Joël Gissy Poésie
jeudi 15 janvier 2026
Acharnement anthropomorphe
Acharnement anthropomorphe
De l’existence interminable purgatoire,
Ainsi qu’un chevalier lépreux de Saint-Lazare,
Mue marchant contre le vent, une main de gloire
Comme seule lanterne, le céphalophore.
Sagesse en vase clos d’un serpent ovipare,
S’accomplit en secret de son cœur l’œuvre noire
Qu’éclaire dans la vapeur son œil de phosphore.
Joël Gissy
Le Voyageur prodigue
Le Voyageur prodigue
Au-dessus de son corps, soudain l’espoir descend.
Vivant comme jamais, tout se met à tourner,
Ne pouvant s’accrocher à rien, l’être aspiré
De plus en plus vite entend un rire méchant
Qui se multiplie alentour en l’assaillant.
Tout n’est que désespoir, menaces impalpables
D’abord, puis devient vide et inconnu,
Dans le monde étranger d’un cauchemar d’enfant.
La dissolution, sans temps, ni forme au début,
Se transforme en géométries inextricables
D’une froideur trop logique où ce paysage
Le dévore ainsi qu’un insondable visage
Où se déploient, semblant d’anciennes gravures,
Comme un jeu de tarot, d’ironiques figures.
Tel en un labyrinthe imbriquant son cadastre,
Déstructuré, l’esprit en pivotant s’encastre.
Aux portes d’atriums, d’arcanes familiers
Les faciès d’images aux angles dépliés
D’une arche énigmatique au détour se succèdent.
Et le coffre se ferme d’un affreux coracle
Emerveillé des ténèbres par le miracle.
La toile d’une Mère Araignée en pentacle
S’inverse en abyme, où ses souvenirs accèdent
Au savoir absolu d’une ogive en losange
Qu’illumine, dans la nuit, le flambeau d’un Ange.
Joël Gissy
mercredi 14 janvier 2026
Je veux la sauver
Je veux la sauver
Dagyde grecque, dans le dos aux poings et pieds
En Egypte il y a plus de deux-mille ans liés,
A genoux, la belle Ayas, fille d’Origène,
Etouffe, condamnée par l’amant qui la gène.
Dans ses yeux, sa bouche et dans tous ses orifices,
D’épingles démesurées durent les supplices,
Invisibles ainsi qu’un odieux sortilège
Par le pouvoir de Ptolémaïs. Rien n’allège,
Depuis la fontanelle au-dessus trépanée,
Dans son cœur, et même sous son pas impossible,
S’enfonçant, ces échasses dont elle est clouée,
Des traits d’un pouvoir occulte ainsi que la cible.
Sourde, aveugle et par ses entraves affamée,
D’argile, attend sans larmes la vierge outragée,
Jouet d’amour fragile en petite poupée.
Joël Gissy
Invitation
Invitation
Des sépulcres noctifériens entrelacés
D’un ouroboros, les méditations lyriques
D’Awalhdouateden pénètrent les mystères
Intérieurs où, surgies des avenirs passés,
Les coquecigrues chantent les secrets runiques
De leur monstruosité, songes éphémères.
Mais la source autogénérée s’approfondit
En la porte d’un Nil multipliant son lit,
Semblant une corde nouée par treize fois.
D’une guénizah s’ouvre le livre interdit.
Hôte abreuvé, Damoclès au festin des rois
Renverse le calice en creuset cordial
Dont s’enflamme la pique en hermite fatal.
Bienvenue au sacrifice immatériel
Des crapulences d’un athanor immortel.
Aux réflexions d’une table verdoyante,
Remonte un feu follet incarné d’épouvante.
Le druide évitant les chemins les plus courts
Revient au firmament des premières amours.
Joël Gissy
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