Les poèmes de la lecture en direct du 17 avril 2026 sur Instagram

 

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Inspiration d’Or


Le Monde s’organise en immense égrégore

Né des profondeurs de l’inconscient collectif.

Palingénésie mue d’un courant primitif,

La pulsation s’accroît toujours avant d’éclore.

L’existence, en réification théurgique

Peuplée de tulpas, prend forme, aura de musique

Dont l’onde s’alourdit, décantée en matière

Vibrante et condensée ainsi que la lumière.

Rayons ultraviolets d’un chant d’infrabasse,

D’autres dimensions bien plus évoluées

Rêvent, tel un démiurge en vivantes pensées

Et l’esprit dans soi-même infiniment trépasse

Où l’Unique évolue à travers les regards

Tentaculaires de chaque être en des hasards

Dont la coïncidence accroît la perfection

Au détail près de sa démultiplication.



(Méditations lyriques, 2016)


Bilocation chamanique


En une soudaine ébullition ventriloque,

Prémice à la bilocation, le ru se moque

Gazouillant entre la pierraille ainsi qu’un pleur.

Salamandre écumée de la bouche entrouverte,

Au pied d’un arbuste au chèvrefeuille embrasé,

Du trop confiant et juste oublieux dormeur,

Un double inconnu à son oreille disserte.

Verte métamorphose, en cette ubiquité,

Labourera dans la nuit l’œuvre du semeur

Les gestes inconscients du travail familier.



Le Doggala


Des enfants vampire-chien

D’un Sundgau lovecraftien,

Le lycanthrope ancien rampe

Vers les petits sans défense.

De la stuwa sous la lampe,

S’essouffle, au reflet qui danse,

Le frisson de l’innocence.



Inquiétude


                                           Poème en langage des calamars


Visage soudain pris d’un rose pailleté,

Il devient progressivement orangé.

Tandis que s’empourprent les sourcils minuscules,

Comme un lent reflux d’encre, le corps vire au bleu.

Souple, la queue d’azur s’orange peu à peu.

Sourcils plus rouges ; frémissent les tentacules.

                               


Le Papion cynocéphale 


Le babouin coiffé de son némès organique

Semble un scribe au flegme sage et contemplatif.

Sous une charmille en moudhif prédynastique,

Médite, archétypal ainsi qu’un hologramme,

L’avatar calme au regard faussement plaintif.

Mais son croc pourfend, acéré comme une lame

Ou l’ivoire éclatant d’un précieux calame.

Couvert de ses bijoux, le singe semble un masque

Funéraire irisé par le sable en bourrasque.



L’Orgie mythique


Banquet de Tantale, immolant son propre sang,

Immonde ripaille aux convives surhumains,

On dévora la chair sacrifiée de l’enfant

Lors du plus tentateur et divin et festins.

Le papillon flamboie au sein du coryphée.

Le cheveu dont pendait l’épée radiesthésique

Au-dessus de la fontanelle couronnée

De Damoclès, afin d’accroître la panique

De son plaisir, nivelle un plan philosophique,

Vampirise son corps l’espérance fatale,

Seul invité mortel de cette bacchanale.



Le Doppelgänger


Je me demande parfois si ce n’est pas moi

Le double maléfique, à la fois loin mais proche

D’un homme innocent, tel un spectre qui s’accroche.

Soudain, l’air devient de plus en plus sombre et froid.

Voici qu’éclatera la funeste rencontre

Comme un miroir où frappera sa tête contre,

Ou par le flux tapageur d’une rue passante

Une inconscientisable et soudaine épouvante.



L'Image des yeux fermés


Claire énigme, arde un Codex Sinaiticus.

Le vent mord le secret de la pierre qui vire,

Menhir horizontal d'un druidique empire.

Verdoie au loin la lionne innée de Sirius.

Trigonométrie de labyrinthes tombeaux,

Se mêle l'outre-noir d'éblouissements nouveaux.



Les Menhirs morts


Les monolithes déracinés

Sont des orphelins astronomiques.

Mais, points de repères hermétiques,

Songent les vieux rocs désaffectés.

Sur la crête sauvage embrumée,

Colère jamais accumulée,

Respire, feux anciens, la fumée

Le rêveur qui s'éveille au matin

Sur un lit parfumé de sapin.



Le Suceur de chair


Aux taches du soleil mêlé, tel un frisson,

Ecailleux mimétisme tapi, se confond,

Dormant en secret dans l’ombre, un pelacara.

Invisible en perspective superposée,

Stridule à sec la créature camouflée.

A la lisière où commence la selva,

Attend, brillant de l’intérieur, le pishtaco.

Le rôdeur glissant de la nuit cherche une peau.

Patiente, inerte, à peine à l’écart du village,

Croquemitaine andin, l’arracheur de visage.





Grenouille poilue

poignarde avec son propre os

biseau de bambou


Beaucoup sont des rats

Apollon préserve-nous

de l’épidémie




Ego sum Monstrum, fin 2024


Te rejoindre

Je suis un chevalier faé,
Egaré sur sa route, borgne.
Un hibou, Wotan ou Hérou,
Je suis la lueur de ton œil.
La trappe du druide est un trou.
Le papillon s'attrape et lorgne,
Butinant, sagesse, hébété,
Toujours, se cognant sur le seuil.



Tako to ama


Le poulpe enlaçant le sein de l’ama,

Femme de la mer, aspire la noix

De sa conque, écho de Kamishima,

En longs claquements qui semblent, sans voix,

Un gloussement muet mais éloquent.

Des crispations, langueur érotique,

Un tentacule insinue en glissant

Son rêve hésitant. Les muscles se bloquent,

Contractés des chouins d’un spasme élastique

Entre les clapotements qui se choquent.



Songe d’Ished


Murmurent les poires de lune,

Tels des grelots phosphorescents

De lucioles scintillants.

Baignant l’obscurité, chacune

Des corolles en pluie sourit

Ainsi, que des belles de nuit.



Atypidae


Deux mygales dodues et violettes,

Jarretelles tissant des tyroliennes,

Et, regard globuleux, que tu descendes.

Le chat veut participer à la fête,

Il se fait dévorer par ces soubrettes.

Nés de la douleur, de joyeux phosphènes,

Ballet couinant de ces poupées friandes,

Dansent dans la mansarde de la tête

Ainsi que le goût d’amères amandes.



Paréidolie du Réel


Un soir familier, dans le sec et froid silence,

D’une ombre à l’angle trop accepter l’existence.

Le solitaire imagine la perspective

Au coin du plafond, pour l’enfant, dans son armoire,

Sous son lit, sur une chaise. Il se met à croire

De son propre regard à l’angoisse intrusive.

Entre voir et être vu, quelle différence ?

Comme le chat enfermé dans sa boîte noire,

Se réalise un doute avec impertinence.

Ne pas médire des morts, simple hypocrisie

Ou, d’une crainte impalpable, paralysie ?

Ainsi fonctionne souvent la malédiction

Ou la réalité de toute perception.

Le cri muet n’ose appuyer sur le bouton.



Baiser mortel


Mélusine, sinueusement, avait fui,

Ondulant, tel un gracieux serpent à demi.

Vole en battant des ailes autour du donjon

La fée par pudeur évadée, comme un dragon.

Succomber dans l’étreinte, agonie enchantée,

Subtil enlacement de sa froideur lovée.



Haïku


D’un poisson femelle

souffrance psychologique

la confiance acquise



Carnageval


Février, lourdeur vaporeuse, âpre désert,

Des brumes, mer sylvestre où couve la tempête,

Des esprits tout près s’ouvre le temps qui s’arrête.


Je suis né au cœur d’une nuit de fer.

De la foule orgiaque, métamorphoses

Pour honorer l’inversement des choses.



Tristesse de Zéphyr


(que vous pouvez écouter sur tous mes réseaux et mon blog, accompagné par Kezia à la guitare)


Pleurs d’Aphrodite mêlés au sang d’Adonis,

Naquit Anémone ainsi qu’une pâle iris.

Telle un enchantement du sorcier de Hongrie

Brandissant, détournée, la Lance du Destin,

Dont sonne l’oreille aux splendeurs de sa magie,

La fée végétale, en déployant un jardin

Autour de son minois semblant d’un séraphin,

Luxuriance épanouie d’un verdoyant feuillage

Dont éclot, tôt dévoilé, le secret visage,

Frissonne en étouffant de noire fumagine.

Le crépuscule en ses nervures imagine

La gracile harmonie qui déjà se résorbe,

Inspirant d’une lune nuageuse l’orbe.

Harcelée d’insectes vampires assoiffés

De ses larmes aux tressaillements parfumés

Et, fanée, se dérobant sous un soupir tendre,

La faérie s’affaisse en un monceau de cendre.




Croquant un chaton

une petite balade 

noisetier d'automne 




Février finissant 


L'alignement des planètes qui vient bientôt 

A ouvert une communication spirite

Ou, comme l’attraction d’une météorite,

En cet arc où Vénus chevauche son gémeau.

Les gemmes frissonnent entre l'espace immense 

Et, jusqu'à nous, la proximité se condense.

Le promeneur semble parler en solitaire,

Mais des prémonitions au cœur s'ouvre la sphère.



Attendrissement


Je suis pareil à ces hippocampes d’Ilion,

Qui par milliers, amicaux, vont voir les plongeurs

Parmi l’espace scintillant des profondeurs,

Et meurent soudain à la première émotion !


Avant de remonter, triste nuée de corps,

Les petits équidés, mignons et pleins de grâce,

Font un ballet aquatique, et plus d’un embrasse

Du bout de sa trompe aimable, en ces beaux décors,


Le curieux qui les trouble, et l’aime et l’accompagne.

Alors, vers la lumière ondoyante il regagne,

Porté par l’écume oublieuse aux plages claires,


La vaste éternité dont à peine affleurait

Ces myriades de consciences élémentaires

Dont s’éteint en un souffle indistinct le secret.



La Mort de Clarimonde

 

1.

 

Le ruisseau pâle écumait ainsi que la frange

En réseau d’opale écru sous la lune rousse,

Des nuages les fins rubans de cheveux d’ange,

Effilés parmi l’écran bleu de la nuit douce.

 

Et ce brouillard parfumé de mousse et d’oronges,

Blanchâtre en ondulant, semblait la pépinière

D’un village endormi peuplé de mornes songes.

Puis, le flot s’épandait au proche cimetière

 

Parmi le végétal enchevêtré des stèles,

Comme un serpent sans fin dont les boucles mortelles

Etreignaient ce mirage étrange et vampirique.

 

Car ce chaos que baignait un remugle immonde,

Epanché par la brume, empourprait à la ronde

Un caveau qu’irisait un courant tellurique.



2.

 

Etouffée par la soie de son coussin violet,

Pareil à la paupière endormie d’une goule,

Cependant que sa chevelure d’or s’enroule

Dessus le frais satin d’une gorge de lait,

 

On voit frémir un pieu, perçant ce corps si grêle,

A l’éclat faiblissant des rayons de la lune.

Ses larmes, vermillon, s’écoulent une à une,

Et or qu’un prêtre pieux à ce rythme martèle

 

La poitrine où palpite un sanglot sans chaleur,

Etreignant son linceul d’une main diaphane,

Le pauvre être grelotte en perdant sa couleur.

Au calvaire empalée d’un sacrement profane,

 

Ainsi qu’un papillon agrafé sur sa planche,

La petite amoureuse agonise en tremblant.

Et pourtant ! que de grâce obscure en ce sein blanc

Où perle une toison dorée jusqu’à la hanche.

 

Son fin cil bat de l’aile, et tandis qu’elle expire,

Renaissant aux cieux des peines rituelles,

Artisan consciencieux des voies spirituelles,

Le cruel Sérapion contemple la martyre,

 

En un rire infernal, de sa lubricité.

Cependant, le mignon visage, en un sommet

De splendeur angélique, humblement, se soumet,

Simple envol, au flétrissement de sa beauté.



Le Regard de l’Océan


Les alevins du sébaste blanc s’ébattant,

Tels, translucides, de tout petits hiboux bleus,

Hissent comme curieux leurs têtes aux ronds yeux

Ainsi que de bésicles au jaune éclatant.

Le poisson-chèvre se faufile entre les roches,

Capricorne fluide en fuite insaisissable.

Scintille, mordoré, d’un nuage de sable

Le refuge d’un mimétisme aux teints si proches.



Thug life


Dans une ruelle, à la descente d’un train,

Essaim surgi de nulle part, un Thug, soudain,

Etouffe un voyageur de son mouchoir caché.

Confrérie ancestrale à Kali sacrifiant,

Déesse langoureuse aux crânes en collier,

Hier encore, avec un rire sympathique,

L’étranger joyeux levait son whisky, confiant.

Mais le rhuma l’essouffle, étreinte narcotique.

Un chant en râmasî, secrètement, murmure.

Ondule dans la nuit la séduisante obscure.



Chrestos agnostos


Fantôme d’un enfant, l’initié ressuscite

Comme un soleil immobilisé qui lévite.

L’incrédule a voulu toucher ses plaies ouvertes.

Le traître complice accomplit le rituel,

Insidieusement par ses gestes offertes,

Apôtre préféré, non par les clefs du Ciel.

Le Phrygien, l’enfourchant, sacrifie le Taureau,

Dompté, tel un destrier sauvage au galop.

 


Les Halieutiques de Delphes

Dans les couloirs d’un temple où les dauphins s’ébattent,
Qui donne sur la mer d’un bleu vésuvien
Pénétré par le ciel rose aux moiteurs timides
Qu’arrosent caverneux leurs rires qui éclatent,
Deux sirènes hybrides, montées du bassin,
S’enlaçant guident parmi ces canaux limpides
L’étranger que caresse un ballet chimérique.
Il s’abandonne au son de trompes et de conques,
Etranges, comme émanées d’invisibles jonques !
Et porté par ces flots en leur grotte aquatique,
Nageant tel un centaure, l’autre explorateur
Contemple des dieux philistins sous cette crique
Que balaie sa mémoire en un éveil trompeur.



La Fosse de la Goule


Profondeurs d’encre obscures pour l’éternité,

D’un revers de sa cape en parapluie palmé,

Rougeoyant dans le noir, aux yeux opalins bleus,

Ancêtre incompris, le vampire des abysses,

Sidéral, répand un nuage lumineux.

Comme un intrus drapé caché dans les coulisses,

Recouvrant de sa main gantée une carcasse,

D’un acide baiser qui déjà le digère,

Echoué des rochers baignés par le soleil,

Plonge son bec secret dans ce corps de rascasse.

Là-bas, varie et gronde une complainte amère.

Mais soudain retourné dans un éclat vermeil,

Comme un cavalier dans la nuit qui s’élance,

S’enfuit le céphalopode avec élégance.



Contemplation furtive


Trois préaux azurés, fenêtres d’une Cène,

Accédant aux sept portes de cour sumérienne,

Le labyrinthe est bordé de paroles sages.

Face à face, ne se répondent les visages.

Au loin vers l’Est rougeoyant, silencieuse, Ishtar

Porte son flambeau, phosphorescent sur le tard.

D’un loculus le hersage équilatéral

Arde en secret comme un athanor nuptial.



Tableau symboliste


Le chat Cicéron


Chat noir dans un bouquet de passiflore,

Ainsi qu’en un panier de montgolfière,

Le bosquet fructifie avant d’éclore.

Le nombre des organes subodore

Les arcanes d’un souverain mystère.



Le Remède


Comme d’un chien rôdeur, la bouche tuméfiée

Du complice tremblant crache de la buée.

Dans le noir, soir automnal, pas une parole.

Un brouet mystérieux siffle à force de frire.

Autour d’un feu furtif, dans une casserole

Cabossée, les neveux, cénacle réuni,

Au cimetière ancestral une froide nuit,

Cuit dans l’eau de vie, mangent le cœur du vampire.



Crapulence caséique


Sorcière artotyrite enivrée de stilton

Comme un lutin recouvert de pénicillium,

Commence en grimaçant le délire onirique.

Du limbe ou des contrées englouties de Dagon,

Explore, ombres de la nuit, œil de solanum,

Tel un rêve enfantin, une intime panique.

A la porte, gardien vaguement menaçant,

Du miroir se superpose un spectre agaçant.

Où est l’interrupteur ? Le cri siffle, inaudible.

La course tourne à vide. Hogier poursuit sa cible.



La Fleur de la Culture


La civilisation n'a de valeur

Que si elle dompte autre chose.


Autrement, la décadence nécrose

Le courage appelé le cœur.


Le respect qui naît des forces égales,

Des samouraïs et chevaliers.


La courtoisie cordiale entre guerriers.

L’épée s’équilibre, énergies axiales.



Le Coup de foudre


Du Chaos réorganisé d’encastrements,

D’un cataclysme inconnu malgré le martyr,

De l’Univers, matrice originelle, issir.

Derrière à peine, aux yeux, par de courts filaments,

Cœur battant dans le crâne ainsi d’une crevette,

Le temps de la conscience, en reculant, s’arrête.

D’un à-coup imprévu, d’amour en un élan,

L’hippocampe a craqué, de cet assaut violent.



La cacophonie

plus rien de beau ni de noble

l’été se réjouit




L’Œuvre de Strasbourg


Le vent du Diable court, transparent destrier,

Autour du grès de la cathédrale gothique.

Le clocher perce un crépuscule énigmatique,

D’une seule flèche en lancettes, hérissé.


Le Prince de ce monde au parvis figuré

Présentant la pomme de la Gnose, ironique,

Au Pilier des Anges, en extase esthétique,

De l’édifice achevé reste prisonnier.


Par la crypte, du lac le souterrain abysse

Où chemine une barque au fond du précipice,

Dessous un puits condamné, clapote en secret.


A l’intérieur d’une colonne, se débat

Le démon, secouant la pierre, et, cri muet,

Vibre un sol natal qui sa grand-mère engendra.



L’Ether fixé


L’impureté de la matière n’exclut pas,

Par sa lourdeur, la transmission des énergies.

Vibrant, telle décantation, prédéfinies,

Les maisons hantées, même, attirent le trépas.

La pierre sacrée fixe, dolmen, cathédrale,

L’intention d’égrégores, subliminale.

Ainsi, la Connaissance aux mondes invisibles

Rejoint les constellations des terres sensibles.



Cauchemar primal


Comme un coucou sinistre, un tigre des cavernes,

A dents de sabre, languissamment, aux yeux ternes,

Sort la tête et surgit lentement par le seuil.

D’un frisson paralysé, comme un écureuil,

Le chasseur recule, inconsciemment, sous la herse

De la gueule au béant gouffre qui son flanc perce.

Dévoré, désespérément, vers le village,

Tel un nageur échoué rampant sur la plage.

La Foudre d’Italie


Le Monstre de Ravenne au pied de came-cruse

Aquiline et pourtant, halieutique, écaillée,

Comme un enfant coiffé d’une mèche enflammée,

Pour avertir la foi mais condamner la ruse,

Lève en ypsilon ses bras de chauve-souris.

Les pieux et loyaux sujets du bon roy Louis,

Mort de luxure crapulente, ont triomphé.

Sur l’abdomen masculin d’une croix marqué,

L’engendré semble un Baphomet portant des seins,

Symbole du choix à la croisée des chemins.

Le douzième du nom, pourtant, fut oublié.



(pour les personnes qui ne connaîtraient pas la Cam-cruse)


L'Abomination des Pyrénées 

 

Ne se nourrissant que de son carnage cru,

La Came-cruse, enfant ogresse, avait mangé

Une cuisse, à son insu. Métamorphosé

En jambe, son corps nu avait développé

Un oeil et sa mâchoire en sourire dentu.


                                                            Joël Gissy



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