samedi 31 janvier 2026

Dixit


Dixit

Sans jamais s’enlacer, ni même s’embrasser,
Yaldabaoth contourne l’amour enfermé.
L’ouroboros infertile l’Hydre concentre,
Pour prospérer, en son inextinguible ventre.
Du Serpent subtil est tranchée la pomme acide.
Multiplie la purification fratricide.
Pénombre en trente-trois annoncée par Yohel,
Le Nom de la Genèse, ainsi qu’en un rappel,
Inscrit les nombres anciens de l’Apocalypse
Au printemps révélé d’une partielle éclipse.

                                      Joël Gissy

Le Maître des Nuées


Le Maître des Nuées

Sur la montagne où Atlas roule un firmament
Antédiluvien, Anẓaṛ, le roi des pluies,
Dans le brouillard, manipule les rêveries.
Et, de la vapeur, ainsi qu’un mirage blanc,
Marche la fiancée honorée en chantant
Sous le regard du Titan que l’ondée déleste.
« Tel l’éclair, j’ai fendu l’immensité céleste
Vers les yeux de mon étoile, ô mon cher trésor !
Que fleurissent les prairies baignées de parfums
Où le songe prendra forme dans les embruns. »
Un nuage lourd et vaste descend du nord,
Promesse évaporée de fêtes ancestrales
Au son de vielle et de percussions pluviales.
Se réjouissent de l’alloun les éclats flûtés
Ainsi que les rires à la fin des étés.

                                             Joël Gissy

Atypidae


Atypidae

Deux mygales dodues et violettes,
Jarretelles tissant des tyroliennes,
Et, regard globuleux, que tu descendes.
Le chat veut participer à la fête,
Il se fait dévorer par ces soubrettes.
Nés de la douleur, de joyeux phosphènes,
Ballet couinant de ces poupées friandes,
Dansent dans la mansarde de la tête
Ainsi que le goût d’amères amandes.

                              Joël Gissy

Haïku




Mort lente la vie
l’imagination noircit
l’enfant tête en bas

 Joël Gissy

Douceur d’armoise


Douceur d’armoise

La lune des fleurs verdoyant dans le ciel clair,
Tels de ses yeux limpides le reflet amer,
La pure et douce Eostre entourée de ses lièvres,
En caressant un petit blotti dans ses bras,
Mordille avec un air pensif ses tendres lèvres.
S’attiédit, éclosant, constellé, le frimas.
Mais, à l’aube, rougit la déesse de l’Est
Quand l’aurore dissout ainsi qu’un alkahest
Les murmures éteints de la nuit qui s’achève
Comme la nostalgie fusionnelle d’un rêve.
Du compagnon frémissant, diffuse, sauvage,
L’astre argentifère imaginant l’ombre sage.

                                          Joël Gissy

L’Enragé


L’Enragé

J’admire tous ces êtres sains,
Enthousiastes comme des chiens.
A la façon de Diogène,
J’aime bien ma niche cynique.
Chacun son art de perdre haleine,
Quand se parent ces boiseries,
Arabesques d’ombre onirique,
En floraisons de féeries.

                       Joël Gissy

lundi 26 janvier 2026

Réincarnation génétique


Réincarnation génétique

Nous voyons à travers les yeux de nos ancêtres.
Les impressions de montagnes, d’île perdue,
Imprègnent la vision qui se perpétue
Et inconsciemment, parfois, se souvient des traîtres
Retrouvés dans les traits d’un voisin hypocrite,
D’une marchande ou dans l’air bête d’un passant.
Des aïeux le sang dans nos émotions palpite
Pulsion barbare alors soudain se révélant.

                                         Joël Gissy