Lecture du mardi 5 mai 2026 sur YouTube
Les Coquecigrues et poèmes demandés
Les Coquecigrues
Les Basilidiennes
(Première partie du recueil)
L’Esquif
En pleine mer où est l’ami du né noyé ?
L’angoisse étreinte étouffe, ou poursuit, surnagé,
Le désir du malheur, pour vivre à l’infini.
En peine, amer, se meurt, ému, le rabougri.
Soyons
Art d’offrir à l’autre la possibilité,
Idéal subjectif de l’accomplissement.
Point de jonction secret où se mord le serpent.
Flambeau piqué au brasier de la liberté.
Perversité sublimée d’un accouplement.
Etoile du matin volé du mimétisme,
Cœur offert d’un renversement sans scepticisme.
Le Songe d’inquiet doux
Tels des sarments chargés de luisantes clochettes,
S’agrippant, étreints lascivement par leurs vrilles,
Les végétaux qui grincent en faisceaux noueux
S’entrelacent en colonnes de liserons.
La sylve semble un temple antique où les odeurs
Charment un Faune sumérien d’insidieux pleurs.
De l’écartement virginal des clochetons,
Qui roulent, dévoilées, leurs pétales, ces filles
Ainsi que de chrysalides sortent leurs têtes
Avant de s’envoler en parfums sinueux.
Hologramme arachnéen
Le cœur bat, inspirant le cerveau retourné,
Ainsi que d’un faucon plus qu’enfant, retour né.
Souvenirs frappants, un stroboscope imagine
Les images synthétisées
D’un allégorique passé
En réseaux d’esprits d’araignées
Dont la Mère défait la toile, à l’origine.
Ma Mélusine
A V.
Songe ainsi qu’une sphynge anguipède roulée,
Le rire mordant de sa tête renversée.
Ravi, de son langage, le corsage point,
Corps enveloppé dont la mue s’arrache au poing.
Revire la bête, un coup de langue ophidien.
Coagulation céleste
Mars rougeoie, s’approchant du creuset de la lune.
La flamme scintillante, qui semble un ardent
Joyau philosophal en sa coupe d’argent,
S’encorne comme un sang versé à son calice.
La chevelure anisée de la nuit complice
Mêle un bleu ténébreux à sa paupière brune.
VII.
Entre les lames d’un tarot égyptien,
Le rêve gigogne extériorisé du corps
Transmue tel un serpent en chaque allégorie
Comme parmi les portes du Livre des Morts.
Imbriqué, d’un labyrinthe sumérien
Emporte ouvrant les briques, le chercheur de vie.
Projection d’ombres en une caverne antique,
L’introspection réunit l’âme symbolique.
Ensommeillement
Agonie, soudain, du voyageur éveillé
En une sympathique et vivante clarté,
S’achève un périple onirique ensoleillé.
Alentour par la vive lueur aspiré,
Le Monde en tunnel révèle l’obscurité.
En posture osiriaque, déploie des ailes,
Le cœur de son thorax en chrysalide grêle,
Débattements d’un faucon pris dans la matière,
Entrouvrant la cage où son souffle se libère.
La Porte de la Flamme
Par la gueule au sein d’un géant Moloch d’airain
Dont s’ouvre la herse en un limbe souterrain,
S’engouffrent les âmes éperdues des enfants.
A travers, l’hologramme d’étranges écrans,
En un brasier béant sous sa face cornue
Par la voûte couvert d’une immense cornue,
Reçoit le baiser de feu des Saints Innocents.
Transhumanisme
Divinisation de l’être dénaturé,
La gestation se déploie, de l’Humanité.
De l’environnement s’imitent les mimiques,
Telle une introspection d’immortalité.
Mais d’outils incarnés, les gestes mimétiques,
Sans limite s’accroche, homogénéisant
Comme une universelle pensée, le vivant.
Retour
Le temple de Babel renverse sa spirale,
D’un souffle en variation d’or pyramidale.
La coupe a versé son feu, lumière fatale
Sur l’Univers, démultiplication fractale.
Du cœur et de la pique union nuptiale.
Tu hésites
Angoisse du destin, par un choix de la crainte,
L’esprit cheminant hésite en le labyrinthe.
Autre infinitésimal par sa proportion,
Eclair quantique d’une triviale allusion,
Du réel parachevant la construction,
La subjectivité poursuit son illusion.
XIII.
Introspection du mandala de son iris,
Le voyageur onirique en son cœur s’abîme.
L’intrus tel un voyeur de l’interstice infime,
Découvrant le Château, tourne l’Ankh de Nephtys.
Archétype inachevé d’une tour antique,
S’effondrent les piliers d’un temple atlantique.
Des Nombres
Il s’agit d’un rêve exploré avant-hier.
Retour par l’enfance à des contrées parallèles.
Se résout le secret d’un égarement tiers.
S’obscurcissent les ténèbres dans les prunelles.
XV.
Le perdant qui croit en sa télékinésie
En fait assistée par tout un peuple d’esprits
Porte l’objet ténébreux de son amnésie.
Sur la clef de l’abîme, les noms sont inscrits,
Où songe le Dragon enchaîné, en silence.
Soulèvement ravi de lévitation,
Croît le lien où Léviathan mord sa queue de lion.
De l’ardeur occultée s’enchaîne la sapience.
Obscurantisme
Vieux presbytère où flamboie une lueur rouge
Par les barreaux de fer d’une fenêtre en voûte,
La vénérable masure, au soir, semble un bouge
Ou l’antichambre des Enfers dans la nuit claire.
Mais le réverbère au bord de la route doute.
Comme une catin tremblotant au pied des vignes,
Tout respire du ruisseau les vapeurs malignes.
Entre l’antique église et l’ancien cimetière,
Le porche aux odeurs de boiseries pourrissant,
Par cet hiver sans lune paraît menaçant.
Le Jardin du Roi Chevalier
Du bout du parc, où devait être un acacia,
Le relais cultuel semble une pyramide.
Le buste auguste est bien sur la colonne au sud.
Des satyres et buveurs moderne agora,
Parmi les gerbes, l’été, plus aucun banc vide.
Le sanctuaire hermétique arbore son Talmud.
Souvenir du parcours d’un temple égyptien,
Miroite en reflet mosaïque le bassin.
Rendez-vous à l’heure fixe où le soleil dit,
Les rosiers fleurissent surtout au midi.
Débat
Chacun choisit le point de vue de l’existence
Afin de réaliser, enfin, son essence.
Seconde vie de Faust, voici le nouveau-né.
Le serpent se débat par le poing attrapé
D’un coup de tête pulvérisant son attaque.
Début de lévitation démoniaque.
L’Etoile de Monsieur Seguin
Le berger, les cycles lunaires calculant
Aux encoches de sa crosse pharaonique,
Cherche la chèvre de Vénus la chevauchant.
Au cœur d’un géométrique reversement,
La fleur féconde en abyme son rosier blanc.
La tête du bouc s’inscrit, mesurant sa trique,
Dans le pentacle éclos de l’astre concentrique
Portant le flambeau neuf du matin triomphant.
XX.
Les mutations d’arbrisseaux
Pépiant d’oiselets nouveaux
Pétillent par-dessus ma tête.
La mutité du soir trouble sa fête,
S’ébrouant or de mainte gouttelette.
Sous la charmille, incomprise, volette
Une lueur verdâtre en ses sanglots.
Intase neuronale
Forêt de racines, s’enfonce en le cerveau
Le méandre secret d’un sinueux caveau,
Ainsi que les détours noyés d’un cerneau.
L’intrus pénètre en la sylve de ses méninges
Où le charment ainsi que des fleurs sang les sphynges
Qui s’agrippent comme une foule, en pleurs, de singes.
Mais se scinde le reflet des raisons, passif,
Semblant une porte au vieux grincement plaintif
Où revient au soleil le songe écorché vif.
Conscience microcosmique
La dualité de l’angoisse en un tiers se voit,
Retour au cœur d’argent de la Lune septième.
L’œil du soleil sourit, radieuse trirème,
Tels les sépales d’une rose aux pistils. Quoi ?
Le quatuor, catharsis, en Seth renversé,
En œuf se renoue le serpent si sang versé.
La Clef de l’Atlantide
A l’heure où se dilatent de nuit leurs pupilles,
Transformées en sorcières les aimantes filles,
Les druides égyptiens se haussent de la crête,
Sens oublié dont, morphologie de sirène,
Résonne un souvenir en la tête trop pleine
Comme un bronze rougissant de l’ancienne Crète.
D’un bain du Voynich à l’extase sortant,
En un lieu souterrain, s’électrise l’amant.
Paracelse hérite de l’épée qu’un démon
Hante dans son pommeau, sceptre de Salomon.
Tel un bon hoplite qui se tient à sa place,
Nous passons la vie à effacer notre trace.
L’Illusion du Faux
La faute faut au juste instant de division,
Destinant du réel la transmutation.
Le Cosmos croît de se croire en sa vision.
L’immobile écho voit son amélioration
Dans la structure de l’infinie perfection.
Coquecigrue basilidienne
Synesthésie des sons et couleurs dans la bruine,
Princesse amoureuse d’une tour en ruine.
Le songe avance à reculons, chiromancien
Mirant son iris en la paume de sa main.
De la lampe ou du flacon de spiritueux,
S’évade en peur de vapeur l’esprit facétieux.
Pleur du soleil renaissant, le coq anguipède
Chante en gerbes de ciguës l’éveil de l’aède.
Poèmes demandés
L’Orgie mythique
Banquet de Tantale, immolant son propre sang,
Immonde ripaille aux convives surhumains,
On dévora la chair sacrifiée de l’enfant
Lors du plus tentateur et divin et festins.
Le papillon flamboie au sein du coryphée.
Le cheveu dont pendait l’épée radiesthésique
Au-dessus de la fontanelle couronnée
De Damoclès, afin d’accroître la panique
De son plaisir, nivelle un plan philosophique,
Vampirise son corps l’espérance fatale,
Seul invité mortel de cette bacchanale.
Le Papion cynocéphale
Le babouin coiffé de son némès organique
Semble un scribe au flegme sage et contemplatif.
Sous une charmille en moudhif prédynastique,
Médite, archétypal ainsi qu’un hologramme,
L’avatar calme au regard faussement plaintif.
Mais son croc pourfend, acéré comme une lame
Ou l’ivoire éclatant d’un précieux calame.
Couvert de ses bijoux, le singe semble un masque
Funéraire irisé par le sable en bourrasque.
Ego sum Monstrum
Tiankeng
Gouffre céleste
Décantation d'un fin réseau de brume,
La forêt souterraine du Guangxi,
Karst de la méridionale Chine,
Se déploie, telle une vaste doline.
Soudain, comme un effleurement de plume
Frissonne par un rayon ébloui.
Monde intemporel d'un écrin rupestre,
Se rêve une clairière extraterrestre.
Entre les lacs d'arbustes biscornus,
Volettent des insectes inconnus.
Sylve chthonienne
Dans la doline du Guangxi,
Parmi les fougères velues,
S’ébattent des guêpes dentues.
Vapeurs des forêts primitives.
Quand on s'imagine assailli
A coups de dards et d'incisives.
Des Sifflements télépathes
Les hommes primitifs ont gardé le pouvoir,
De la réalité prédire sans avoir.
Sauvages des sommets, à l’ondoyant pelage.
Et soudain s’effaçant des vues sur un alpage,
La sorcière du soleil cueille l’aspérule.
L’ancien de la montagne en sa pipe la brûle.
Car les mots sont appris sans qu’on les leur enseigne.
Le coquelicot de la prairie verte saigne.
Noctifer, Le porteur de nuit
La Fille perdue
Briséis, ô vierge rebelle aux yeux de biche,
Brisée par le joug orgueilleux d’Agamemnon,
Même alors au plus fier des héros, tu dis non !
Quand son courroux se déchaîna parmi la riche
Et fertile cité, réputée invincible,
La colère énorme épargna ton noble cœur.
Et lorsqu’il revint de ta famille vainqueur,
Traînant la chair écorchée d’Hector, impassible,
Ton port conserva sa grâce aristocratique !
Ravalant le poison d’une larme précieuse,
Dessous les blancs crachats de la foule injurieuse,
Avec dignité, te montras-tu sarcastique ?
Car au fond de ta pupille ardente et fragile
Se reflétait encor le fard du feu sacré
Sur l’écran ténébreux de ta sérénité,
O Briséis, qui résistas au tendre Achille.
Ego sum Monstrum
Inquiétude
Poème en langage des calamars
Visage soudain pris d’un rose pailleté,
Il devient progressivement orangé.
Tandis que s’empourprent les sourcils minuscules,
Comme un lent reflux d’encre, le corps vire au bleu.
Souple, la queue d’azur s’orange peu à peu.
Sourcils plus rouges ; frémissent les tentacules.
Les Marins alsaciens
Près d’un vieux chemin de fer désaffecté,
Abords d’une rive très peu connue du Rhin,
Rigolant avec leurs casquettes de marin,
Ils ont fini par m’accueillir, étrangeté,
Entre Strasbourg et Kehl, une chope à la main.
Le long des canaux, rouillent des bateaux anciens.
Derrière le rideau, des marins alsaciens.
Le Suceur de chair
Aux taches du soleil mêlé, tel un frisson,
Ecailleux mimétisme tapi, se confond,
Dormant en secret dans l’ombre, un pelacara.
Invisible en perspective superposée,
Stridule à sec la créature camouflée.
A la lisière où commence la selva,
Attend, brillant de l’intérieur, le pishtaco.
Le rôdeur glissant de la nuit cherche une peau.
Patiente, inerte, à peine à l’écart du village,
Croquemitaine andin, l’arracheur de visage.
Ego sum monstrum (Petit carnet faérique)
Songe
en miniature
1.
Tu t'étais transformée,
petite fée
A la chevelure toute emmêlée
Comme les fils
de racines terreuses.
Tu m'as accueilli dans tes souches
creuses.
J'aimais tant cette petite demeure,
Terrier où se
réjouissait ta famille,
Les poches remplies de gros
champignons
Dont les gonflaient d'odeurs les chapeaux
ronds,
Dans les bosquets rêvés aux fleurs mouvantes
Semblant
parfois des grenades béantes.
Ah ! me noyer sans fin dans tes
yeux noirs
Luisant ainsi que de petits miroirs,
Tandis que
nous nous effleurions la main.
Mais, à présent, bien loin, mon
âme pleure.
Sont parties, étranges, les voix chantantes.
Quand
j'ai parlé à ce jeune lutin
Fumant sa pipe avec un air
malin,
Soudain, s'est fanée la petite fête,
Dans la
seconde où j'ai tourné la tête.
2.
La
Mère obscure
La Dormeuse anormale,
Au fin visage
pâle,
Souvent, passait ses nuits,
Tous l'avaient
raconté,
Penchée sur le bébé
Avec ses yeux rougis
Dans
ses longs cheveux noirs,
A tousser. Tous les soirs,
On la
voyait sortir
De sous son arbre creux,
Dans un soupir
affreux ;
À l'ombre de son pas,
"Car ils ne viendront
pas !",
Un vieux de m'avertir,
Et j'entends
murmurer
Ses filles : me méfier
De ces buveurs de sang,
De
la maudite enfant.
Te
rejoindre
Je suis un chevalier faé,
Egaré sur sa
route, borgne.
Un hibou, Wotan ou Hérou,
Je suis la lueur
de ton œil.
La trappe du druide est un trou.
Le papillon
s'attrape et lorgne,
Butinant, sagesse, hébété,
Toujours,
se cognant sur le seuil.
Sans retour
Prends-moi la main, emmène-nous
Sous ta souche, par tes forêts,
Couche où les rêves s'étreindront,
Mousses parsemées de violettes.
Susurre-moi comme une plante
À la chair d'azur succulente,
Le suc sucré boisé des goûts
Où l'ire égara la raison.
La langueur des arbres, mouvante,
Seule, a su murmurer ton nom.
Des trompettes, éclos au son,
Pleurent les souvenirs discrets
Du fond des demeures secrètes.
Deux haïkus
Grenouille poilue
poignarde avec son propre os
biseau de bambou
D’un poisson femelle
souffrance psychologique
la confiance acquise
Poème relatif au temps et au futur
Un passage de L’Avenir est passé
Joël Gissy
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