vendredi 5 décembre 2025

Mûrir


Mûrir

Le refus bienveillant de la tranquillité
Pour son inverse, insidieusement, a troqué :
Le massacre avec la plus grande cruauté.
Berserker furieux tournoyant enchaîné,
En dents de morse de ce factice échiquier
Renverser le décor, spectacle d’un brasier.

                                    Joël Gissy

Précaution affectueuse


Précaution affectueuse

Devenant un guerrier sateré-mawé,
L’enfant plonge sa main dans les gants aux fourmis,
Vierge de fer se refermant, dards de fusils.
Puis, à chaque fois, encor, l’acide a giclé,
Pire qu’une morsure à ses muscles transis.
Le jeune homme du mal ancien est protégé.
Car l’Arracheur de visage erre par les plis,
Dans les murmures verts, de la réalité.

                               Joël Gissy

Expression espagnole


Expression espagnole

Comme un poulpe dans un garage,
Contre soi, retourne sa rage.
C’est que le bougon taciturne
Tourne en rond dans le labyrinthe
Des miroirs plaqués de Saturne.
La lumière s’est éteinte.

                         Joël Gissy

jeudi 4 décembre 2025

Le Combat fraternel

 

Le Combat fraternel

Vairefils, chevalier, fracassait en miroir,
Zébré comme un humain blason argent et noir,
Son frère inégalable sauf par lui-même.
Le loup rageur écume en grognements sa crème.
Se résout, neuf, de la Création le blasphème.

                                              Joël Gissy

Le Chant de la Bitis caudalis


Le Chant de la Bitis caudalis

Oh non, deux ! Bah, elle invite, augure ès en sang.
Bélier alchimique, or, sa tutelle, s’en va.
S’agonisant en biaisement, s’imagina,
Ma barbe, as de pique, ourson en un un val fort blanc
Le zombie glabre exsangue et recouvert de mouches,
Muant, tel un serpent en asthme aux dés par couches.
Abhorre, imitateur de messager dictant
Horus en faucon solaire et flamboyant.

                                  Joël Gissy

Blutbuch


Blutbuch

Cris étouffés des enfants sorciers de Molsheim,
Par le Livre du Sang, périt Apollonia
Pour des commerces charnels avec le Démon,
Et luxure sans nourriture ni boisson,
Se transformant en louve garache, Haborym,
Et même dans les flammes jamais ne nia.
Au nombre de la mort, vixi le plus affreux.
Valentine l’aveugle, mendiante d’Uri,
Fit disparaître son trésor mystérieux.
Quand on l’accusa du noir prodige, elle rit.
La pauvre ne possédait qu’un tout petit lit.

                                                                                         Joël Gissy

lundi 1 décembre 2025

Récit d’un voyageur


Récit d’un voyageur

Sur l’à-pic où soudain je m’étais égaré,
Par les musiciens d’un air mystérieux
Parce qu’ils savaient, de ma démence curieux,
Me voilà vers l’ailleurs enfin réorienté.
Ils portaient un vieux cymbalum, et parmi eux
Me fixa l’ironie d’une étrange beauté.
En barque cheminant au fond d’un terrain vague,
S’encastre sous une dalle un ancien bassin.
Le guide sur le pas nous salue d’une blague.
Et les êtres gris au regard arachnéen
Dans la pénombre en rampant tels des singes morts,
Dont il ne fallait pas trop croire en l’existence,
S’empressaient sur les eaux, sur les ponts, sur les bords.
Alors, en un concert de grincements rouillés
Quand se leva l’écluse d’une trappe immense,
Vers le monde des dieux fûmes-nous emportés ?

                                         Joël Gissy