Todtenbaum
Chêne planté dès la naissance,
Qui deviendra son sarcophage,
Barque onirique, au soir, commence
Du défunt le premier voyage.
L’envol ténébreux qui se plombe
S’enfonce dans la nuit qui tombe.
L’arbre où se réfugie au creux
L’oiseau nocturne psychopompe,
Quand hulule un cri caverneux,
Dérive, lent, sur les eaux sombres.
Du guerrier résonne la trompe
Vibrant sur les marais brumeux
Où, sans voix, attendent les ombres.
Joël Gissy

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