Œuvres d’art d'après mes poèmes



L'Anachorète et la Figue, Marcel Helfer, 2016 ( grand format rotring)

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L’Anachorète et la Figue

Dans un château cathare, au fond d’une chapelle,
J’imagine, or que je traverse la garigue,
Un bonhomme à genoux, qui soudain m’interpelle
Et, debout en froc noir au versant, d’une figue,

A l’étranger offrant tout son bien et son aide,
Me tend le miel comme un remède à ma fatigue.
Puis sans me déranger, suivant la pente raide,
Me voyant mordre au suc vermeil avec intrigue,

Il m’emmène à son pieux logis d’un air pensif,
Et, soudain penchant son corps maigre et maladif
Devant la porte de vigne vierge et de lierre,

Marmonne d’un ton rauque ainsi qu’une crécelle :
« N’ai-je pas mal agi de baiser la matière
Et risqué le salut de mon âme immortelle ? »

                                           Joël Gissy




Illustrations d’Adèle Haller au poème "Fantaisie nocturne", 2016


Fantaisie nocturne

Au moment de la nuit où la sylve a des yeux,
Or qu’à l’épuisement s’enrhument les babils
Des courlis ainsi que des sylphes silencieux,
Quand les saules pleureurs écument de leurs cils

La vase du marais qui s’endort et pétune
Un nuage estompé par le flambant reflet
Des feux follets mêlés aux rayons de la lune,
Mon souffle est prêt de s’éteindre et mon cœur se tait

Comme pour vibrer au chant des chouettes chevêches.
Alors, des constellations d’ondines revêches
Embrasent leurs auras de sinople éclatant

Dont la chandelle ubuesque expire en grésillant
Tel un prisme ardent à chaque fois que la brise
Tourne la feuille argent des aulnes qu’elle irise.

                                              Joël Gissy



Ma tête par Nathalie Fatiha Gasser-Aouni



Illustration de Jeanne Lobanova, 2025


Nécrose 

La vie s'organise en la Vallée de l’étrange,
Plus étrangère qu'un dauphin dont le cerveau 
Peu à peu ressemble au céphalopode et change
Vers la similitude d'un humain nouveau
Ou la ressemblance aux marsupiaux imitant
Les stratégies de nos animaux pour l'instant.
Au siècle artificiel par bêtise accroupi,
Croupit l’inanition ravalant son oubli.
La mutation s’amuit en mutilation.
C'est du cycle accompli l’apophallation. 

                                    Joël Gissy 



Portrait d'après mon poème "Complicité intime", Toma Bru No Erik, 2025


Complicité intime 

L’ultime but n’étant pas de faire souffrir,
Mais d’inspirer le désespoir pour pervertir,
S’insinue la caresse aimable de la haine.
Avec une élégance vénéneuse, entraîne,
Servile afin de flatter, l’orgueil libéré.
Colère contenue, griffe la volupté.

                         Joël Gissy


Improvisations picturales de Rola, 2025 :



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