

Réconfort


Réconfort

Le troisième huis s’ouvre d’un coup
Comme un craquement dans le crâne.
Tel un sanglot qui se trépane,
La Mort avait un œil si doux.

                        Joël Gissy

Le Lai de la Pauvre Dame


Le Lai de la Pauvre Dame

Dans une tour, meurtrie s’endort
La femme d’un roi trop jaloux,

Pierre scellée par tous les trous.
Son mari l’avait enfermée
Dans le donjon mort d’un vieux fort.
Presque amante défenestrée !
Le chevalier faé sa cour
Faisait, résonnant le pas lourd
Du seigneur trompé. Son courroux
N’égala jamais sa fierté
De son désespoir attisé
Par sa dame dont la santé
Revenait malgré tous les jougs.
Il vient parmi les rêves flous,
Tel un autour, noble rapace,
Il vient toujours et il repasse.

Dans une tour, meurtrie s’endort
La femme d’un roi trop jaloux.

Embarbelé dans le barreau
De l’inextricable château,
Le bel amant débat son aile,
Pleurant son amante si frêle.

Dans une tour, meurtrie s’endort
La femme d’un roi trop jaloux.

                               Joël Gissy


Chrestos agnostos


Chrestos agnostos

Fantôme d’un enfant, l’initié ressuscite
Comme un soleil immobilisé qui lévite.
L’incrédule a voulu toucher ses plaies ouvertes.
Le traître complice accomplit le rituel,
Insidieusement par ses gestes offertes,
Apôtre préféré, non par les clefs du Ciel.
Le Phrygien, l’enfourchant, sacrifie le Taureau,
Dompté, tel un destrier sauvage au galop.
 
                                        Joël Gissy


Des Sifflements télépathes


Des Sifflements télépathes

Les hommes primitifs ont gardé le pouvoir,
De la réalité prédire sans avoir.
Sauvages des sommets, à l’ondoyant pelage.
Et soudain s’effaçant des vues sur un alpage,
La sorcière du soleil cueille l’aspérule.
L’ancien de la montagne en sa pipe la brûle.
Car les mots sont appris sans qu’on les leur enseigne.
Le coquelicot de la prairie verte saigne.

                                     Joël Gissy

Le Chevalier blessé


Le Chevalier blessé

Roi devenu pêcheur car châtré en bataille,
Le patient gardien du Graal vit tel un nocher.
L’ascète oublie la selle de son destrier.
Faisant jaillir une source au pied d’un rocher,
Anguipède, autre Jupiter, saute, et la faille
S’ouvre d’une déesse aquatique aux vertus
De guérison que les Pauvres Chevaliers
Par le serment de leur connaissance liés
D’un secret sanctuaire au cœur mystique ont tus.

                                            Joël Gissy

Le Loup de la Forêt-Noire


Le Loup de la Forêt-Noire

Envoyée tôt dans la forêt par ses parents,
Part chercher du bois la petite de six ans.
Averti par son retard, le hameau s’inquiète,
Quand revient en courant et hochant de la tête
L’enfant que poursuit un lycanthrope affamé.
Dans la clairière où se dressera le bûcher,
De la brume accourant près de sa maisonnette,
Les villageois enragés encerclent la bête.

                                   Joël Gissy

La Passante inaperçue


La Passante inaperçue

La femme de l’ogre avec un œil dans la main
Regarde en le possédant soudain un vieil homme.
Portée par le vent du sud, Aapta n’Cheidh vient
En vêtements somptueux et de parfum, somme
Les filles de rentrer. Le piège se referme.

Bénéfice du doute,
Mieux vaut traîner en route.
On attend à la ferme.

                                Joël Gissy

lundi 23 février 2026

Philosophie de Damoclès


Philosophie de Damoclès

Chant du bouc d’une sylve antique où, verdoyantes,
S’écrase l’odeur eucalyptolée des plantes
Parmi des ruisseaux scintillants de cristaux bleus
Que la menthe aquatique anise, été brumeux,
La plénitude exubère en transes orgiaques.
Chants d’hypocrites masqués, jeux dionysiaques,
Respire, hypertrophiée, l’extase existentielle.
Vertiges de Pan sacrés en fête charnelle,
Le dieu étranger, sombre, au regard flamboyant,
Accomplit son mythe ainsi qu’un démembrement.
Et dans cette splendeur où plane une élégie,
Exulte enfin l’irrésistible tragédie.

                                           Joël Gissy

Le Triangle d’Irminsul


Le Triangle d’Irminsul

                                   Symbole rêvé

Triquetra du Valknut en racine infinie,
S’ouvre l’œil odinique, ardente prophétie.
Nœud des tombés au champ, le palais parallèle
Où les guide une guerrière ailée pucelle
Ouvre ses battants, forteresse métallique.
Et la complexité de ces portes s’intrique,
Divination d’un crépuscule ensanglanté
Que perce le marteau d’un géant foudroyé.

                                         Joël Gissy

Sursaut nocturne


Sursaut nocturne

Un pantin de la Isla de las Muñecas
Tourne la tête avec un regard luisant.
De bras articulés, les rires d’un enfant
Semblent grincer dans le silence aux maracas
D’un jouet soudain s’animant au clair de lune.
Le fils du vieux pêcheur se souvient de chacune.
Les pèlerins transis de la légende urbaine
Croient voir flotter dans l’eau croupissante et malsaine
-Ou sont-ce les vapeurs de tequilas trop fortes ?-
Une robe à festons parmi les algues mortes.

                                              Joël Gissy

Le Rocher des Poupons


Le Rocher des Poupons

Réservoir des âmes, secret comme une Gouve,
Moussu, sous la cascade sauvage, un rocher
Frappé d’un bout de baguette de noisetier
Apporte son espoir fertile à qui le trouve.
Du Bubalafels, dans la brume des sapins,
Sommeille la déesse appelée par ces coups.
Alors, naîtront dans la froidure des matins
Les petits arrivants espiègles et doux.

                                  Joël Gissy

La Piste fugitive


La Piste fugitive

Au-delà d’Enfers aquatiques souterrains
Que visitèrent des dieux morts sumériens
Plus loin que les ramifications de racine
D’un arbre s’engouffrant au fond de sa poitrine,
Descend la perception quelquefois onirique.
Parmi des murs coulissants, le dédale imbrique
Ainsi qu’un jeu de stratégie, en sept portails,
La course solitaire déviée sur ses rails.
Et, décryptant ces lames mêlées, innocent,
Figure en les arcanes d’une allégorie
De gravures énigmatiques, le passant,
Tel impliqué dans une carte d’alchimie
Dont se reconnaît la suite en se découvrant.

                                            Joël Gissy

L’Urne brandie


L’Urne brandie

Avec la musique à la mode,
Le risque est de mourir d’ennui.
Marbre éblouissant qui s’érode,
Tel un bonhomme rabougri
Imbu de sa médiocrité,
Le réel même s’appauvrit.
Car c’est la fin d’un monde entier
Que l’on disait civilisé
Qui s’effondre ainsi qu’un brasier
S’affaissant d’un siècle raté.
L’appel mystérieux de la nuit,
Or, monte en lyrisme enchanté
De sa luxuriante beauté
Renaissant dans le sein meurtri,
D’une braise, soupir cendré.

                            Joël Gissy




jeudi 19 février 2026

Le Guédé


Le Guédé

Une âme assise auprès de son tombeau neuf jours,
Petit ange à l’image aristotélicienne
Oubliant, estompés, ses voletants détours,
Le grand esprit, parfois dérobé, à la traîne,
Revient, zombie emprisonné, parmi le siens.
La momie égarée erre encor dans le monde,
Comme un esclave enchaîné d’argent par ses liens,
Ainsi qu’une chair engourdie et moribonde.
Le Passeur, corrompu par un sorcier vaudou,
Capture la quintessence, harnachant son cou.

                                            Joël Gissy

Le Chemin du Duc


Le Chemin du Duc

Parmi des portes bleues luisantes,
Le rêveur choisit son destin,
D’un cimetière mandarin
Semblant le labyrinthe aux pentes

D’irrésolvables épouvantes
Imbriquées ainsi qu’en l’écrin.
Parmi des portes bleues luisantes,
Le rêveur choisit son destin,

Trépassant des arches ardentes.
Son cri sidéral, du lointain,
S’amuït dans le miroir soudain
De bouches aux lèvres absentes
Parmi des portes bleues luisantes.

                             Joël Gissy

Nostalgie d’Eridu


Nostalgie d’Eridu

Accroupi sur le sable, un scribe oublie le sens
Des coins que perpétue son calame tardif.
Amnésie, se transmet le savoir primitif
Du symbole brisé dans les fumées d’encens.
Les dieux sumériens sont des états de conscience,
Base bien plus vaste où se comptait l’existence.
Par des plans profonds où la physique en miracle
Conçoit les proportions d’un diluvien coracle,
Le réel vogue à sa source directement.
Au centre de son cycle, éclot l’œil du Serpent.

                                        Joël Gissy

mercredi 18 février 2026

La Boîte à musique




La Boîte à musique

Vibration gravant la suture sagittale,
Résonne en son coffret la musique crânienne.
Saturne, avec une mélancolie humaine,
Tourne son compas dont frémit la pointe axiale.
Afin d’écouter l’immémorial paraphe,
Rilke avait voulu reproduire un phonographe.
Partition de la Cène de Da Vinci,
Braille inconnu, guimbarde ou phytonologie,
De la nature en son invisible harmonie,
L’individuation de l’Univers s’inscrit.

                             Joël Gissy

dimanche 15 février 2026

Le Sceau de l’Homme


Le Sceau de l’Homme

Contour de main soufflée en peinture rupestre,
L’étoile de Vénus estampe son sigil.
Quintuple conjonction, de l’outil le plus dextre
S’imprime à demain le filigrane subtil.
Application sans fin de la géométrie,
Résonne l’introspection de sa magie.
Car la profondeur devinée d’un archétype
Evolue, de sa raison renaissant principe.
D’un pendentif, tel en occulte médaillon
Pythagoricien, s’abîme la proportion.
Pentagramme brisé, comme un tarot gitan,
Revient le cycle décalé s’organisant.
Secret de Faust, la physique surnaturelle
S’enracine aux fondements de la perception
Quand l’imagination devient matérielle,
Créant son origine en divination.

                                      Joël Gissy

samedi 14 février 2026

Sentiment cordial


Sentiment cordial

Sauf le monstre total ou l’imbécile heureux,
Qui ne voudrait s’éveiller de ce monde affreux ?
Course contre la montre où l’orgueil nous maintient,
Du piège arachnéen se resserre le lien.
Comme un massage cardiaque sans vouloir,
La haine acérée nous sauve du désespoir.

                                            Joël Gissy

Rectificando


Rectificando

Provisoirement libérés de leurs flacons,
Domptés par un grand roi, s’activent les démons,
Semblant l’essaim d’une ruche antédiluvienne.
Flamboie d’alignements la rose de la chienne.
Mais trois traîtres hyksôs frappèrent à Memphis
Le descendant ophidien du derniers fils.
Paliers du pavé contourné, le souterrain
Pénètre par degrés sous les piliers d’airain.

                                      Joël Gissy

jeudi 12 février 2026

Magnétisme des odeurs


Magnétisme des odeurs

Grapille de cœurs jaunes, en clef minuscule,
La déesse enfiévrée tourne sa clavicule.
Parfums délicats d’un printemps originel,
D’oniriques prairies se répand le miel.
Le monde des secrets oubliés s’harmonise
Dans le soleil hexagonal neuf qui l’irise.
La constellation de Vénus, florilège,
Respire l’atmosphère adoucie qui s’allège.

                               Joël Gissy

Force placide


Force placide

Nomade fils des loups, d’un aïeul éduen,
Portant sur le dos son antique père Anchise,
Au Palazzo Nuovo, le Galate agonise.
Descendant fratricide en une grotte étrusque,
L’enfant sauvage écume, une rose à la main.
Le cynorhodon déploie au ciel sa chérusque.
Jusqu’au regard d’anis des carrières d’onyx,
Des steppes azurées résonne le carnyx.

                                    Joël Gissy

Février finissant


Février finissant

L'alignement des planètes qui vient bientôt
A ouvert une communication spirite
Ou, comme l’attraction d’une météorite,
En cet arc où Vénus chevauche son gémeau.
Les gemmes frissonnent entre l'espace immense
Et, jusqu'à nous, la proximité se condense.
Le promeneur semble parler en solitaire,
Mais des prémonitions au cœur s'ouvre la sphère.

                                            Joël Gissy

Haïku



Croquant un chaton
une petite balade
noisetier d'automne


   Joël Gissy

Culpa


Culpa

Une provisoire prison
Attend le temps de la rançon.
Dans un cachot du Moyen-Âge
Médite le stylite sage.
Médiateur, tu te complets
Dans les colonnes d'un palais.
S'ouvrent les vastes horizons
Flamboyant aux murs des cloisons.
Mais quelle formule magique
Saura te sortir de ta crique,
La patience a sa panique.

                           Joël Gissy

Leimbach


Leimbach

Les chemins du Gottestal et Oberheiden
Se suivent parallèles, payen et d’Eden.
Ivresse de Noé, par Uta-Napishtim,
Le soleil irradie les vignes du Leim.
Le village, plus bas, s’encaisse dans la brume.
Un corbeau calligraphie le ciel de sa plume.

                                        Joël Gissy

Réponse libre


Réponse libre

Se rappelle à ses réflexes
Le dogme insidieux des clercs.
Malgré les discours complexes,
Réflexes au fond pervers,
La solution naturelle,
Un coup de hache en plein crâne.
La civilisation frêle,
Fine et fragile membrane,
Se déchire, hypocrisie
Des discrétions impunie.
Se révèle et s’exacerbe,
L’œil clair, la santé superbe
Du sentiment oublié
De la générosité.

               Joël Gissy

Le Soleil englouti


Le Soleil englouti

Mont Méru palpitant au centre de la Terre,
Tel un fracas du Graal, colonne de lumière,
Se visite en secret l’intérieur de la Terre.

Géométrie aux danses hermétiques d’Ange,
S’accomplit le tao céleste dont l’échange
D’un telesme invisible jaillit, flots du Gange.

Des pyramides d’or, l’horloge astronomique
Reproduit du Cosmos le cycle au centre unique,
Des Gardiens primitifs quatuor parédrique.

Constellations chthoniennes scintillant au creux
Comme d’une géode embrasée des cieux,
S’aligne la porte sourdie de certains lieux.

                                      Joël Gissy

dimanche 8 février 2026

Idée de clair-obscur en peinture flamande


Idée de clair-obscur en peinture flamande

Ce n'est pas tant l'abrutissement de l'époque
Mais son érection en modèle qui me choque.
Valeur stable en tous les temps de l’humanité,
Sans honte, a disparu sa sainte humilité.
Le côté primitif privé de sa vigueur,
Le bouffon se retourne avec un air vengeur.

                                   Joël Gissy

samedi 7 février 2026

Fête publique


Fête publique

Sur la ville irisée d’un halo crépitant
Le tumulte règne et secoue ses grelots tristes
Au long des rues où s’élève un mugissement.
Le génie du plaisir, pourchassé sur ses pistes,
S’est réfugié même en son alcôve ardemment,
Comme une biche aveuglée par un phare hurlant.
Eros vieux dans la foule insulte Iphigénie ;
Le rituel du sacrifice a commencé.
Joyeusement, Scaramouche invite à danser
Colombine, en un frisson, qui pleure accroupie.

                                             Joël Gissy





Le Gnome frappeur


Le Gnome frappeur

Le chercheur d’idéal, qui creuse sa mémoire
Entend un knocker qui suit frénétiquement
De ses transports éperdus le rythme illusoire.
Et ce lutin moqueur l’avertit en frappant

Du péril à venir, jaloux de son trésor.
Mais, bravant l’infini par passion du mystère,
Il plonge toujours plus avant dans son remords,
Comme un soldat de l’Inconnu qui part en guerre.

Son cœur douloureux s’effrite ainsi que du schiste
Sous les coups de burin d’un sculpteur masochiste.
Et le temple harmonieux de ses jeunes pensées

S’écroule au plus profond des noirceurs de son âme,
Or que, de l’autre côté, resplendit la flamme
Vacillante et perdue de ses amours passées.

                                                 Joël Gissy





vendredi 6 février 2026

Tristesse de Zéphyr


Tristesse de Zéphyr

Pleurs d’Aphrodite mêlés au sang d’Adonis,
Naquit Anémone ainsi qu’une pâle iris.
Telle un enchantement du sorcier de Hongrie
Brandissant, détournée, la Lance du Destin,
Dont sonne l’oreille aux splendeurs de sa magie,
La fée végétale, en déployant un jardin
Autour de son minois semblant d’un séraphin,
Luxuriance épanouie d’un verdoyant feuillage
Dont éclot, tôt dévoilé, le secret visage,
Frissonne en étouffant de noire fumagine.
Le crépuscule en ses nervures imagine
La gracile harmonie qui déjà se résorbe,
Inspirant d’une lune nuageuse l’orbe.
Harcelée d’insectes vampires assoiffés
De ses larmes aux tressaillements parfumés
Et, fanée, se dérobant sous un soupir tendre,
La faérie s’affaisse en un monceau de cendre.

                                          Joël Gissy

jeudi 5 février 2026

La Vue lointaine


La Vue lointaine

Honneur d’une courte natte au côté du crâne,
Des bords de la Rezat à la forêt rhénane,
Un guerrier au port fier avance dans la brume.
Un jour, aux Gaëls portant une descendance
Suève jusqu’à la Galice en sa coutume,
Le Triboque, au regard perçant comme une lance
Qui lui donna son nom, se vengea des Césars.
S’arrêtant pour vénérer des dieux martiaux,
Un genou à terre, au chant secret des oiseaux,
Le preux ouvre ses mains aux rayons blafards
D’un soleil triomphant des horizons nouveaux,
Des loups faisant siens les hurlements hagards.

                                                       Joël Gissy

Schiewaschlàga


Schiewaschlàga

                             Le Sang du Châtaigner

Nuit d’équinoxe, au sanctuaire immémorial,
Parmi les petits temples de pierres sacrées,
Refuges d’elfes, de fées, église des loups,
Fusent des disques de feu près de Dieffenthal.
Souvenir, par Charlemagne, des roues gravées
D’infimes caractères en forme de clous,
Occulté malgré l’œuvre du sage Agobar,
Les paysans, en secret, ont conservé l’art
De commémorer les phénomènes célestes,
En terre alémanique avec les mêmes gestes.
Envol flamboyant d’un soleil en miniature
Eveillant par imitation, de la nature
Les forces engourdies sur le plat d’un rocher,
Des cultes interdits sanctuaire oublié.

                                           Joël Gissy

Carnageval


Carnageval

Février, lourdeur vaporeuse, âpre désert,
Des brumes, mer sylvestre où couve la tempête,
Des esprits tout près s’ouvre le temps qui s’arrête.

Je suis né au cœur d’une nuit de fer.
De la foule orgiaque, métamorphoses
Pour honorer l’inversement des choses.

                                            Joël Gissy



D’un poisson femelle
souffrance psychologique
la confiance acquise

   Joël Gissy

Baiser mortel


Baiser mortel

Mélusine, sinueusement, avait fui,
Ondulant, tel un gracieux serpent à demi.
Vole en battant des ailes autour du donjon
La fée par pudeur évadée, comme un dragon.
Succomber dans l’étreinte, agonie enchantée,
Subtil enlacement de sa froideur lovée.

                                          Joël Gissy

Herméneutique abortive


Herméneutique abortive

Microbe infinitésimal trop solitaire,
Tel un neurone égaré, naquit la matière
Vivante, s’épanouissant de son mystère.
Par sympathie, infectant son prochain qu’il aime,
Eclaté, le principe infime son or sème.
Et la géométrie en appels de lumière
De la Création multiplie le blasphème
En sublimes répercussions sur la Terre.

                                         Joël Gissy

La Complainte de Bastet


La Complainte de Bastet

L’attirance des chats, comme aimantés soudain,
Pour la musique égyptienne, se souvient.
Rythmes et tons familiers, ressurgis d’hier,
La nuit qui vient semble souhaiter Meshru nofer.
Ainsi que sur les tapis d’un appartement,
Dans le silence bleu du sable des ruelles,
Varie, en jaune irisant de fines prunelles,
L’écho lointain de vagissements d’abord frêles
Qui semblent sous les ténèbres du firmament
Le concert des miaulements d’amantes cruelles.

                                                     Joël Gissy

Haïku



Ambiance inconnue
flûtes néandertaliennes
la neige au dehors

   Joël Gissy

Musique d’ambiance


Musique d’ambiance

Violon de fer semblant flotter, tel un mbira,
L’orgue de cristal Baschet, autre waterphone,
Environne et envahit d’angoisse l’aura
Du crâne éclos comme un acouphène où résonne
Des anciens philosophes l’inspiration.
A l’oreille de Socrate, un petit démon
Murmurait ; un autre en fit même son traité !
Hypnose d’un archet sur ces tiges d’airain,
L’esprit se croirait dans le noir trop loin plongé,
Environné d’une présence au pleur malsain,
Insidieusement tout autour de sa cible,
Entêtant et se rapprochant, imperceptible.

                                         Joël Gissy

mardi 3 février 2026

La Forêt nocturne. Illustrations de Princesse Lutin.





llustration de mon poème "La Forêt nocturne" par Princesse Lutin.


La Forêt nocturne

Fleurs musicales aux mille odeurs colorées,
Tintent les clochettes en la sylve onirique,
De neigeux pollens étincelant saupoudrées.
Charmille d’un arbuste, au creux d’un feu-follet,
Joue un jeu magique un petit être violet.
Le rêveur avance en un ruisseau féerique
Sur la tendre clairière de mousse et d’épines
Comme une chambre intime embaumée de résines.

                                                            Joël Gissy

dimanche 1 février 2026

Paréidolie du Réel


Paréidolie du Réel

Un soir familier, dans le sec et froid silence,
D’une ombre à l’angle trop accepter l’existence.
Le solitaire imagine la perspective
Au coin du plafond, pour l’enfant, dans son armoire,
Sous son lit, sur une chaise. Il se met à croire
De son propre regard à l’angoisse intrusive.
Entre voir et être vu, quelle différence ?
Comme le chat enfermé dans sa boîte noire,
Se réalise un doute avec impertinence.
Ne pas médire des morts, simple hypocrisie
Ou, d’une crainte impalpable, paralysie ?
Ainsi fonctionne souvent la malédiction
Ou la réalité de toute perception.
Le cri muet n’ose appuyer sur le bouton.

                                  Joël Gissy