samedi 29 novembre 2025

Là-derrière


Là-derrière

Parmi les boucles des mandragores grimpantes,
Vigne du Diable, vont les turnix mugissants
Au jardin que naguère irisaient les lucioles.
L’arbre à belle-mère, if aux baies paralysantes,
Semble trôner de la muraille auprès des faons.
Le vent lointain paraît le chant tordu de violes.

                                          Joël Gissy



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vendredi 28 novembre 2025

Le Turnix mugissant


Le Turnix mugissant

Tel un petit poulet sauvage
Qui gambadait sur l'herbe, enfin,
Je l'apprivoisai sous un pin,
Avec des biscuits au fromage.
Parfois, remontant le chemin,
Lissant son beige et brun plumage,
Il voletait un peu plus loin
En un sautillement chafouin.
Jour après jour, ma grosse caille,
Fallait-il, ainsi, qu'il s'en aille,
Que s'amuisse le cri puissant
De mon cher turnix rugissant.

                         Joël Gissy

Le Rossberg


Le Rossberg

                                       Montagne de Thann

Petit oiseau attaché par la patte, appelle
La fée prisonnière. Epuisant sa voix frêle
Du fond de la grotte à la Montagne des Roses,
Gardée par l'énorme crapaud cracheur de feu,
L'entend du creux de son arbre un berger lépreux.
Libérée, après plusieurs métamorphoses,
La sylphide sema des gouttes de rosée
Aux quatre éléments de la prairie enchantée,
Guérissant le sauveur qui de sa preuse hache
Avait fendu le crâne du monstre avachi.
Mais les chevaux sauvages de la crête ont fui.
Nul ne sait où la porte refermée se cache.

                                              Joël Gissy

Schiach Perchta



A peaux de bêtes et masques de bois,
Venus des cols, croyances d’autrefois,
Grands cornus dans les neiges gargouillant,
Ballottant en défilé terrifiant
Comme un enfant dans un laineux tapis,
Les Perchten font fuir les mauvais esprits.
Berchta, déesse laiance au foyer,
Monte vers le ciel d’hiver enchanté.
Au chaud, dans l’étable, en un meuglement
Parmi les cloches, la famille attend.

                                            Joël Gissy

L’Homme sans tête


L’Homme sans tête

Acéphale en Egypte venu de Nubie,
Aux yeux sur le torse ainsi qu’un sombre mothman,
S’avance en hésitant, daltonien, le Blemmye.
Ni hallucination, ni vision du chaman,
Le guerrier malhabile, armé de son gourdin,
D’une voix trop polie, demande son chemin.
Naïf, d’imagination par manque égaré,
Le nomade de sa tribu s’est éloigné.

                           Joël Gissy