Les poèmes de la soirée sur YouTube le 04/05/2016


Lecture du mardi 5 mai 2026 sur YouTube

Les Coquecigrues et poèmes demandés



Les Coquecigrues


Les Basilidiennes

(Première partie du recueil)



L’Esquif


En pleine mer où est l’ami du né noyé ?

L’angoisse étreinte étouffe, ou poursuit, surnagé,

Le désir du malheur, pour vivre à l’infini.

En peine, amer, se meurt, ému, le rabougri.



Soyons


Art d’offrir à l’autre la possibilité,

Idéal subjectif de l’accomplissement.

Point de jonction secret où se mord le serpent.

Flambeau piqué au brasier de la liberté.

Perversité sublimée d’un accouplement.

Etoile du matin volé du mimétisme,

Cœur offert d’un renversement sans scepticisme.



Le Songe d’inquiet doux


Tels des sarments chargés de luisantes clochettes,

S’agrippant, étreints lascivement par leurs vrilles,

Les végétaux qui grincent en faisceaux noueux

S’entrelacent en colonnes de liserons.

La sylve semble un temple antique où les odeurs

Charment un Faune sumérien d’insidieux pleurs.

De l’écartement virginal des clochetons,

Qui roulent, dévoilées, leurs pétales, ces filles

Ainsi que de chrysalides sortent leurs têtes

Avant de s’envoler en parfums sinueux.



Hologramme arachnéen


Le cœur bat, inspirant le cerveau retourné,

Ainsi que d’un faucon plus qu’enfant, retour né.

Souvenirs frappants, un stroboscope imagine


Les images synthétisées

D’un allégorique passé

En réseaux d’esprits d’araignées


Dont la Mère défait la toile, à l’origine.



Ma Mélusine


A V.


Songe ainsi qu’une sphynge anguipède roulée,

Le rire mordant de sa tête renversée.

Ravi, de son langage, le corsage point,

Corps enveloppé dont la mue s’arrache au poing.

Revire la bête, un coup de langue ophidien.



Coagulation céleste


Mars rougeoie, s’approchant du creuset de la lune.

La flamme scintillante, qui semble un ardent

Joyau philosophal en sa coupe d’argent,

S’encorne comme un sang versé à son calice.

La chevelure anisée de la nuit complice

Mêle un bleu ténébreux à sa paupière brune.



VII.


Entre les lames d’un tarot égyptien,

Le rêve gigogne extériorisé du corps

Transmue tel un serpent en chaque allégorie

Comme parmi les portes du Livre des Morts.

Imbriqué, d’un labyrinthe sumérien

Emporte ouvrant les briques, le chercheur de vie.

Projection d’ombres en une caverne antique,

L’introspection réunit l’âme symbolique.



Ensommeillement


Agonie, soudain, du voyageur éveillé

En une sympathique et vivante clarté,

S’achève un périple onirique ensoleillé.

Alentour par la vive lueur aspiré,

Le Monde en tunnel révèle l’obscurité.

En posture osiriaque, déploie des ailes,

Le cœur de son thorax en chrysalide grêle,

Débattements d’un faucon pris dans la matière,

Entrouvrant la cage où son souffle se libère.



La Porte de la Flamme


Par la gueule au sein d’un géant Moloch d’airain

Dont s’ouvre la herse en un limbe souterrain,

S’engouffrent les âmes éperdues des enfants.

A travers, l’hologramme d’étranges écrans,

En un brasier béant sous sa face cornue

Par la voûte couvert d’une immense cornue,

Reçoit le baiser de feu des Saints Innocents.



Transhumanisme


Divinisation de l’être dénaturé,

La gestation se déploie, de l’Humanité.

De l’environnement s’imitent les mimiques,

Telle une introspection d’immortalité.

Mais d’outils incarnés, les gestes mimétiques,

Sans limite s’accroche, homogénéisant

Comme une universelle pensée, le vivant.



Retour


Le temple de Babel renverse sa spirale,

D’un souffle en variation d’or pyramidale.

La coupe a versé son feu, lumière fatale

Sur l’Univers, démultiplication fractale.

Du cœur et de la pique union nuptiale.



Tu hésites


Angoisse du destin, par un choix de la crainte,

L’esprit cheminant hésite en le labyrinthe.

Autre infinitésimal par sa proportion,

Eclair quantique d’une triviale allusion,

Du réel parachevant la construction,

La subjectivité poursuit son illusion.



XIII.


Introspection du mandala de son iris,

Le voyageur onirique en son cœur s’abîme.

L’intrus tel un voyeur de l’interstice infime,

Découvrant le Château, tourne l’Ankh de Nephtys.

Archétype inachevé d’une tour antique,

S’effondrent les piliers d’un temple atlantique.



Des Nombres


Il s’agit d’un rêve exploré avant-hier.

Retour par l’enfance à des contrées parallèles.

Se résout le secret d’un égarement tiers.

S’obscurcissent les ténèbres dans les prunelles.



XV.


Le perdant qui croit en sa télékinésie

En fait assistée par tout un peuple d’esprits

Porte l’objet ténébreux de son amnésie.

Sur la clef de l’abîme, les noms sont inscrits,

Où songe le Dragon enchaîné, en silence.

Soulèvement ravi de lévitation,

Croît le lien où Léviathan mord sa queue de lion.

De l’ardeur occultée s’enchaîne la sapience.



Obscurantisme


Vieux presbytère où flamboie une lueur rouge

Par les barreaux de fer d’une fenêtre en voûte,

La vénérable masure, au soir, semble un bouge

Ou l’antichambre des Enfers dans la nuit claire.

Mais le réverbère au bord de la route doute.

Comme une catin tremblotant au pied des vignes,

Tout respire du ruisseau les vapeurs malignes.

Entre l’antique église et l’ancien cimetière,

Le porche aux odeurs de boiseries pourrissant,

Par cet hiver sans lune paraît menaçant.



Le Jardin du Roi Chevalier


Du bout du parc, où devait être un acacia,

Le relais cultuel semble une pyramide.

Le buste auguste est bien sur la colonne au sud.

Des satyres et buveurs moderne agora,

Parmi les gerbes, l’été, plus aucun banc vide.

Le sanctuaire hermétique arbore son Talmud.

Souvenir du parcours d’un temple égyptien,

Miroite en reflet mosaïque le bassin.

Rendez-vous à l’heure fixe où le soleil dit,

Les rosiers fleurissent surtout au midi.



Débat


Chacun choisit le point de vue de l’existence

Afin de réaliser, enfin, son essence.

Seconde vie de Faust, voici le nouveau-né.

Le serpent se débat par le poing attrapé

D’un coup de tête pulvérisant son attaque.

Début de lévitation démoniaque.



L’Etoile de Monsieur Seguin


Le berger, les cycles lunaires calculant

Aux encoches de sa crosse pharaonique,

Cherche la chèvre de Vénus la chevauchant.

Au cœur d’un géométrique reversement,

La fleur féconde en abyme son rosier blanc.

La tête du bouc s’inscrit, mesurant sa trique,

Dans le pentacle éclos de l’astre concentrique

Portant le flambeau neuf du matin triomphant.



XX.


Les mutations d’arbrisseaux

Pépiant d’oiselets nouveaux

Pétillent par-dessus ma tête.


La mutité du soir trouble sa fête,

S’ébrouant or de mainte gouttelette.

Sous la charmille, incomprise, volette

Une lueur verdâtre en ses sanglots.



Intase neuronale


Forêt de racines, s’enfonce en le cerveau

Le méandre secret d’un sinueux caveau,

Ainsi que les détours noyés d’un cerneau.

L’intrus pénètre en la sylve de ses méninges

Où le charment ainsi que des fleurs sang les sphynges

Qui s’agrippent comme une foule, en pleurs, de singes.

Mais se scinde le reflet des raisons, passif,

Semblant une porte au vieux grincement plaintif

Où revient au soleil le songe écorché vif.



Conscience microcosmique


La dualité de l’angoisse en un tiers se voit,

Retour au cœur d’argent de la Lune septième.

L’œil du soleil sourit, radieuse trirème,

Tels les sépales d’une rose aux pistils. Quoi ?

Le quatuor, catharsis, en Seth renversé,

En œuf se renoue le serpent si sang versé.



La Clef de l’Atlantide


A l’heure où se dilatent de nuit leurs pupilles,

Transformées en sorcières les aimantes filles,

Les druides égyptiens se haussent de la crête,

Sens oublié dont, morphologie de sirène,

Résonne un souvenir en la tête trop pleine

Comme un bronze rougissant de l’ancienne Crète.

D’un bain du Voynich à l’extase sortant,

En un lieu souterrain, s’électrise l’amant.

Paracelse hérite de l’épée qu’un démon

Hante dans son pommeau, sceptre de Salomon.

Tel un bon hoplite qui se tient à sa place,

Nous passons la vie à effacer notre trace.



L’Illusion du Faux


La faute faut au juste instant de division,

Destinant du réel la transmutation.

Le Cosmos croît de se croire en sa vision.

L’immobile écho voit son amélioration

Dans la structure de l’infinie perfection.



Coquecigrue basilidienne


Synesthésie des sons et couleurs dans la bruine,

Princesse amoureuse d’une tour en ruine.

Le songe avance à reculons, chiromancien

Mirant son iris en la paume de sa main.

De la lampe ou du flacon de spiritueux,

S’évade en peur de vapeur l’esprit facétieux.

Pleur du soleil renaissant, le coq anguipède

Chante en gerbes de ciguës l’éveil de l’aède.




Poèmes demandés



L’Orgie mythique


Banquet de Tantale, immolant son propre sang,

Immonde ripaille aux convives surhumains,

On dévora la chair sacrifiée de l’enfant

Lors du plus tentateur et divin et festins.

Le papillon flamboie au sein du coryphée.

Le cheveu dont pendait l’épée radiesthésique

Au-dessus de la fontanelle couronnée

De Damoclès, afin d’accroître la panique

De son plaisir, nivelle un plan philosophique,

Vampirise son corps l’espérance fatale,

Seul invité mortel de cette bacchanale.



Le Papion cynocéphale 


Le babouin coiffé de son némès organique

Semble un scribe au flegme sage et contemplatif.

Sous une charmille en moudhif prédynastique,

Médite, archétypal ainsi qu’un hologramme,

L’avatar calme au regard faussement plaintif.

Mais son croc pourfend, acéré comme une lame

Ou l’ivoire éclatant d’un précieux calame.

Couvert de ses bijoux, le singe semble un masque

Funéraire irisé par le sable en bourrasque.



Ego sum Monstrum


Tiankeng


                           Gouffre céleste


Décantation d'un fin réseau de brume,

La forêt souterraine du Guangxi,

Karst de la méridionale Chine,

Se déploie, telle une vaste doline.

Soudain, comme un effleurement de plume

Frissonne par un rayon ébloui.

Monde intemporel d'un écrin rupestre,

Se rêve une clairière extraterrestre.

Entre les lacs d'arbustes biscornus,

Volettent des insectes inconnus.



Sylve chthonienne


Dans la doline du Guangxi,

Parmi les fougères velues,

S’ébattent des guêpes dentues.

Vapeurs des forêts primitives.

Quand on s'imagine assailli

A coups de dards et d'incisives.



Des Sifflements télépathes


Les hommes primitifs ont gardé le pouvoir,

De la réalité prédire sans avoir.

Sauvages des sommets, à l’ondoyant pelage.

Et soudain s’effaçant des vues sur un alpage,

La sorcière du soleil cueille l’aspérule.

L’ancien de la montagne en sa pipe la brûle.

Car les mots sont appris sans qu’on les leur enseigne.

Le coquelicot de la prairie verte saigne.



Noctifer, Le porteur de nuit


La Fille perdue


Briséis, ô vierge rebelle aux yeux de biche,

Brisée par le joug orgueilleux d’Agamemnon,

Même alors au plus fier des héros, tu dis non !

Quand son courroux se déchaîna parmi la riche


Et fertile cité, réputée invincible,

La colère énorme épargna ton noble cœur.

Et lorsqu’il revint de ta famille vainqueur,

Traînant la chair écorchée d’Hector, impassible,


Ton port conserva sa grâce aristocratique !

Ravalant le poison d’une larme précieuse,

Dessous les blancs crachats de la foule injurieuse,

Avec dignité, te montras-tu sarcastique ?


Car au fond de ta pupille ardente et fragile

Se reflétait encor le fard du feu sacré

Sur l’écran ténébreux de ta sérénité,

O Briséis, qui résistas au tendre Achille.



Ego sum Monstrum


Inquiétude


                                            Poème en langage des calamars


Visage soudain pris d’un rose pailleté,

Il devient progressivement orangé.

Tandis que s’empourprent les sourcils minuscules,

Comme un lent reflux d’encre, le corps vire au bleu.

Souple, la queue d’azur s’orange peu à peu.

Sourcils plus rouges ; frémissent les tentacules.



Les Marins alsaciens


Près d’un vieux chemin de fer désaffecté,

Abords d’une rive très peu connue du Rhin,

Rigolant avec leurs casquettes de marin,

Ils ont fini par m’accueillir, étrangeté,

Entre Strasbourg et Kehl, une chope à la main.

Le long des canaux, rouillent des bateaux anciens.

Derrière le rideau, des marins alsaciens.



Le Suceur de chair


Aux taches du soleil mêlé, tel un frisson,

Ecailleux mimétisme tapi, se confond,

Dormant en secret dans l’ombre, un pelacara.

Invisible en perspective superposée,

Stridule à sec la créature camouflée.

A la lisière où commence la selva,

Attend, brillant de l’intérieur, le pishtaco.

Le rôdeur glissant de la nuit cherche une peau.

Patiente, inerte, à peine à l’écart du village,

Croquemitaine andin, l’arracheur de visage.



Ego sum monstrum (Petit carnet faérique)


Songe en miniature

1.

Tu t'étais transformée, petite fée
A la chevelure toute emmêlée
Comme les fils de racines terreuses.
Tu m'as accueilli dans tes souches creuses.
J'aimais tant cette petite demeure,
Terrier où se réjouissait ta famille,
Les poches remplies de gros champignons
Dont les gonflaient d'odeurs les chapeaux ronds,
Dans les bosquets rêvés aux fleurs mouvantes
Semblant parfois des grenades béantes.
Ah ! me noyer sans fin dans tes yeux noirs
Luisant ainsi que de petits miroirs,
Tandis que nous nous effleurions la main.
Mais, à présent, bien loin, mon âme pleure.
Sont parties, étranges, les voix chantantes.
Quand j'ai parlé à ce jeune lutin
Fumant sa pipe avec un air malin,
Soudain, s'est fanée la petite fête,
Dans la seconde où j'ai tourné la tête.


2.


La Mère obscure

La Dormeuse anormale,
Au fin visage pâle,
Souvent, passait ses nuits,
Tous l'avaient raconté,
Penchée sur le bébé
Avec ses yeux rougis
Dans ses longs cheveux noirs,
A tousser. Tous les soirs,
On la voyait sortir
De sous son arbre creux,
Dans un soupir affreux ;
À l'ombre de son pas,
"Car ils ne viendront pas !",
Un vieux de m'avertir,
Et j'entends murmurer
Ses filles : me méfier
De ces buveurs de sang,
De la maudite enfant.



Te rejoindre

Je suis un chevalier faé,
Egaré sur sa route, borgne.
Un hibou, Wotan ou Hérou,
Je suis la lueur de ton œil.
La trappe du druide est un trou.
Le papillon s'attrape et lorgne,
Butinant, sagesse, hébété,
Toujours, se cognant sur le seuil.



Sans retour


Prends-moi la main, emmène-nous

Sous ta souche, par tes forêts,

Couche où les rêves s'étreindront,

Mousses parsemées de violettes.

Susurre-moi comme une plante

À la chair d'azur succulente,

Le suc sucré boisé des goûts

Où l'ire égara la raison.

La langueur des arbres, mouvante,

Seule, a su murmurer ton nom.

Des trompettes, éclos au son,

Pleurent les souvenirs discrets

Du fond des demeures secrètes.



Deux haïkus


Grenouille poilue

poignarde avec son propre os

biseau de bambou



D’un poisson femelle

souffrance psychologique

la confiance acquise




Poème relatif au temps et au futur


Un passage de L’Avenir est passé



                                     Joël Gissy


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