Joël Gissy Poésie
mercredi 21 janvier 2026
Gestation caducéenne
Gestation caducéenne
Entre Isis et Sérapis, un vase canope
Mûrit le cœur comme un scarabée renaissant
Dessus de leurs queues de serpents l’enlacement.
Le cobra féminin porte un flambeau, d’hysope
Coiffé, rameau trempé dans un bassin de sang.
En face, androcéphale osirien, le python
Tient sur sa tête le panier de la moisson.
Harpocrate, hybride, en son récipient scellé,
Arbore le symbole au destin princier.
Joël Gissy
Harpia harpyja
Harpia harpyja
Parmi les babils de la sylve tropicale,
Menaçante, ombrait l’Océanide royale.
Un aigle harpie, de ses plumes de guerrier
Hérissées sur le crâne ainsi qu’un casque grec
D’un noble bleu gris, sur sa proie pour l’étriper
Fond, pourfendant, de son impitoyable bec.
De ses serres s’agrippent, refermés, les pièges.
Son petit poussin blanc, comme un ourson des neiges,
Inclinant de côté sa tête avec espoir,
Semblerait sourire, ouvrant un œil doux et noir.
Joël Gissy
L’Artiste expirant
L’Artiste expirant
Comme Brassens, disait un spirite loufoque,
Ingurgitant des cailloux, insidieux pica,
Suffoqua d’un gaz mortel Emile Zola.
Le feu de cheminée, chaleureux ventriloque,
Etreignit la poitrine embrasée doucement.
Réanimé, sans doute, d’un soupir calmant,
S’endormit le perpétuel étudiant.
Espérons que les mièvres poupées de Toulmouche
Vinssent enfin poser un baiser sur sa couche.
Joël Gissy
Virgules
Virgules
Hanté, tel, mêlé de sang, un Anguished man,
L’esprit bienveillant d’un artiste chaman
Sourit, croisant ses croissants de lune aquilins.
Comme en un clin d’œil aux apartés d’airs malins,
Le mignon petit être, animé, développe
Ainsi que les fusions d’un vivant stroboscope
Semblant d’un tremblement des brasiers de Lascaux
Ou des peintures rupestres les grands chevaux
Paraissant courir sur des parois distordues
Dans les massifs boisés de plaines disparues.
Joël Gissy
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