Du haut d’une tour altière,
Solitaire comme une crypte,
Humide comme un cimetière,
Parmi les parchemins d’Egypte,
Je veux finir mes vieux jours,
Plié sur un fauteuil mité.
Des toiles style Pompadour
Hausseront la solennité
La pompeuse désuétude
Et l’exotisme rococo
De cette décadente étude.
Dans un décor de madrigaux,
Mon lit, apprêté pour le deuil,
Attendra paré de soie fine,
Entre quatre vases de Chine
Eclairant le vide cercueil
De leurs cierges sans chaleur.
Avec, dehors, les chats miauleurs
Pour angoissante compagnie,
Amèrement humant l’absinthe
A la santé de Des Esseintes,
Je sombrerai dans la folie,
Vieillard haineux et misérable,
Secoué de rires coupables.
Joël Gissy

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