lundi 27 avril 2026
Triabolos
Triabolos
Ternaire séparateur, en l’aube ennemi
Que le feu de l’astre du matin décompose,
Enlil ardent au Savoir nourrit la Nécrose.
Seth par l’Ange éclaireur l’Œuvre au noir accomplit.
Littéralement bon, par l’épée du duel,
L’homme à la force démiurgique en Azazel
Puise, rendu puissant, au descendant du Ciel.
Joël Gissy
La Déesse crépusculaire
La Déesse crépusculaire
Râ sur sa barque à l’occident,
Rougeoyant aux Enfers descend.
Un faucon posé sur sa tête,
Imentèt, là-bas, se reflète
Sous la plume d’azur de Maât,
Harmonie incarnée au soir.
Mais, l’admirant sur ce perchoir,
Miaule en s’ouvrant l’œil de Seshat.
Joël Gissy
La Caste oubliée
La Caste oubliée
Casqué d’un disque solaire et de cornes fières,
Protège Ramsès le Grand un guerrier shardane.
Barbare de la Mer aux peuples des mystères,
Au loin, se dresse une forêt de cimeterres.
De son bouclier rond qui brille, enfant d’Ifrane,
Peut-être de Sardaigne, il veille sur les terres
Noircies par le limon de l’Egypte éternelle.
Hathor, Maison d’Horus, le couvre de son aile.
A Qadesh marche encor le vainqueur des Hittites
Portant la mémoire effacée aux troglodytes.
Joël Gissy
dimanche 26 avril 2026
Bien-être vagal
Bien-être vagal
Ni haineux, ni méprisant, le sage déteste.
Comme un télépathe assourdi par le tumulte,
Se fond de l’opinion le bruit qui l’infeste,
Solitaire au milieu de ce désert inculte.
Dans l’intimité de la stupeur sans recours
Ou parmi des imbéciles qui semblent sourds,
On n’est jamais plus seul qu’au milieu d’une foule
Ainsi qu’un naufragé sur une mer qui roule.
Joël Gissy
samedi 25 avril 2026
La Truite du Belchensee
La Truite du Belchensee
Lentement, elle circule, un petit sapin
Croissant sur son dos moussu tout autour du lac.
Cependant que Bélénos à la lune verte
Contemple immobile en un regret le déclin
Comme un croulement d’une mont-joie du Larzac
Qui donne un repère au berger en pure perte,
La déesse Fricka, des luxuriants orages
Frémit de sa gorge tremblante une élégie
Que la brume en son haleine solidifie
Où se mélange un rictus luxurieux des Ages.
Joël Gissy
vendredi 24 avril 2026
jeudi 23 avril 2026
Le Sang d’Horus
Le Sang d’Horus
Constellée au cœur de roses de Tiphereth,
La pyracanthe ardente au front plante ses dards.
Couronne rouge ensanglantée de Decheret,
Tel, s’unissant d’un Pschent de sagesse en colère,
D’un désert inculte peuplé de serpopards,
S’envole vers le delta du nord le flamant,
Irisant les noirceurs fertiles de la terre
Sur un arbre épineux dans le ciel flamboyant.
Joël Gissy
Charme terrifiant
Charme terrifiant
Sans jambes, capuchon qui flotte dans la nuit,
Du yūrei plaintif sous son hitaikakushi,
Retenu dans le monde, et hantant les vivants,
Par ses rancœurs et ses rêves mélancoliques,
Passent, frissons furtifs, les soupirs nostalgiques.
O mélopée aux remords des souffles errants !
L’étoffe de l’âme, inspiration de Shakespeare,
Se prolonge, pâleur d’un spectre de vampire.
Ses longs cheveux noirs tombant comme un voile ébène
S’écartent laissant voir un œil lavé de peine.
Joël Gissy
Pensée matinale
Pensée matinale
Piñata vernie aux espoirs de l’illusion,
Pommier pourri, les doux regrets éclateront
Sous l’assaut des coups de bâton profanateurs
D’un peuple en liesse ivre aux cris creux des douleurs,
Comme un nuage silencieux vaporisés,
Exosquelette obscur où grouillent des phalènes.
Friable ainsi que les plus fines porcelaines,
Enduisant sa peau du sang des écorchés,
Grâce impassible au teint de fragile poupée
La baronne de Sève en sa cour adorée
N’osait faire un mouvement qui l’eût fissurée.
Mais je préfère encore étreindre avec l’esprit
La volupté touchante au tendre sortilège
Procurant l’idéal dont l’extase anoblit
Comme un opiomane une ombre sacrilège.
Joël Gissy
Le Hibou psychopompe
Le Hibou psychopompe
Aura noire d’un cœur plein de meskhen,
Egyptienne humeur, la rose éternelle
Eclot de son amour, sacrificielle,
Par l’infection conservée. De l’Eden
Le cynorhodon fleurit dans le fruit
Palpitant que tranche tout net la dent.
Possession, par Meskhenet, s’induit
D’une entourage insidieux le relent.
Phosphoros, au flambeau crépusculaire,
Resplendit, caverneuse lumière.
Joël Gissy
Hommage
Hommage
Je ne vous traite pas de vieux tapin
Car souvent elles sont bien sympathiques.
Mais allez plutôt respirer plus loin.
Je ne m’occupe pas des cas cliniques.
Joël Gissy
mercredi 22 avril 2026
Diabolus in Musica
Diabolus in Musica
Juste écart en fausset condamné d’un triton,
Se produit inconsciemment une invocation.
Grave, accord inconnu, résonne, formidable,
Dissonant parfait, l’intervalle du Diable
Qui tonne sous l’ogive oculaire étirée.
Enfant ailé le charmant de sa mélopée,
Phœnix pervertit le chant clair de l’alcyon.
Le soufflet des grandes orgues semblant de chair
S’enorgueillit, comme attisant un feu d’enfer,
Disharmonie en organique incantation.
Joël Gissy
Le Seuil du Mont sacré
Le Seuil du Mont sacré
Torture blanche, Aokigahara,
Mer d’arbres sans fin peuplée de yūrei,
Vieillards abandonnés dans leur sommeil
Pendant la famine, épand son aura.
Magnétisme déréglant sa boussole,
Le pas de l’égaré plus loin s’isole.
Pendent dans le silence épais et lourd
Les rubans du désespoir sans retour.
Joël Gissy
mardi 21 avril 2026
L’Intercession des Archontes
L’Intercession des Archontes
L’idolâtrie spirituelle,
Par la force de l’égrégore,
Crée un tulpa qui se redore.
L’icône alors presque charnelle,
Ainsi qu’un sanctuaire aux strates
De vénérations successives,
Energies du sol primitives,
Talisman hermétique aux dates
Reproduites des conjonctions,
Semble s’animer dans les nuits.
Comme une Vierge noire au puits
Frappé de lunaires rayons.
Joël Gissy
Le Frère des Bois
Le Frère des Bois
Le huit enlaçant le Tau comme un caducée,
Des compagnons, forme en octogone un clocher.
Le naos en le saint des saints du jubilé
Abrite le chant franciscain du coryphée.
Mais le vœu pur spirituel de pauvreté
Remonte, inversé, vers le sommet de l’Archée.
Du pèlerin le caressant, par l’amitié,
Du loup dans la cité, la faim fut apaisée.
Joël Gissy
Dématérialisation
Dématérialisation
Lobotomie transorbitale
Aux couleurs tranchées en fractale,
Les loups se mêlent, égarés.
Aux jardins de Sémiramis,
Se démultipliant l’iris,
Peuple de bouffons bariolés,
Ricanant fixement, leurs faces,
Escaladant en des grimaces,
Circulent comme la clarté
D’un escargot écoquillé.
L’œil torve amoindrit sa pupille ;
La personnalité vacille.
Joël Gissy
Etirement
Etirement
Eosphoros pâlit d’amour au matin soëf
Cependant que s’émeut Aurore avec ennui.
Hélas, amis mortels, c’est la fin de la nuit.
La lumière implacable efface un songe bref,
Déjà profanant le secret du monde hagard,
Ecrasé par l’affront de son éclat blafard.
Se meurt des nocturnes jeunesses alanguies
Le nostalgie des oniriques insomnies.
Joël Gissy
lundi 20 avril 2026
Parole divine
Parole divine
Des demi-noix, ainsi que des crânes jetés,
Par leur empreinte unique en suture embranchée,
Forment, tel un réseau neuronal, une idée.
Le Babalawo connecte aux récits premiers,
Pour le réaliser, l’esprit préexistant.
Par sa divination recréant l’instant,
A travers l’interprète, parle Orunmila,
Révélation figurée aux signes du Fâ.
Joël Gissy
C’était lui
C’était lui
Distiller la peur afin de nourrir de sang.
Dans l’angle, Pierre le noir attend, fou statique.
Le tableau pivote en son miroir mimétique,
Face inversée au couloir bleuté coulissant.
Jeu de cartes enfantin, s’exerce le mythe,
Allégorie d’une gravure énigmatique.
Cliquette entre l’ombre une manigance inique
Qui grince dans la nuit, panier de cénobite.
Joël Gissy
dimanche 19 avril 2026
Histoire d’orchidées
Histoire d’orchidées
S’effilant de ses péristères en peluche,
Dont le bouton semble un petit moine à capuche,
La fleur du Saint-Esprit paraît vibrer de l’aile.
Les gras pétales crispés, dans la brise, crissent.
Ainsi qu’une chorale rosâtre et charnelle,
Des berceaux de Vénus, les poupons se réjouissent.
Homme nu, se violace orchis italica.
Tel d’un scolopax, grive des bois, où s’abreuve
L’abeille végétale, cil qui jamais ne bat,
La corolle empourprée enclot un crâne obscur.
La fête à son plein pousse encor plus loin, la preuve :
Au milieu de cette orgie végétalisée,
Semble, humide, se pourlécher comme un cœur mûr,
La psychotria « lèvres de prostituée ».
Joël Gissy
samedi 18 avril 2026
Le Songe du Monde
Le Songe du Monde
Entre les dimensions, panique,
Tissent l’existence, onirique,
Les Archontes extraterrestres.
Déjà des peintures rupestres,
Créateurs servant le Démiurge
Qui d’un Déluge, horrible purge,
Ravage, sombre essaim, frissonnent
Les mauvais Anges qui bourdonnent.
Roi des longs jours de Ziusudra,
L’Atlante fugitif saura.
Joël Gissy
Parousie gnostique
Parousie gnostique
La chevelure du Voyageur des Enfers,
Capte, magnétisme, un frisson télépathique.
Comme enracinée aux messages des éthers,
L’auréole de Connaissance, orbe électrique,
S’emplit d’éclairs lumineux pour le troisième œil.
Tel un soleil invaincu soudain renaissant,
L’Initié revient après trois jours de deuil,
En copte, ainsi que le fantôme d’un enfant.
Joël Gissy
Tjukurrpa
Tjukurrpa
Le Temps du Rêve
Appartenant à la terre, et non le contraire,
L’homme, avec prudence, à cet instant, doit se taire.
Ne parlent que ses pensées, murmures vibrants.
Serpente en file un parcours précis à pas lents,
Comme un sentier de cerf, pour ne pas réveiller,
Tel un ophidien, revenu, Baiame,
Celui qui rêve le monde, harmonie cosmique.
Pour le moment, la berceuse tient ses espoirs…
Wandjina, petits visages aux grands yeux noirs,
Un peuple silencieux survient, énigmatique.
Joël Gissy
La Conjonction de la Bête
La Conjonction de la Bête
Une arachnéenne marâtre
Veille sur le seuil idolâtre
D’un Moloch d’or, béant brasier.
Vénus, par son cycle étoilé,
S’aligne au soleil en Taureau
Ainsi qu’une toile en abyme
Qui se retourne de nouveau.
Au centre, un losange s’anime,
Sombre, et lointain comme une rose
En la figure unicursale.
Triple aspect d’hermétique oracle,
La main du hiérophante pose
Les trois écus de la vestale
Retrouvant son signe en pentacle
Eclairant, enfants amoureux
Au pied d’une stèle égyptienne,
Les futurs enchaînés heureux,
Cynorhodon de la chienne.
Joël Gissy
vendredi 17 avril 2026
Le Faubourg interdit
Le Faubourg interdit
Par un ancien tunnel comblé,
Sous la sombre voûte, accroupi
Dans la pierraille ou rampant,
On accède, enfin, essoufflé,
Vallon du mont Inunaki,
Au « village du chien hurlant ».
De cannibales et de fous
Peuplé depuis l’épidémie,
Le champ de ruines zombie,
Soudain, semble d’appels de loups
Annoncer l’imminent carnage.
Un hiver, au retour tardif,
Dès qu’un ouvrier du barrage
Fut enlevé puis brûlé vif,
Hanté, fut comblé le passage.
D’une exploration urbaine
La rougeâtre fuite encor traîne.
Joël Gissy
jeudi 16 avril 2026
Exultation
Exultation
Dans la sinistre mascarade
Entre l’ennui et la souffrance,
Flamme éphémère au regard fade,
Ne sourd parfois que la jouissance
Extrême ou la contemplation.
De l’insensible cavalcade,
Stade esthétique existentiel,
Ne l’effleure plus le frisson.
Le sage contemple le ciel.
Joël Gissy
Ophrys
Ophrys
L'orchidée humaine assemble un mirage
De guêpe où s'inconscientise un visage.
Gremlin arachnoïde ouvrant ses crêtes
En tricorne, abattant ses ailes prêtes,
Décollant de sa jupe d'écorchettes,
Semblerait une crasue qui s'apprête
Pour le sacrifice enfantin de fête,
Injectant ses nervures violacées
Jaillie de doigts de duègnes crispées,
Tel un archétype des mauvais anges,
Dentelées de cicatrices oranges.
Pleurent des fleurs semblant des nourrissons,
Dans les berceaux de Vénus à toisons.
Joël Gissy
mercredi 15 avril 2026
La Foudre d’Italie
La Foudre d’Italie
Le Monstre de Ravenne au pied de came-cruse
Aquiline et pourtant, halieutique, écaillée,
Comme un enfant coiffé d’une mèche enflammée,
Pour avertir la foi mais condamner la ruse,
Lève en ypsilon ses bras de chauve-souris.
Les pieux et loyaux sujets du bon roy Louis,
Mort de luxure crapulente, ont triomphé.
Sur l’abdomen masculin d’une croix marqué,
L’engendré semble un Baphomet portant des seins,
Symbole du choix à la croisée des chemins.
Le douzième du nom, pourtant, fut oublié.
Joël Gissy
L’Aristocratie de l’Esprit
L’Aristocratie de l’Esprit
Les penseurs anciens pratiquaient la vertu
Car ils se défoulaient sur les prostituées,
Les esclaves et leurs disciples par le cul.
Prônant la République aux valeurs élevées
Ou les mystères révélés de la Physique
En conceptions d'ordre hautement symbolique,
Les meilleurs, de Dionysos ou d’Eleusis,
Accédaient aux cultes secrets des tragédies
Par le surpassement d’innommables orgies.
D’un oculus pinéal s’entrouvre l’iris.
Joël Gissy
Crapulence caséique
Crapulence caséique
Sorcière artotyrite enivrée de stilton
Comme un lutin recouvert de pénicillium,
Commence en grimaçant le délire onirique.
Du limbe ou des contrées englouties de Dagon,
Explore, ombres de la nuit, œil de solanum,
Tel un rêve enfantin, une intime panique.
A la porte, gardien vaguement menaçant,
Du miroir se superpose un spectre agaçant.
Où est l’interrupteur ? Le cri siffle, inaudible.
La course tourne à vide. Hogier poursuit sa cible.
Joël Gissy
Cauchemar primal
Cauchemar primal
Comme un coucou sinistre, un tigre des cavernes,
A dents de sabre, languissamment, aux yeux ternes,
Sort la tête et surgit lentement par le seuil.
D’un frisson paralysé, comme un écureuil,
Le chasseur recule, inconsciemment, sous la herse
De la gueule au béant gouffre qui son flanc perce.
Dévoré, désespérément, vers le village,
Tel un nageur échoué rampant sur la plage.
Joël Gissy
mardi 14 avril 2026
Le Coup de foudre
Le Coup de foudre
Du Chaos réorganisé d’encastrements,
D’un cataclysme inconnu malgré le martyr,
De l’Univers, matrice originelle, issir.
Derrière à peine, aux yeux, par de courts filaments,
Cœur battant dans le crâne ainsi d’une crevette,
Le temps de la conscience, en reculant, s’arrête.
D’un à-coup imprévu, d’amour en un élan,
L’hippocampe a craqué, de cet assaut violent.
Joël Gissy
L’Ether fixé
L’Ether fixé
L’impureté de la matière n’exclut pas,
Par sa lourdeur, la transmission des énergies.
Vibrant, telle décantation, prédéfinies,
Les maisons hantées, même, attirent le trépas.
La pierre sacrée fixe, dolmen, cathédrale,
L’intention d’égrégores, subliminale.
Ainsi, la Connaissance aux mondes invisibles
Rejoint les constellations des terres sensibles.
Joël Gissy
dimanche 12 avril 2026
L’Œuvre de Strasbourg
L’Œuvre de Strasbourg
Le vent du Diable court, transparent destrier,
Autour du grès de la cathédrale gothique.
Le clocher perce un crépuscule énigmatique,
D’une seule flèche en lancettes, hérissé.
Le Prince de ce monde au parvis figuré
Présentant la pomme de la Gnose, ironique,
Au Pilier des Anges, en extase esthétique,
De l’édifice achevé reste prisonnier.
Par la crypte, du lac le souterrain abysse
Où chemine une barque au fond du précipice,
Dessous un puits condamné, clapote en secret.
A l’intérieur d’une colonne, se débat
Le démon, secouant la pierre, et, cri muet,
Vibre un sol natal qui sa grand-mère engendra.
Joël Gissy
L’Arc qui ne faut
L’Arc qui ne faut
Du point de mire universel, rien de magique.
Au quotidien, tout l’est. Le prisme des couleurs,
De même la géométrie mathématique,
Remonte de l’inconscient des profondeurs.
Notre corps se construit d’un rêve animal
Tissant le réel ainsi qu’un miroir global.
Le temps s’achève, perpétuelle origine
Se recréant sans cesse en spirale infinie.
Chaque instant, dans son hésitation, se devine
Comme un arc dont la foudre ondoyante varie.
Et, tel un serpent démultiplié, balance
La raison de ses causes en flux incertains.
Car la Loi, sans fin, s’applique en nouveaux destins,
Parmi les prophéties de la coïncidence.
Joël Gissy
vendredi 10 avril 2026
L’Heptacéphale
L’Heptacéphale
Imagination de soi-même en un destin,
L’Univers explore de l’être un autre aspect.
Un flambeau solitaire éclaire l’indiscret.
Œil tentaculaire élargissant, cristallin,
Son étoile, ainsi qu’un flocon, se ramifie
De la connaissance interdite le chemin
Comme un ouroboros en spirale infinie.
Joël Gissy
La Fleur de la Culture
La Fleur de la Culture
La civilisation n'a de valeur
Que si elle dompte autre chose.
Autrement, la décadence nécrose
Le courage appelé le cœur.
Le respect qui naît des forces égales,
Des samouraïs et chevaliers.
La courtoisie cordiale entre guerriers.
L’épée s’équilibre, énergies axiales.
Joël Gissy
jeudi 9 avril 2026
La Fosse de la Goule
La Fosse de la Goule
Profondeurs d’encre obscures pour l’éternité,
D’un revers de sa cape en parapluie palmé,
Rougeoyant dans le noir, aux yeux opalins bleus,
Ancêtre incompris, le vampire des abysses,
Sidéral, répand un nuage lumineux.
Comme un intrus drapé caché dans les coulisses,
Recouvrant de sa main gantée une carcasse,
D’un acide baiser qui déjà le digère,
Echoué des rochers baignés par le soleil,
Plonge son bec secret dans ce corps de rascasse.
Là-bas, varie et gronde une complainte amère.
Mais soudain retourné dans un éclat vermeil,
Comme un cavalier dans la nuit qui s’élance,
S’enfuit le céphalopode avec élégance.
Joël Gissy
Le Vestige
Le Vestige
Tout ce que j’aimais autrefois a disparu.
Le rêve insurpassablement désespéré,
Surnageant, mer de ténèbres, a survécu
Malgré tous les frustrés qui veulent m’achever.
L’esquif au crépuscule à jamais naufragé
Se souvient des lieux familiers, comme inconnu.
Par les ruines d’un enchantement profané,
Mon regard se promène aux vestiges perdu.
Joël Gissy
mercredi 8 avril 2026
Le Regard de l’Océan
Le Regard de l’Océan
Les alevins du sébaste blanc s’ébattant,
Tels, translucides, de tout petits hiboux bleus,
Hissent comme curieux leurs têtes aux ronds yeux
Ainsi que de bésicles au jaune éclatant.
Le poisson-chèvre se faufile entre les roches,
Capricorne fluide en fuite insaisissable.
Scintille, mordoré, d’un nuage de sable
Le refuge d’un mimétisme aux teints si proches.
Joël Gissy
lundi 6 avril 2026
Thug life
Thug life
Dans une ruelle, à la descente d’un train,
Essaim surgi de nulle part, un Thug, soudain,
Etouffe un voyageur de son mouchoir caché.
Confrérie ancestrale à Kali sacrifiant,
Déesse langoureuse aux crânes en collier,
Hier encore, avec un rire sympathique,
L’étranger joyeux levait son whisky, confiant.
Mais le rhuma l’essouffle, étreinte narcotique.
Un chant en râmasî, secrètement, murmure.
Ondule dans la nuit la séduisante obscure.
Joël Gissy
Le Rêve d’un damné
Le Rêve d’un damné
Si la vie m’apportait la fortune un beau jour,
Serais-je un Marc Aurèle ou un Caligula ?
Car ne le surnommait-on pas « notre poupon » ?
Un aigle triomphant ou un lâche vautour ?
Heureusement, personne jamais ne saura.
Par excès de passion dans un élan d’amour,
Mêlant stoïcisme et carnages de Néron,
D’extrêmes opposés, peut-être la fusion.
Joël Gissy
Le Tanka de l’Artiste
Le Tanka de l’Artiste
Comme en chute libre,
Je continue à danser.
Viens, écrasement.
Nous te noierons de la main,
Si ce n’est déjà trop tard.
Joël Gissy
samedi 4 avril 2026
Le Remède
Le Remède
Comme d’un chien rôdeur, la bouche tuméfiée
Du complice tremblant crache de la buée.
Dans le noir, soir automnal, pas une parole.
Un brouet mystérieux siffle à force de frire.
Autour d’un feu furtif, dans une casserole
Cabossée, les neveux, cénacle réuni,
Au cimetière ancestral une froide nuit,
Cuit dans l’eau de vie, mangent le cœur du vampire.
Joël Gissy
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