samedi 29 avril 2023

Froncement


Froncement


Sous la tente, seltsam,

Le druide solitaire

A su dire en se taire.

Silence à la frontière.

Sans justifier, tukdam.


Joël Gissy



Écouter le poème : 

https://vm.tiktok.com/ZGJuYSQJb/

Les Enseignes de l’Œuvre

Les Enseignes de l’Œuvre

De l'athanor livre en ses feuillets, décrypté,
Qu'âtres, maisons voilées de très anciens triomphes,
S'effondre la Tour-Dieu d'un château sans clef
Que garde de son Ankh la Maîtresse des gomphes.
Le pèlerin parcourt ses cartes, égaré.
Cœurs piqués au sang noir de vampires agomphes.

Joël Gissy 

jeudi 27 avril 2023

Les Deux Fontaines


Les Deux Fontaines


Dans un noble hôtel tout de marbre florentin,

J'avais rêvé d'un blason, puis d'un palais mien.

D'effroi me crispant à trois heures du matin,

Un spectre au bois de lit avait frappé soudain.

Près du départ, tambourinant, le lendemain,

Puis dans un froid silence, à la porte du coin,

Une silhouette en simarre dans un clin

De seconde a disparu, reculant, plus loin.


Joël Gissy

Le 27 avril 2023




Ogivette


Ogivette


Décomposant son secret mimétisme,

Un rayon de miel vacille en son prisme.

Diffracté par une larme de sève,

Là-bas, semble, incertain, trembler son rêve.

L'arc filtre à travers une feuille fine

Ainsi qu'une lame de serpentine.


Joël Gissy


Miroir concave


Miroir concave


Quand le chamane songe ainsi qu'en un cercueil,

Rougeoie sa paupière éblouie par le soleil.

Comme un regard convexe enfermé dans son crâne,

S'irise, éclair imprimé, la face diaphane.

Du rêveur s'efface à l'érosion de l'éveil

La membrane racornie de son troisième oeil.


Joël Gissy 


Retrouvailles oniriques


Retrouvailles oniriques


Ses petits yeux luisaient, argentés dans la nuit.

Nous avancions dans la sylve à pas silencieux,

Nous allongeant entre les bras d'un arbre creux.

Étreinte absolue, racines du fond des âges,

Sa chevelure m'enlaçait de ses branchages, 

Quand, à l'aube, notre éternité s'endormit.


Joël Gissy 


Transe fugace


Transe fugace


Ouvre de grands yeux la divination brève

Comme un esprit bienveillant de Jóska Soós.

Ainsi qu'un angekok, s'éveille dans son rêve

Le chant rosé du coq où meurt Dionysos.


Joël Gissy


mardi 18 avril 2023

Conclusion

 

Conclusion 


Attendre toute sa vie qu'elle se termine. 

Où qu'on aille, c'est toujours soi-même qu'on traîne. 

"Anywhere", avait crié l'âme exaspérée,

En son vaste hôpital sans espoir et sans haine.

Dans son propre reflet, la divine atterrée, 

Son spectre ironique en filigrane devine.


Joël Gissy

18 avril 2023



dimanche 16 avril 2023

Te rejoindre


Te rejoindre


Je suis un chevalier faé,

Egaré sur sa route, borgne.

Un hibou, Wotan ou Hérou,

Je suis la lueur de ton œil.

La trappe du druide est un trou.

Le papillon s'attrape et lorgne,

Butinant, sagesse, hébété,

Toujours, se cognant sur le seuil.


  Joël Gissy


Nuit du 15 au 16 avril 2023


vendredi 14 avril 2023

Les Marins alsaciens Poème


Les Marins alsaciens


Près d’un vieux chemin de fer désaffecté,

Abords d’une rive très peu connue du Rhin,

Rigolant avec leurs casquettes de marin,

Ils ont fini par m’accueillir, étrangeté,

Entre Strasbourg et Kehl, une chope à la main.

Le long des canaux, rouillent des bateaux anciens.

Derrière le rideau, des marins alsaciens.


Joël Gissy


mercredi 12 avril 2023

La Tradition muette, Poème

 

La Tradition muette


Teutatès joint les astres aux terrestres gestes,

Microcosme et secrets des mouvements célestes.

Coudée royale et vitesse de la lumière

Chez les druides, et même avant, sont dans la pierre,

Jusqu’à nous et les mesures qu’en fit Colbert.

Tant de traditions transmises en un éclair,

Ainsi que l’Abrasax des Basilidiens

Jusqu’à l’ordre des Pauvres Chevaliers chrétiens,

Figurations et nombre du cycle solaire,

Et même de la précession de la Terre.

 

                                       Joël Gissy 


jeudi 6 avril 2023

Songe en miniature


Songe en miniature


1.

Tu t'étais transformée, petite fée

A la chevelure toute emmêlée

Comme les fils de racines terreuses.

Tu m'as accueilli dans tes souches creuses.

J'aimais tant cette petite demeure,

Terrier où se réjouissait ta famille,

Les poches remplies de gros champignons

Dont les gonflaient d'odeurs les chapeaux ronds,

Dans les bosquets rêvés aux fleurs mouvantes

Semblant parfois des grenades béantes.

Ah ! me noyer sans fin dans tes yeux noirs

Luisant ainsi que de petits miroirs,

Tandis que nous nous effleurions la main.

Mais, à présent, bien loin, mon âme pleure.

Sont parties, étranges, les voix chantantes.

Quand j'ai parlé à ce jeune lutin

Fumant sa pipe avec un air malin,

Soudain, s'est fanée la petite fête,

Dans la seconde où j'ai tourné la tête. 


2.

La Mère obscure


La Dormeuse anormale,

Au fin visage pâle,

Souvent, passait ses nuits,

Tous l'avaient raconté,

Penchée sur le bébé

Avec ses yeux rougis

Dans ses longs cheveux noirs,

A tousser. Tous les soirs,

On la voyait sortir

De sous son arbre creux,

Dans un soupir affreux ;

À l'ombre de son pas,

"Car ils ne viendront pas !",

Un vieux de m'avertir,

Et j'entends murmurer

Ses filles : me méfier

De ces buveurs de sang,

De la maudite enfant.


Joël Gissy 

 



 

mercredi 5 avril 2023

Ivresse architecturale


Ivresse architecturale


Dans la sérénité de l’Alhambre à Grenade,

Par les salles sculptées, lumineuse façade,

Comme une végétation minérale au mur.

Là-bas, pas un passant. Le silence était pur.

Et les dimensions s’enlacent, d’un derwich.

On dirait une conception du haschisch.


Joël Gissy 




Aria pour Agathe

Aria pour Agathe


Dans mon cœur ténébreux, ta tendresse est gravée

Comme un discret sourire. Et dès que je te vis,

Tu me manquais déjà de quelques pas franchis.

Pourtant, luttant, je ne t’ai jamais embrassée.

J’avais trop peur -Et qui sait toi?- de la souffrance,

A cause de la si courte et longue distance.


Joël Gissy  


Die Frage nichts

Die Frage nichts


Unbegreiflich bleibt meine Seele.

Die Musik meiner Fehler bleibt.

Zusammen stehn. Die Nacht ist klar

Im Herzen die es reibt.

Mein Mut, ach ! steht unzumutbar.

Une die Lust wohl erlicht,

Wo die Wonne einfach spricht.


Joël Gissy