Joël Gissy Poésie
dimanche 1 février 2026
Paréidolie du Réel
Paréidolie du Réel
Un soir familier, dans le sec et froid silence,
D’une ombre à l’angle trop accepter l’existence.
Le solitaire imagine la perspective
Au coin du plafond, pour l’enfant, dans son armoire,
Sous son lit, sur une chaise. Il se met à croire
De son propre regard à l’angoisse intrusive.
Entre voir et être vu, quelle différence ?
Comme le chat enfermé dans sa boîte noire,
Se réalise un doute avec impertinence.
Ne pas médire des morts, simple hypocrisie
Ou, d’une crainte impalpable, paralysie ?
Ainsi fonctionne souvent la malédiction
Ou la réalité de toute perception.
Le cri muet n’ose appuyer sur le bouton.
Joël Gissy
Le Livre des Anciens
Le Livre des Anciens
Die Buche
Bibliothèque universelle à ciel ouvert,
Verdoie en ondoyant une forêt de hêtres.
Le silence éblouit la sylve en un éclair,
D’écailles confondues, dragon de tous les êtres.
Le voyant, se découvrant de son capuchon,
Trace, autre fusain, les runes sur chaque feuille
Qui se mettent à vivre comme en un frisson,
S’inspirant du goût boisé des chatons qu’il cueille,
Et lui revient avec un flux doux-amer,
Ravivant soudain la mémoire des ancêtres.
Odin murmure et, de la brume dissipée,
Emerge l’arbre de mai d’une roue cyclique
Que le dieu fait tourner d’un air mélancolique.
Joël Gissy
samedi 31 janvier 2026
Dixit
Dixit
Sans jamais s’enlacer, ni même s’embrasser,
Yaldabaoth contourne l’amour enfermé.
L’ouroboros infertile l’Hydre concentre,
Pour prospérer, en son inextinguible ventre.
Du Serpent subtil est tranchée la pomme acide.
Multiplie la purification fratricide.
Pénombre en trente-trois annoncée par Yohel,
Le Nom de la Genèse, ainsi qu’en un rappel,
Inscrit les nombres anciens de l’Apocalypse
Au printemps révélé d’une partielle éclipse.
Joël Gissy
Le Maître des Nuées
Le Maître des Nuées
Sur la montagne où Atlas roule un firmament
Antédiluvien, Anẓaṛ, le roi des pluies,
Dans le brouillard, manipule les rêveries.
Et, de la vapeur, ainsi qu’un mirage blanc,
Marche la fiancée honorée en chantant
Sous le regard du Titan que l’ondée déleste.
« Tel l’éclair, j’ai fendu l’immensité céleste
Vers les yeux de mon étoile, ô mon cher trésor !
Que fleurissent les prairies baignées de parfums
Où le songe prendra forme dans les embruns. »
Un nuage lourd et vaste descend du nord,
Promesse évaporée de fêtes ancestrales
Au son de vielle et de percussions pluviales.
Se réjouissent de l’alloun les éclats flûtés
Ainsi que les rires à la fin des étés.
Joël Gissy
Atypidae
Atypidae
Deux mygales dodues et violettes,
Jarretelles tissant des tyroliennes,
Et, regard globuleux, que tu descendes.
Le chat veut participer à la fête,
Il se fait dévorer par ces soubrettes.
Nés de la douleur, de joyeux phosphènes,
Ballet couinant de ces poupées friandes,
Dansent dans la mansarde de la tête
Ainsi que le goût d’amères amandes.
Joël Gissy
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