dimanche 31 mai 2026

Juste karma


Juste karma

Notre espèce a bien mérité,
Toujours, des dieux la cruauté.
Un insecte comme une fée
Gratuitement écrasée,
Avec grâce, passait par là,
Quand un poing tueur, insoucieux,
Sur la table pour rien tomba.
Et s’enlaidit l’enfant curieux.

                   Joël Gissy





samedi 30 mai 2026

Haïku






Le rationalisme
parfois un déguisement
pour l’esprit étroit

                   Joël Gissy

Limite artificielle






Limite artificielle

Au-delà des conceptions du mimétisme,
Si ce qui distingue un amour de son objet
N’était que la conscience, alors aucun sujet.
Car l’attraction réside dans le magnétisme
Que son sentiment tel un aimant lui insuffle,
Comme Pygmalion ou Théophile Gautier.
Contraire d’un créateur, serait toujours mufle
L’homme rendu par sa froideur un peu bâtard,
Perdant le fondement de son humanité,
Même envers une idée abstraite, une œuvre d’art,
Que l’âme sensible est capable d’adorer.

                                         Joël Gissy

Le Prodige hermétique


Le Prodige hermétique

Secret d’un druide pythagoricien,
S’accomplit un miracle matériel.
Bien plus que la science du magicien,
Résonne l’écho de la Terre au ciel,
Influence réciproque en l’unique.
Conception globalisée en panique,
L’individuation, mise en abyme,
Résout le reflet de son autre intime.

                              Joël Gissy





Le Transport des Passions


Le Transport des Passions

Notre troisième œil ainsi qu’un chronoviseur
Contemple les vibrations des temps, suspendues.
De l’émotion l’intense catalyseur,
Scènes de tous les lieux ou tragédies perdues,
Comme d’une musique ancienne les fréquences,
Souvent aussi, réincarnations ancestrales,
Se promènent par delà ce monde les transes.
Les focalisations d’ardeurs subliminales,
Transcendant la frontière des dimensions,
Alors, dépassent les humaines perceptions.
Ainsi, se rejoignent deux êtres malgré l’ordre
Réel dont la contrainte semble se distordre.

                                       Joël Gissy





Haïku




Potentiellement
en soi rien n’est possible
future origine

                    Joël Gissy

vendredi 29 mai 2026

Génie miniature






Génie miniature

Dans la nuit parfumée où tremble sa lueur,
Frémit la lanterne infime, or, goutte d’un pleur.
En arabesques d’or, dans un cocon gothique
Comme le nœud d’un ovum anguinum celtique,
La fée afghane, insecte en nymphe d’un village
Secret, tisse les couleurs en robe mature
Révélant les splendeurs cachées de sa nature.
L’intime illusion d’opale imite un visage
Dont la trouble impression s’irise, spectrale,
Comme la vision d’une aube subliminale.
Sur la petite flaque aux reflets scintillants
Qui montent, semblant des pollens phosphorescents,
Son esprit libéré comme à fleur de l’eau danse,
Ainsi que de musique peuplant le silence.

                                            Joël Gissy

Gentil spectacle


Gentil spectacle

Tous les yeux des familles, ovation publique,
Soudain deviennent noirs, d’un mutisme amnésique.
Laissant tout tomber, les draps, les déguisements,
Sur la scène, commençait l’orgie incroyable
Sous le regard, même insensible des enfants.
Ils communiaient de sang à la gloire du Diable.
L’autre, admiratif, applaudissait, fasciné.
Je me cachai, recroquevillé sous un banc,
Quand vinrent les démons, comme pour contrôler,
Et circulant, circonspects, tout près de mon rang.
Le lendemain matin, aux tables de la veille,
Passèrent les évêques, prunelle vermeille,
Pour nous serrer la main et nous féliciter,
Bénédiction que je ne pus éviter.
Puis, mis à l’honneur par une ogresse au banquet,
On chanta, mais où nul ne savait mon secret.

                                             Joël Gissy





A la Fontaine






A la Fontaine

Tortue abandonnée aux mauvais souvenirs,
Du couchant mû des derniers oiseaux remontant,
Un sifflement émerge, flûté, de l’étang.
Près de la berge en feu, torture des martyrs,
Frissonnent les petits corbeaux tombés du nid
Cependant que le soir s’achève dans un cri.
L’ondine, ainsi qu’Otohimé de son palais,
Murmure au crépuscule un conte japonais.

                                         Joël Gissy

Filigrane holographique


Filigrane holographique

De rêves d’or civilisation silurienne,
L’enfant qui s’endort explore une crypte ancienne.
Par un labyrinthe inaccessible enfoui,
Dans les brumes, sylve jadis, pulvérisée,
L’antédiluvienne Babel se reconstruit,
Telle d’une nuée de sable illuminée.
Reptations emplumées de couloirs oubliés,
Vibre le cha-cha-cha sourdant d’autres cités.

                                       Joël Gissy





L’Erreur assumée






L’Erreur assumée

Momifié vivant, regarde au fond d’un esprit,
Mon espoir mort-né. D’en face, ainsi qu’en miroir
Maître des éléments comme un onmyōji,
La morne sagesse enfreint tout son vieux savoir.
L’impatience, ardemment, ne garde aucun secret,
Assurance innée, en un suprême respect.

                                     Joël Gissy

jeudi 28 mai 2026

Lectures en direct "Souhaits de poèmes"




Création microcosmique






Création microcosmique

Une découverte, aventureuse invention,
Du réel recréé par l’imagination
Illumine en jardin fabuleux les ténèbres.
Ayant croqué le fruit, soudain, la vision
Se révèle en formes aux couleurs éclatantes.
De la longue lignée héritière des fèbres,
Tel un serpentement, astronomique éon,
Se perpétue en Gnose aux mutations vivantes.
Et ce chemin hermétique d’Aborigènes
Reproduit les mouvements des Lois souveraines.

                                              Joël Gissy

La Flamme pure






La Flamme pure

Oublié dans un coffre, un antique démon,
Emprisonné, se cogne, inhumation de Wierzt.
Tel un animal dans sa roue, il tourne en rond.
Se révulse, aveuglé, l’œil occulte d’un thyrse
Comme un spectre entre les facettes d’un joyau,
Diamant bleu divinatoire, ou dans son pommeau,
Epée de Paracelse, ou du roi Salomon,
S’agitant tel un fou lié, dans son flacon.
Jack-in-the-box, impatient perpétuel,
S’amuït dans le noir mon invisible appel.

                                    Joël Gissy

mercredi 27 mai 2026

Le Sens quintuple



Le Sens quintuple

Valeur des prières en incantations,
Comme un poème aux impossibles traductions,
Le talisman, thélème hermétique, se mire
Par le Verbe où revit en direct un martyre.
L’égrégore animé croît dans les traditions.

                                      Joël Gissy

Nuit d’albe


Nuit d’albe

De l’aube revient la fierté mélancolique,
Couleurs déployées en mystère magique
Sur une danse slavonique de Dvořák.
Le druide chamane explore l’or du lac.
Par le sang illuminé des jours, la musique
Ainsi que les vapeurs d’un vin précieux, profond,
Miroite, élégie, un œil fixant le plafond.

                                     Joël Gissy





Haïku étrusque






Haïku étrusque

Naturalibus
ecce monstrum limpidum
sed hic mundusque

                  Joël Gissy

A la vostre mercy






A la vostre mercy

Telle imprégnée en musique aux vibrations
D’influences aux élévations sublimes,
Ton âme, à travers d’intangibles expressions,
Anoblit mon esprit de ses langueurs intimes.
La flamme tremblante intensifie une aura
Qui vibre et se colore d’un mauve incarnat.
Des illuminations sourdies des profondeurs,
Transmutation des plus insatiables douleurs,
D’un métal froid, sous ta brise, en baiser jamais,
S’attise la braise ointe en ton feu désormais.

                                        Joël Gissy

Non, tu ne l’es pas






Non, tu ne l’es pas

Les yūrei nous hantent, secrets inavoués.
D’une fusion d’amour hymne déchirant
Nous enlaçant vers les abîmes du néant.
Longues chevelures filtrant d’obscurités,
Langoureuses et séductrices des clartés
D’un Nirvana gigantesque et fusionnel,
Où s’ouvre d’une étreinte l’empire éternel.
S’oublie en ses noirceurs la gloire de Tristan
Aux élégies bleues des splendeurs du firmament.

                                              Joël Gissy

Les Poétesses


Les Poétesses

Enheduanna, merveilleuse aussi du nom,
Poupée au doux front de la Mésopotamie,
A Marie de France, aventure en faérie,
Insuffle, autre quête, un songe au septentrion
Où l’être se dédouble, incursion nébuleuse.
Brumeuse clarté de transe, autour de m’amie,
Pernette du Guillet, chevalière amoureuse,
Arrache en tournoi d’art à Louise Labé
La zébrure arthurienne en leur dualité.

                                Joël Gissy





Chant perdu






Chant perdu

Mon cœur explose pour vous comme en floraison.
Emplie, énorme et vaste souffle, ma poitrine
Semble s’ouvrir, désespoir d’extase divine,
Comme les deux ailes d’un aigle en pâmoison.

Malgré tous les vents contraires à sa raison,
La voile de mon âme inspirée où décline
Un soir ténébreux aspire, où il s’imagine,
Adorable inconnue, à ce rivage blond

Dont le gracieux visage avec intelligence
Invente des clartés sublimées par l’absence.
Douceur feutrée en une éloquence à l’ardeur

Délicate et sereine ainsi que la foi pure,
S’expriment les passions gardées avec pudeur.
Je vous contemple lui déclarant ce murmure.

                                         Joël Gissy

lundi 25 mai 2026

L’Astre de la Pyramide






L’Astre de la Pyramide

Symbole dont je rêvais sans le retrouver,
Ankh, rose en Delta, Monade Hiéroglyphique ?
M’est apparu de Tanit, déesse punique,
Le signe onirique, à ma vision révélé.
L’ont même vénérée en leur temps les Romains.
Nostalgie, enfin, des Guanches survivants,
D’Atlantes naufragés diluviens descendants,
Face de Baal intercédant pour les humains,
Semble s’être manifestée en Venus mère
L’antique figuration d’une croix berbère.

                                    Joël Gissy

Intrusion involontaire






Intrusion involontaire

Souvenirs confus d’une exploration urbaine,
Friche balnéaire, aventure marocaine.
Dans le soir intemporel aux flaques, l’été,
Des piscines algues, hôtel désaffecté.
Paix des jardins abandonnés aux soirs plaintifs.
Dans le coin, luisent des Jnoun, génies furtifs.

                                          Joël Gissy

Insoupçonnable






Insoupçonnable

Confondu dans un bestiaire de foire,
Tel un crapaud au faciès presque humain,
Surnaturel, un petit magicien
S’éclaire en secret de sa main de gloire.
Aux enfants, tout rabougri, le lutin,
Souvent, semble raconter une histoire.
Nasillant comme un air de cornemuse,
Emerveillé, le mignon crapoussin,
Content des jolis méfaits de sa ruse,
Des diableries de Crapoulet s’amuse.

                            Joël Gissy

Haïku






Limite intangible
se construit onirisé
le réel fantôme

                  Joël Gissy

Le Parvis des Dieux






Le Parvis des Dieux

Porte allant vers un ailleurs d’Amaru Muru,
Comme murée, aventure un rêve intérieur
Sa prémonition par un monde au regard flou
Dont se révèle, astral, au voyant la splendeur.
Gardée encor des vieux chamanes du Pérou,
Le prêtre des Sept Rayons détenait la clef.
Un éclat filtre au seuil quand luit la lune pleine.
Il est des lieux dont la frontière incertaine
Se révèle au seul dans longtemps déjà entré.

                                         Joël Gissy

Les Familiers inaperçus






Les Familiers inaperçus

Un papillon, comme une fée omnisciente,
Explore en vagabond le monde incognito.
Embrassant des bougies la flamme vacillante,
S’embrase en crépitant la pensée en sanglot.
Cliquette résonnant un arpège de luth
Dans le noir où frissonne un rêve au doux murmure.
D’un mur brut blessé marche près de la fissure
La mouche posée, avatar de Belzébuth.

                                      Joël Gissy




L'Hymne des Corbeaux


L'Hymne des Corbeaux

N'oublie pas Hugin et Mumin, épiques,
Survolant les champs de bataille antiques.
Benoît de Murcie, son gentil corbeau,
Un vrai symbole de fidélité.
Et parfois, ils s'offraient quelque cadeau,
En marque de sincère amitié.
Et si cette indéfectible mémoire
Nous berce de légendes qu'il faut croire,
Toujours, tant fidèle, un Américain
Avait su former un féal essaim.
Les oiseaux lâchaient des noix et des pierres
Sur la tête de leur ennemi. Fières,
Se sont révoltées les sombres légions
De ses amis venus, criant leurs noms,
Le ciel était plein d'un carnage rouge.
A sa suite, ils entrèrent dans le bouge.
Le chef des charognards, le regard digne,
Pour prouver son honneur, lui fit un signe.

                                Joël Gissy






dimanche 24 mai 2026

L’Illumination de la Conscience


L’Illumination de la Conscience

De la musique dans le corps vibration,
Se réveille d’émotion, comme un embryon,
L’idéal oublié, tel un petit génie.
Et de ses teintes remontant, l’aura varie,
Pareille à une flamme qui se purifie.
Beethoven, sensible en latente surdité,
Cette intuition de l’attente avait renforcé.

                                    Joël Gissy





Le Souffle éternel






Le Souffle éternel

Axe inconnu d’un autre parallèle,
De Gizeh au Triangle des Bermudes,
Cycle additionné de la Bête en elle,
S’alignent en prophétiques études
Les Portes entre le Ciel et la Terre.
Inclinaison balançant de la sphère,
L’Ouroboros d’un œuf couvé s’enroule,
Reflet d’un macrocosmique athanor.
Influence hermétique ainsi qu’un moule,
Océan primordial du Nombre d’Or,
La gouttelette inspire le Cosmos,
Firmament englobant de ses splendeurs
Constellées la magie en le Logos
Dont se répondent au loin les lueurs.

                               Joël Gissy

Poème de Loucas Rama


Merci infiniment à Loucas Rama pour cette dédicace poétique !



Ils vivent toujours


Ils vivent toujours

Traces de pieds palmés connues des Alsaciens,
Près des grottes où, petit peuple pétrifié,
Ils avaient sculpté leur chapelle dans la mine,
On se souvient, pauvre amoureux, d’un roi des Nains
Qui, mort de chagrin pour avoir été moqué,
Avait taillé, même, une rose adamantine.
Des Korrigans bretons aux Cagots charpentiers,
Charmantes Laminak des Pyrénées, des hommes,
D’une origine secrète aux pouvoirs magiques,
Ont vécu, d’Ambroise Paré dans ses cahiers,
Cuisant dans leurs mains comme fiévreuses des pommes !
A l’écart du village, en des huttes rustiques,
Restent les descendants bâtards des « chiens de Goths »
Dont perdure encor la mémoire merveilleuse,
Ou de tunnels d’argent aux mystérieux échos
Quand circule au soir une rumeur lumineuse.

                                          Joël Gissy





L’Ancêtre endormi






L’Ancêtre endormi

Dans la brume obscurcie imprégnant son haleine,
Semble respirer, rêvant, un antique chêne.
Protecteur du hibou, cicatrisé d’un cerne,
S’ouvre, onirique, en refuge ami sa caverne.
Songe ainsi qu’un guerrier dormant le dieu branchu,
Dont s’allonge la barbe en parterre moussu.
Comme un visage imprimé du tronc se boursoufle
Tel un angélique Eole aux points cardinaux
Gonflant l’écorce de ses joues avec son souffle.
Le Père Arbre, étranger des esprits animaux,
Onde le feuillage animant, se confond
D’émeraudes mêlées à la végétation
Camouflant sa cotte en joyaux comme un dragon
Dont court en serpentant le verdoyant frisson.


                                         Joël Gissy


samedi 23 mai 2026

L’Autre



Du haut d’une tour altière,
Solitaire comme une crypte,
Humide comme un cimetière,
Parmi les parchemins d’Egypte,

Je veux finir mes vieux jours,
Plié sur un fauteuil mité.
Des toiles style Pompadour
Hausseront la solennité

La pompeuse désuétude
Et l’exotisme rococo
De cette décadente étude.
Dans un décor de madrigaux,

Mon lit, apprêté pour le deuil,
Attendra paré de soie fine,
Entre quatre vases de Chine
Eclairant le vide cercueil

De leurs cierges sans chaleur.
Avec, dehors, les chats miauleurs
Pour angoissante compagnie,
Amèrement humant l’absinthe
A la santé de Des Esseintes,
Je sombrerai dans la folie,
Vieillard haineux et misérable,
Secoué de rires coupables.

                                Joël Gissy


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