Joël Gissy Poésie
dimanche 18 janvier 2026
L’Ordre du Soleil
L’Ordre du Soleil
A la fin, tout seul et chauve sous le soleil
De l’île sauvage, un vieil Allemand nudiste,
Vénérant la coque ainsi qu’un crâne divin,
Ne se nourrissait plus que de noix de coco.
Adorant l’astre du jour, l’ermite vermeil,
Entre les arécacées, sa craquante piste,
Pareil à un nécromant céphalomancien,
Suivant, se désaltérait en lewak topo.
Ainsi, par les frissons d’un insensible éveil,
Mourut August Engelhardt, jadis essayiste,
Au chant des paradisiers dans le matin,
Transpirant le parfum l’embaumant de cette eau.
Joël Gissy
Invocation futile
Invocation futile
Pliant la tablette en plomb qu’il grave de sorts,
L’envieux cloue son offrande entre la defixio.
Cherchant la destruction des âmes et des corps,
Des démons mineurs, des mauvais esprits des morts,
Comme on griffonne vite au coin de table un mot,
Dans l’espoir de ses malédictions ardentes,
Un Gallo-romain en toge, aux lueurs tremblantes
De la bougie, attend un invisible écho.
Au fond d’un petit vase, luisent des piécettes
Enfouies dans l’obscurité parmi les décombres
Où se réjouissent en secret des peuples d’ombres.
Joël Gissy
Palimpseste mystique
Palimpseste mystique
Ce n’est pas parce qu’un très ancien archétype
S’est transmis comme un organisme évoluant
Que n’affleure plus son avatar au présent.
Le mythe évolue ainsi qu’un être vivant.
Le succube sumérien de Lilith s’agrippe.
L’œil perdu d’Horus, de Wotan, dieu des bardes
Guerriers racontant leurs exploits, ou même Œdipe,
De l’inconscient, existentiel, vibre, éloquent.
De Cernunnos la légende court dans les hardes
Ainsi que le front couronné d’un noble cerf
Sous le signe victorieux de saint Hubert.
Isis revêt le voile bleu du firmament,
Constellation de la Vierge où Van Eyck efface,
Avec des roses à cinq pétales pourtant,
Un rêve enseveli perpétuant, la trace.
Joël Gissy
samedi 17 janvier 2026
Exégèse alternative
Exégèse alternative
Pâris en bûche changé réduisant en cendre,
Semblant pourtant un inoffensif nourrisson,
La cité invincible et glorieuse d’Illion
Dans le rêve prémonitoire de Cassandre,
Serait-il un énigmatique changelin
Dans ce décor néolithique et égéen ?
Le sang des héros de jadis, demi-divin,
Coulait de ses charmes surhumains dans la veine,
De Zeus fille anatidée, de la belle Hélène.
Le fils maudit ayant gagné le prix d’athlète,
Par sa force incomprise, envie impartiale,
Quand il offrit la pomme d’or d’un coup de tête,
Le secret portait-il d’une engeance fatale ?
Joël Gissy
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