samedi 12 novembre 2022

Après-midi poésie et musique à Richwiller 2022

 

Après-midi poésie et musique à Richwiller.






Extrait :
Désir et Musique
Les frissons du désir, enfants de la musique,
Submergent un esprit et s’enflent dans nos chairs
Comme un orage empli de spasmes électriques.
La vague énorme semble emporter par les airs
Le cœur que transporte son élan pathétique,
Soudain précipité en de lointains éthers.
Et dans un océan de rayons prismatiques,
Il s’ébat, quand frappé d’innombrables éclairs
Qui s’abattent sur lui, foudre accusateur,
Leur éclat le soustrait à cette apesanteur.
Alors, pareil à l’oiseau transpercé d’un trait,
Fracassé contre la berge en mille explosions,
Se débattant parmi d’affreuses convulsions,
Son battement se meurt ainsi qu’un menuet.

Fantaisie japonaise
Sur le dos massif d’une tortue torturée
Par les enfants, vers le palais d’Otohimé,
Déesse aux cheveux comme une algue entrelacée,
S’en va le garçon, des mers en l’onde enlisée.
D’un paysage bleuté sombrant, nuancé,
Par des cavernes sous-marines remonté,
L’animal reconnaît sa générosité.
Quand, soudain d’êtres inconnus environné,
Le sage ancien s’oubliant s’est réincarné.

Joël Gissy

mercredi 17 août 2022

Momifié vivant

 
Momifié vivant
 
Je suis un stylite au sommet de son ivresse,
Environné par l'iris d'une vierge druze.
Le regard de l'Ange a stylisé ma paresse
En une fleur de lys abyssale et confuse.
Les couleurs sont passées, par le blanc diffractées.
Dendrites aux tukdam par les Klystys chantées.
 
Joël Gissy
 
 
 

Rêves et parfums au Lazaret de Sète - Août 2022

 
Soirée poésies parsemées de chansons "Rêves et parfums" au Domaine du Lazaret de Sète - Le 15 août 2022
 
 
 

 
Extrait :
 
Songe diluvien
 
1.
 
De chaque rêve, m’efforçant à retenir
Ce poème, je m’éveillais, le griffonnant,
Des palissades de Sumer, Mayas ou Tyr,
D’une tour médiévale, en Grèce, vieux savant :
 
2.
 
Labyrinthe aux odeurs de guimauve et d’absinthe,
Le bateau craque ainsi qu’une sylve enchantée
Qui grince en fond de cale en musicale plainte.
Tunnels cerclés sans fin d’une voûte boisée
Où balance une lanterne verte accrochée,
Le foudre semble une arche de cèdre égarée.
 
 
Mi-ombre
 
De ma bouche embrumée par des rêves ambrés,
La fumée s’en va comme une albe chevelure.
Maturation sans fin d’intuition future,
Se forment les embruns d’illusions marbrés.
De spirales brisées en les volutes d’or,
Les reflets d’algorithmes s’enroulent en un
Tels les échos d’un rythme pythagoricien,
Dans un nuage déployant son nombre encor.
 
 
A travers les cristaux
 
1.
 
Par une noire pierre de solstice
Près des Pierres Blanches, en l’interstice
Fendu sur le sommet du Mont Saint-Clair,
Refuge d’hermites, puis de Cathares,
D’un ancien temps préhistorique, un vert
Rayon, frappe le roc des dieux lares.
L’Apocalypse en tout est permanente
Et se dévoile à mi-chemin de pente.
 
2.
 
L’au-delà creux d’une vie parallèle,
Rêve d’âmes gigognes, se révèle.
Dans un utérus thanatonautique,
Vers la lueur d’un soleil souterrain
Forçant du temple la porte d’airain,
Au puits, l’enfant me guide, énigmatique. 
 
 
                                                   Joël Gissy  
 

mardi 26 juillet 2022

Le Couronnement

 

Mentionné en 2017 dans le mémoire de Master de Mélanie Papot-Libéral, Université de Lyon en sciences humaines et sociales, Le Dragon Rouge : éditions et réception d’un grimoire à l’époque contemporaine. Un travail très fouillé, pour ceux qui connaissent l’histoire et le contenu de cet ouvrage. 
 

                                                                                                      Joël Gissy

 

Lire le mémoire de Mélanie Papot-Libéral : 

https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/67765-le-dragon-rouge-editions-et-reception-d-un-grimoire-a-l-epoque-contemporaine.pdf

 

 

lundi 25 juillet 2022

La Momie de la Tourbière

 

La Momie de la Tourbière
 
Parmi l’entrelacement noueux des racines
Des vieux aulnes dont ploient à fleur de l’eau les rames
Chargées de lianes terrestres fleuries d’ondines,
Baigné de murmures où circulent des âmes
Au vert scintillement des lucioles, lanterne
Tressée de lierre, aux nuits d’été son corps hiberne.
De la tourbière étendu sous la surface,
Les yeux clos, contemplant l’invisible, face
Au ciel, le druide rêve en la sphaigne, momie
Prolongeant le songe, à l’infini, de la vie
Vers des contrées dont seul l’enfant connaît le nom.
Sommeil méditatif, jusqu’à la conjonction,
Dans un rouge éclair, où la tribu, sa famille,
Viendra l’extirper, lueur d’un flambeau qui vacille.
 
Joël Gissy

 



 

La Panique de Cernunnos (voir texte tapé en fin d'article)


 

La Panique de Cernunnos


Perpétuelle expansion du nœud fermé,
Complexe aux bois de Cernunnos entrelacé
En verte frange après les branchages moussus,
Le dragon se confond dans les chênes barbus.
Quand il vient à pas échassés sur ses sabots,
Au détour de la clairière, des marigots
D’un sentier de cerfs ; ou triomphant est juché
Assis en fleur pour la maîtresse du rucher
Son thyrse en caducée à ce serpent offert
Ainsi qu’un trône où Mélusine ouvre sa chair,
Naturel sauvage et sagesse en doux bourdon
Grand Tout bestial accouplé à sa conception !
Vaisseaux de la sylve aux brumes aérienne
Qui court de l’humus dans les noirceurs, souterraine,
Dont la conscience à l’homunculus est semblable
De l’humain par sa double nature insondable,
Il tremble, fœtus dénudé par l’existence
En soi enfouie de sa potentielle omniscience. 

 

Joël Gissy 


mardi 1 mars 2022

Désir et Musique

 
Désir et Musique
 
Les frissons du désir, enfants de la musique,
Submergent un esprit et s’enflent dans nos chairs
Comme un orage empli de spasmes électriques.
La vague énorme semble emporter par les airs
Le cœur que transporte son élan pathétique,
Soudain précipité en de lointains éthers.
Et dans un océan de rayons prismatiques,
Il s’ébat, quand frappé d’innombrables éclairs
Qui s’abattent sur lui, foudre accusateur,
Leur éclat le soustrait à cette apesanteur.
Alors, pareil à l’oiseau transpercé d’un trait,
Fracassé contre la berge en mille explosions,
Se débattant parmi d’affreuses convulsions,
Son battement se meurt ainsi qu’un menuet.
 

Joël Gissy





mardi 22 février 2022

N'allez pas là-bas

N'allez pas là-bas


L'entité du Mont des Morts chante en infrabasse.

Sur la neige embrumée, l'autre univers dépasse.

La voix broie d'un bruit coi le squelette, et terrasse

L'intrus né, nez-à-nez, comme un monstre sans face.

Courant nu sur le col de Dyatlov, on trépasse

Une dimension où l'illusion s'efface.

Chacun comme en un reflet à l'envers se chasse.


Joël Gissy



dimanche 13 février 2022

Lecture de poésie chez Emma

 

 Quelques poèmes de la soirée :

Tonalité de l’Instant
Forêt diaphane ainsi que d’albâtre theutois,
L’automne en Brèche d’Alep d’éclats violacé
S’étonne d’un Languedoc incarnat, jaspé
En des teintes fleur-de-pêcher dessus les toits.
Tout de Rance immortel par cet été indien,
Il semble que du crépuscule éternisés
Descendent, figés en méandres anisés,
Les blonds sereins d’un Paros presque sarcolin.
-
Petit poème sur les origines de la Saint Valentin :
Lupercales
Au fond d'une grotte aux loups du Mont Palatin,
Le bouc est sacrifié comme un Faune. Impatientes,
Agitée par les bergers enduits de son sang,
Sa peau lacérée fouette à nu le sein blanc
De la foule en liesse à nouveau des passantes.
L'aveugle lit le billet de son Valentin.
-
Inquiétude
Poème en langage des calamars
Visage soudain pris d’un rose pailleté,
Il devient progressivement orangé.
Tandis que s’empourprent les sourcils minuscules,
Comme un lent reflux d’encre, le corps vire au bleu.
Souple, la queue d’azur s’orange peu à peu.
Sourcils plus rouges ; frémissent les tentacules.
-
Les Mystères de Thann
Du haut de ses remparts qui courent sous la terre,
Qu’étreint une végétation subliminale,
Le vieux donjon veille ainsi qu’un œil de sorcière
Sur la bonne cité, gothique et médiévale.
La légende raconte –On peut encor le voir
Dans une enclave ignorée de la ruine austère.-
Qu’autrefois du château, un ténébreux couloir
S’enfonçait dans la montagne, empli de mystère,
Jusqu’à la ville ensommeillée de mon enfance.
Au seuil révélateur d’une porte d’airain,
De ce passage obscur, souvent la remembrance
Hante mes pensées comme un rêve souterrain.
Je sais un abri concave au creux d’un rocher,
Infesté de décombre, ainsi qu’une chapelle
Désaffectée, dessous la falaise niché,
Fermé par un lourd portail de fer où ruisselle
Un pleur ancestral suinté de la voûte humide,
Dont s’ouvre à mon esprit le sentier oublié.
Et je devine, affleurant ce gravât putride,
Un escalier secret à demi obstrué
Où des salles d’armes et des lacs enfouis
Recèlent des cohortes casquées de squelettes,
Gardiens sans yeux par mille torches éblouis
Crépitant au milieu de vastes oubliettes
Quand passe dans la pénombre un intrus tardif.
Et je découvre en ces galeries incertaines,
Or que je chemine, sombre et contemplatif,
Parmi mes rêveries fructueuses et vaines
Une catacombe inondée comme Venise
Par les crues invisibles des bras de la Thur
Qui couvrent d’un miroir profond tel d’une église
La crypte exorbitée de leur pavage obscur.
Qui sait si dans un siècle quelque archéologue,
Intrépide aventurier, trouvera l’anneau,
Au fond d’un sanctuaire avançant en pirogue,
Où resplendit le pouvoir du grand Saint Thiébaut ?
-
(Inspiré par une statue de la Collégiale, nouveau et inédit)
Piédestal
Une plante pousse en jaillissant de sa gorge.
Gargouille en grès, végétale, ainsi que de l’orge.
Des coquecigrues courent parmi le feuillage
Evoquant Bès, le dieu nain, de ce visage.

Joël Gissy

Avec des oeuvres de Fati-Nathalie Gasser-Aouni

 

 


 Peut être une image de 2 personnes et intérieur