Joël Gissy Poésie
dimanche 11 janvier 2026
Le Vol d’un corbeau
Le Vol d’un corbeau
L’interprétation d’un présage fugitif
Détourne l’embranchement du destin furtif.
Générant des messages, un verbe inconscient
Retrace le récit d’un souvenir latent
Qui s’arborise dans toutes les directions,
Avenir, passé, de multiples dimensions,
Formant un Yggdrasil dont la sphère s’accroît
Au-delà du fil de ce labyrinthe étroit.
Le passage a croisé les entrelacements
De rencontres déjà vues par des sentiments
Où se retrouvent les affinités nouvelles
D’origine aux évolutions perpétuelles.
Joël Gissy
Les Dix Cornes
Les Dix Cornes
Un détour lucifuge obstinément serpente,
Affirmant l’unicité de sa tête d’hydre.
Cependant, sans venin, jamais ne mord l’alidre.
Tel un mandala, se déploie son harmonie
En motifs d’arabesques ainsi qu’une plante
Semblant d’un ouroboros la boucle infinie.
Joël Gissy
Le Retour solitaire
Le Retour solitaire
Dans la niche ascétique au creux d’un rocher froid,
Le tukdam ou saint François mellifie son âme.
Le symbole entremêlé se résout en soi.
Mais de rose et d’albe marmoréen, la flamme
S’élève en un édifice à l’ogive claire
D’un Tau qui s’inverse ainsi qu’une croix de Pierre.
Joël Gissy
L’Enfant d’Erèbe
L’Enfant d’Erèbe
Après l’enlèvement de Perséphone,
Voyage dans l’Hadès de Déméter,
Megaron in antis dessous l’éther,
Au sommet stylite d’une colonne,
L’incarnant mange les fruits, hexagone,
De la Connaissance au sommet de l’arbre
D’un temple souterrain, forêt de marbre.
La pulpe illuminée de la grenade
Absorbée, la conscience monte un grade.
Le labyrinthe gravit les ténèbres
A rebours de ces extases funèbres.
Joël Gissy
Eveil chamanique
Eveil chamanique
Parce que les défunts veillaient aux marécages,
Les dieux assis à l’angle, des spirales d’eau,
Les illuminations montent des feux follets.
Un chaudron de fer ouvre l’illusion des âges
Qui murmure dans l’air glacé comme un sanglot
Dont affleure un colimaçon des noirs secrets.
Réfugié dans un dôme rouge et tranchant,
Un chasseur yakoute en la Vallée de la Mort
Aperçoit, dans le reflet du soleil couchant,
L’entrée d’un monde maléfique où il s’endort.
Joël Gissy
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