Le Cocher du Cauchemar
Depuis son plus jeune âge, le petit enfant
Visitait des lieux oniriques consciemment.
Comme un archirêveur des Démons et Merveilles,
De cités étranges aux splendeurs nonpareilles
Revenu sous une autre forme emmitouflé
Pour cacher son apparence sous un turban,
Des contes hoffmanniens, de Tieck et de Gautier
Ou des gravures d’une Atlante fugitive,
Tarot égyptien de ce livre muet,
Il explora la Douat de cours infernales.
D’un labyrinthe au fond d’une arche à la dérive,
S’ouvre le foudre, lanterne verte aux galères.
L’index sur la bouche, Hermès Strophaios se tait.
Au creux d’un ruisseau féerique sur les pierres,
De sylves étincelantes et matinales
Dont verdoie filtré en bleuissant le reflet,
Marchant, plus loin, remontait un chemin connu,
Séjournant mal à son aise en une maison
Rustique ainsi qu’un chalet en dessication
Accueillant comme un lieu de crime entraperçu,
Ou s’incursant sous la rue parmi les vitraux
D’un limbe baroque aux personnages crispés
Rejouant les scènes de souvenirs figés,
D’une élégance désuète et anormaux
Avec un parfum absinthé de déjà vu,
Dans un grincement de porte mélodieux,
Parmi la pénombre aux boiseries d’un couloir,
Bougeant rarement, à peine, tels cartonneux,
Aux prophéties de ces rencontres de boudoir,
Ainsi que le valet tournoyant d’un dédale
Où l’Araignée tisse un astre, pentagonale
Car mutilée, en géométrique spirale,
Faciès à tricorne au pavage rouge et noir
Sous une pluie battante alors qu’il reste sec,
Croisant plus tard un docteur avec son long bec.
Joël Gissy
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